6H Imola : Domination Toyota, Ferrari solide, Alpine en forme, baptême du feu pour Genesis

La première manche du championnat du monde d’endurance a vu Toyota battre Ferrari sur ses terres. La marque nippone a fait triompher sa nouvelle hypercar. Alpine était dans le coup, tout comme Genesis qui a impressionné une grande partie de la course. On fait le tour des déclas du week-end en deux parties…

On s’attendait à une domination Ferrari. Finalement, c’est Toyota qui a été plus fort en terres italiennes. La Scuderia avait pourtant montré sa rapidité tout au long de la semaine : entre le prologue, les essais libres et une pole position (obtenue de justesse), les 499P semblaient pratiquement intouchable. Mais les nipponnes ont été bien plus fortes et sont parvenues à remporter la course inaugurale, grâce à la n°8, pour leur 100e participation en WEC.

La marque japonaise est même parvenue à placer la n°7 sur la troisième marche du podium. « On ne pouvait pas rêver mieux. C’est notre 100e course et on l’a fêtée avec une 50e victoire. On a marqué l’histoire et on en est ravis. Cette année, on a changé d’identité d’équipe et on a fait débuter la TR010 Hybrid. On a tous travaillé dur pour bien démarrer la saison. L’année dernière a été vraiment difficile pour nous, personne n’était satisfait, mais cette année, on est de retour dans la course, alors je suis vraiment content« , confie Ryo Hirakawa (n°8), qui a parfaitement résisté à Alessandro Pier Guidi (Ferrari n°51) grâce à son excellente gestion du trafic.

Cette performance de Toyota vient mettre un arrêt à la domination Ferrari en terres italiennes. La Scuderia avait remporté la dernière édition. Avec cet excellent résultat, la firme d’Higashi-Fuji marque les esprits et entend bien conserver cette dynamique lors des 6 Heures de Spa-Francorchamps le 9 mai. « Une longue saison nous attend. Nous allons travailler dur et faire de notre mieux pour atteindre tous nos objectifs« , annonce Kamui Kobayashi, pilote de la n°7 et team manager.

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Du côté de Ferrari, il y a un arrière-goût de déception. Après un excellent début de semaine (Prologue, Essais Libres et Qualifications), la Scuderia s’est inclinée dans l’exercice qui compte le plus. Antonio Giovinazzi avait pratiquement fait le plus compliqué en signant la pole position dans les derniers instants de la qualification. La n°51 a rapidement pris le large dans les premiers instants de course. Qui plus est, protégée par la voiture sœur, qui a profité de ses gommes tendres pour chiper la deuxième place à la Toyota n°8 dès le premier virage. « La course a été très compliquée, notamment à cause des conditions météorologiques incertaines, qui nous ont contraints jusqu’au bout à prendre des décisions complexes que l’équipe a gérées au mieux. Nous avons pris un bon départ, puis nous avons été un peu malchanceux avec l’intervention de la voiture de sécurité virtuelle qui, lors de l’arrêt aux stands, nous a fait perdre la tête de la course. Cependant, nous avons continué à faire de notre mieux et avons finalement réussi à décrocher la deuxième place, un résultat dont nous sommes très satisfaits« , commente Alessandro Pier Guidi de la n°51.

La course de la n°50 a été plus compliquée en raison d’une lourde pénalité – un drive through – pour avoir dépassé un concurrent sur régime de drapeau jaune. Reléguée en fond de plateau, l’hypercar est parvenue à grimper dans la hiérarchie pour boucler cette épreuve à la sixième position. « Nous avons des regrets concernant la n°50« , admet Ferdinando Cannizzo, responsable des voitures d’endurance. « Le résultat final et la sixième place ne reflète pas le véritable potentiel démontré ce week-end. » Enfin, ultime Ferrari engagée, la n°83 a été pratiquement anonyme avec une 10e place à l’arrivée. Le trio Yifei Ye / Philip Hanson / Robert Kubica a eu plus de mal à trouver de la performance et a même été en difficulté en fin d’épreuve.

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Du bon et du moins bon chez Alpine. A Imola, la n°35 (Milesi / Habsburg / Felix da Costa) a été excellente. Le trio a tiré le maximum de performance possible de la voiture. En début de course, Ferdinand Habsburg a été très agressif, gagnant de précieuses places, sans commettre d’erreur. Antonio Felix da Costa a parfaitement fait le job pour sa première avec la marque au A fléché. Enfin, Charles Milesi était déchaîné et a terminé le boulot pour obtenir une belle 4e place. « C’était une belle course. Nous avons perdu un peu de temps en changeant les quatre pneumatiques lors de la première voiture de sécurité virtuelle, mais nous avons réussi à optimiser notre performance. Les trois premiers étaient un cran au-dessus aujourd’hui et ce résultat correspond sans doute au maximum que nous pouvions viser. Nous pouvons être satisfaits du travail accompli cet hiver et nous connaissons les points sur lesquels nous devons encore progresser. Spa sera une étape importante pour revenir encore plus forts et continuer à préparer les 24 Heures du Mans« , analyse le natif de Chaumont.

De l’autre côté du garage, la course de la n°36 a été un peu plus compliquée. Elle a été pénalisée d’un drive through, ce qui lui a fait perdre de précieuses secondes. Jules Gounon et Victor Martins ont tous les deux commis une petite erreur, ce qui a valu à l’A424 un détour dans les graviers, fort heureusement sans gravité. Elle a terminé à la 11e place, en dehors des points. « Du côté de la n°36, le sentiment est plus partagé. Nous avons commis trop d’erreurs en ne l’arrêtant pas lors de la première neutralisation, puis avec une pénalité sous voiture de sécurité virtuelle. Cependant, le rythme affiché était très proche de celui de la voiture sœur, ce qui est prometteur pour la suite. Nous avons encore beaucoup à apprendre, mais les bases sont solides et nous pouvons déjà voir nos progrès par rapport à l’an dernier« , commente Philippe SInault, le team principal.

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Ce week-end, Genesis a attiré les regards. La marque sud-coréenne faisait ses débuts en championnat du monde. Le qualifications ont été très bonne : la n°19 n’était qu’à une seconde du meilleur chrono. La n°17 était un peu plus en retrait, Andre Lotterer ayant commis une petite erreur dans son tour rapide. En course, la n°19 a connu un problème de fiabilité, ce qui lui a fait perdre une bonne demi-heure. La n°17 a été très solide. Un temps dans le top 10, elle a impressionné. Mathys Jaubert est même parvenu à maintenir une Ferrari derrière lui pendant de nombreux tours. L’équipage de la n°50 a même été impressionné par l’efficacité du Français dans la GMR-OO1. Malheureusement, en fin de course, elle a perdu du rythme et est arrivée au 15e rang. La n°19 a passé la ligne logiquement à la dernière position en raison de sa longue immobilisation. 

Gabriele Tarquini, directeur sportif de Genesis Magma Racing, a déclaré : « Nous avons réussi ! Notre objectif était de mener les deux voitures à l’arrivée. La n°17 a été formidable : elle avait un très bon rythme, et bien que notre stratégie ait été très prudente en matière de choix de pneus, la vitesse était bien au rendez-vous. Les quatre premiers relais se sont très bien déroulés. Et à la fin, Pipo a été excellent ; il a dû faire face à de nombreuses difficultés, mais il a également démontré sa rapidité. La voiture n°19 a malheureusement connu un petit problème avec un capteur au début et a perdu 22 tours. C’était dommage, mais après ce problème, elle a également affiché un très bon rythme. Les deux voitures sont classées et, en observant l’équipe, nous n’avons pas perdu une seule seconde lors des arrêts au stand. Nous avons ici des mécaniciens qui n’avaient jamais abordé le WEC auparavant. C’est vraiment notre première fois, et l’équipe n’a pas perdu une seconde lors des arrêts au stand ; nous devrions être très fiers du travail accompli par l’équipe. »

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Photo de Une : FIA / DDPI

A suivre demain avec un focus sur Peugeot, BMW, Cadillac et Aston Martin Racing. 

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