6 Heures de Fuji : une course qui réussit aux forces françaises

Place à la sixième manche de la saison avec les 6 Heures de Fuji. Cette dernière course hors Europe va être très importante pour les équipes. Chaque position en piste vaudra de l’or. Quand on regarde par le passé, l’épreuve a souvent réussi à Toyota et plus récemment à Alpine et Peugeot.

D’un bout à l’autre de la planète. Du 25 au 27 septembre, le championnat du monde d’endurance retrouve l’une de ses plus belles destinations : Fuji. Au pied de la plus célèbre des montagnes du Japon, le plateau devrait se livrer une guerre intense. Avec la refonte du calendrier 2026, le nombre de points à distribuer est plus faible. De fait, chaque position en piste s’avérera précieuse. Mais cela, nous y reviendrons plus tard. Concentrons-nous sur le circuit de Fuji. Ce tracé mythique est propriété de Toyota. La marque japonaise est vraiment ici dans son jardin, puisqu’elle s’y est imposée à 16 reprises depuis 1967, dont 10 fois depuis 2012. Monstrueux. Pourtant, de l’aveu de Kazuki Nakajima, les spécificités de la piste ne convenaient pas parfaitement à la voiture. Le vice-président de Toyota Racing Europe se veut confiant pour cette nouvelle édition de l’épreuve. « Fuji est une course majeure pour nous, et la victoire y est toujours l’une de nos priorités. C’est une semaine incroyable grâce au soutien que nous recevons et aux différentes activités proposées. Piloter une hypercar sur ce circuit est un vrai plaisir, car on y trouve un mélange de virages rapides et lents, avec une longue et large ligne droite. Le trafic est dense et les pneus sont mis à rude épreuve ; c’est donc un circuit exigeant« , assure Sébastien Buémi, pilote Toyota.

Mais quand on analyse de plus près les résultats, ces deux dernières années, deux équipes ont émergé : Alpine et Peugeot. En 2024, l’A424 a signé son premier podium grâce à la n°36 (Nicolas Lapierre, Matthieu Vaxiviere et Mick Schumacher). Logiquement, cette troisième place aurait dû revenir à la n°35 (Jules Gounon, Ferdinand Habsburg et Charles Milesi), mais une pénalité l’a reléguée au 7e rang. L’année suivante, l’équipage déchu en 2024 a pris sa revanche en signant une magnifique victoire grâce à une excellente stratégie. Peugeot a également brillé ici avec la 4e position de la n°93 (Mikkel Jensen, Nico Muller et Jean-Éric Vergne) en 2024, suivie d’une excellente 2e place de cette même voiture (Paul di Resta avait remplacé Nico Müller), qui avait résisté à une Porsche n°6 très offensive et très rapide.

Le circuit de Fuji. Un tracé avec trois secteurs bien différents. Le premier, qui commence par une très longue ligne droite où le phénomène de l’aspiration permet aux pilotes de gagner une, voire deux places. Il ne faudra pas être trop optimiste au freinage pour bien prendre le virage en épingle tout au bout. Place ensuite à une partie tout en descente avec une cassure très violente mais très rapide au troisième virage. Vient ensuite l’une des meilleures parties avec un interminable double droit, le 100 R, qui demande une parfaite maîtrise de la voiture et un bon appui aéro. Le placement à la sortie de ce virage 5 sera primordial pour prendre correctement l’épingle du numéro 6 qui enchaîne sur une partie très rapide jusqu’au virage 10. Ici les opportunités de dépassement sont nombreuses, mais on peut se faire redoubler si la trajectoire n’est pas correcte dans les enchaînements à suivre (virages 11 et 12). Tout ce troisième secteur est un véritable bonheur, même s’il est technique et complexe. Les dépassements se font rares ici : une voiture en difficulté aura toutes ses chances de maintenir sa position. Enfin, la sortie de la dernière courbe, la n°16, est aussi cruciale, car elle conditionne la ligne droite principale du circuit.

© DPPI

Les enjeux du championnat

Cette course sera très importante. En effet, en raison du conflit au Moyen-Orient, les points restant à distribuer sont bien moins nombreux. Alors qu’en théorie il devait rester 104 points (25 pour Fuji, 38 pour le Qatar et Bahreïn plus le point de la pole), il n’y en aura plus que 78. La différence est énorme et cela pourrait avoir des conséquences sur les trois dernières épreuves, dont Fuji. Désormais, chaque position en piste vaudra de l’or. Et une grosse bataille entre BMW et Toyota se joue depuis le début de la saison. Les équipages de la n°8 et la n°20 sont à égalité au championnat pilotes. La Toyota n°7 est également très proche avec 64 points, soit onze de moins que les deux premières citées. Les deux marques ne sont séparées que de neuf unités. C’est serré ! Il faudra aussi surveiller Ferrari qui n’accuse que 26 points de retard.

Du côté des LMGT3, la Corvette n°33 de TF Sport a eu un peu de répit suite au score vierge de la Porsche n°92, mais a vu la Ferrari n°21 du Vista AF Corse revenir. 22 unités séparent ces deux équipes. Fuji devrait une nouvelle fois être compliqué pour les partenaires de Ben Keating qui embarquent du lest en raison de leur succès aux 24 Heures du Mans. Donc, la course nippone pourrait voir le classement se resserrer.

Aucun changement majeur n’est à noter parmi les engagés. Comme pout toutes les autres courses de la saison, les deux Aston Martin Valkyrie seront confiées à des duos. Idem pour la Cadillac n°12 qui ne verra toujours pas Alex Lynn. Ricky Taylor, qui était présent au Lone Star Le Mans, ne sere donc pas de la partie au Japon. Enfin, nous avons appris en dernière minute l’absence de Frédéric Makowiecki et d’Antonio Félix da Costa chez Alpine.

© DPPI

Les derniers vainqueurs

  • 2016 : Toyota TS050 Hybrid (Stéphane Sarrazin, Mike Conway et Kamui Kobayashi)
  • 2017 : Toyota TS050 Hybrid (Sébastien Buémi, Anthony Davidson, Kazuki Nakajima)
  • 2018 : Toyota TSS050 Hybrid (Mike Conway, Kamui Kobayashi, José Maria Lopez)
  • 2019 : Toyota TS050 Hybrid (Sébastien Buémi, Brendon Hartley, Kazuki Nakajima)
  • 2022 : Toyota GR010 Hybrid (Sébastien Buémi, Brendon Hartley, Ryo Hirakawa)
  • 2023 : Toyota GR010 Hybrid (Mike Conway, Kamui Kobayashi, José Maria Lopez)
  • 2024 : Porsche 963 (Kévin Estre, André Lotterer, Laurens Vanthoor)
  • 2025 : Alpine A424 (Paul-Loup Chatin, Ferdinand Habsburg, Charles Milesi)

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