Avant de prendre la direction de Fuji pour vous faire vivre la course WEC, Endurance Live a été invité à assister à la cinquième manche du Super GT à Sugo. Ce championnat japonais réunit des voitures d’exception, la ferveur du public est exceptionnelle, avec plusieurs milliers de personnes en tribunes.
Un véritable circuit à l’ancienne. Un public exceptionnel. Un respect incroyable entre pilotes. Et surtout, des voitures d’exception. Le Super GT n’a vraiment rien à envier aux autres gros championnats, hormis une diffusion un peu plus importante. Mais concrètement, tout fan de sport automobile doit se rendre un jour à une manche de Super GT s’il vient au Japon. Endurance Live a choisi la cinquième de la saison 2026, à Sugo. La première chose marquante : la proximité. Dans le paddock de ce tracé situé non loin de Sendaï, il n’y a pas de camions XXL ou d’immenses bâches qui cachent le travail des ingénieurs et des mécaniciens. Depuis l’arrière des boxs, on peut même voir les voitures garées dans le garage. Le public peut donc s’approcher facilement de ces installations. Pour la presse, les pilotes sont extrêmement accessibles. On demande à un membre de l’équipe si l’on peut réaliser une interview ; 30 secondes plus tard, le pilote arrive. Ces derniers sont d’ailleurs très respectés. Lors d’un entretien avec Daniil Kvyat, tous les membres de l’équipe – y compris les race ambassadors – se sont levés pour saluer le Russe. Magnifique image.
Ensuite, le circuit en lui-même. Une merveille. Situé dans les montagnes, son dénivelé – environ 70m pour 3,7km – offre un terrain de jeu idéal. Un véritable circuit à l’ancienne. Technique, rapide et exigeant. Pour rejoindre la ligne d’arrivée, c’est une pente à 10% qui attend les voitures. Aussi, les zones de dégagement sont très réduites, un peu à l’image d’Imola. Ici, pas de grandes zones en bitume et en cas d’erreur, c’est l’herbe ou le gravier. Pour les photographes accrédités, accéder aux zones autorisées relève parfois de la randonnée. Mais dans le fond, c’est ce qui fait le charme du site et du championnat. Concrètement, prenez le circuit de Charade, mettez lui une voie des stands digne de ce nom et une plus grosse capacité d’accueil, et il pourrait accueillir le Super GT.
Maintenant, les voitures. Que dire ? Lexus, Toyota, Nissan, Subaru, Honda, Mercedes, Porsche, Ferrari, Aston Martin… Un important panel de marques est représenté ici. Et puis, comme pour les courses d’endurance de l’ACO, plusieurs catégories s’affrontent. Tout d’abord, on retrouve les GT300, des GT3 traditionnelles avec des pneus confidentiels développés par chaque équipe. Plusieurs manufacturiers sont présents, mais il faut en profiter, ce ne sera plus le cas en 2027 avec seulement Bridgestone. Globalement, elles roulent quatre secondes plus vite que leurs sœurs européennes. Puis, il y a les GT500. Des monstres propulsés par des moteurs quatre cylindres, mais qui produisent un bruit magique. Là, c’est sûr il n’y a pas de silencieux. Ces bolides sont entièrement conçus pour le championnat et il n’existe pas de déclinaison pour le grand public (même si certaines ressemblent à des voitures trouvables en concession, comme la Nissan Fairlady Z). Et puis, elles arborent des livrées originales et insolites. Comment ne pas citer la Mercedes n°4 du Goodsmile Racing & TeamUKYO avec des personnages inspirés de l’univers manga ou encore la Toyota n°37 du TGR Deloitte TOM’S de Giuliano Alesi avec un vert bien pétant visible à des dizaines de mètres.
Puisque l’on parle de couleurs, la tribune principale de Sugo a été organisée de manière méticuleuse. Plusieurs zones ont été délimitées pour rassembler chaque supporter de chaque voiture, de quoi créer des « fans clubs » tout au long de l’édifice. Ceux assis aux premiers rangs agitent des drapeaux d’une dizaine de mètres de long à chaque passage des prototypes. En 2025, Sugo avait accueilli 27 000 spectateurs sur deux jours. Difficile de trouver pareille affluence pour un championnat français… Pour les amoureux de merchandising, il y a de quoi se faire plaisir. Les boutiques sont nombreuses et on en trouve partout. Sugo compte même deux fan zones. Et par rapport à ce que l’on retrouve en Europe, les prix sont globalement raisonnables : entre 2 000 et 6 500 yens (entre 11 et 35 euros) pour un t-shirt selon l’équipe.
Et puis, il y a cette particularité bien japonaise. Alors qu’en France et en Europe, les grid girls ont disparu, au pays du Soleil-Levant, elles sont bien présentes. Cela fait partie de la tradition et du charme du Super GT. Selon les équipes, elles peuvent être deux « race ambassadors » – c’est leur nom – mais les teams plus aisés en comptent jusqu’à six. Nous avons pu parler avec certaines et pour elles, ce rôle est capital. Elles sont des représentantes de l’équipe et de véritables passionnées de sport automobile. Elles sont sollicitées par le public pour faire des dizaines, voire des centaines, de photos et elles se prêtent au jeu avec plaisir. Des enfants viennent même leur demander des autographes. C’est dire, de vraies stars en somme ! Mais attention, même si la tenue peut paraître légère, il n’y a rien de vulgaire. Chacun le sait et il n’y a aucun débordement, uniquement du respect.
Franchement, cette immersion en Super GT a été incroyable. Sans dire de tout copier, certaines compétitions occidentales pourraient s’inspirer de ce qui se fait au Japon pour améliorer l’expérience du public.
Maintenant, direction Fuji pour le FIA WEC !

