24 Heures du Mans 2026 – Louis Delétraz : « Gagner les 24 Heures du Mans au général est un rêve »

Pour Endurance Live, Louis Delétraz revient sur son arrivée chez Cadillac pour les 24 Heures du Mans. Le pilote suisse, habitué de l’IMSA, découvre enfin une opportunité de viser la victoire au classement général en Hypercar. Entre ambitions, confiance dans les progrès de la Cadillac V-Series.R et émotion de laisser temporairement AO Racing, il se livre avant le grand rendez-vous sarthois

Si je vous dis enfin en catégorie reine et pour la victoire, est-ce que je suis bien ?

« Bien sûr. Je suis super heureux d’être là avec la Cadillac n°2 et c’est une magnifique opportunité. C’est vrai qu’avec mon choix de partir en IMSA ces trois ou quatre dernières années, c’est toujours plus compliqué d’être au Mans en Hypercar. L’Hypercar, je la pilote, mais pas en Europe. Là, c’est top, je suis super heureux. C’est une opportunité de gagner au général, ce qui est un rêve, je ne le cache pas. Je pense qu’on a une bonne équipe, une bonne voiture et tout ce qu’il faut pour bien faire. Maintenant, il faut se concentrer et réussir une très belle semaine mancelle. »

Vous avez déjà eu un petit avant-goût à Spa. vous etiez plutôt satisfait ?

« C’était très positif. Le week-end de Spa a été bon. Malheureusement, nous n’avons pas eu la réussite avec nous et nous terminons plus loin que ce que nous espérions. Mais nous avons fait notre travail. Surtout, j’ai été très bien intégré dans l’équipe. La voiture est la même que celle que je pilote habituellement, donc l’adaptation n’était pas compliquée. En revanche, il y avait beaucoup de nouvelles personnes et de nouvelles procédures à découvrir. C’était justement l’objectif de Spa : être prêt pour Le Mans si Alex (Lynn) ne pouvait pas être présent. »

©️ Jota Sport

Les évolutions apportées à la voiture ont-elles notamment permis d’améliorer son comportement dans l’air sale ?

« Oui, surtout dans l’air sale, mais aussi pour être performante dans toutes les conditions. Avant, la voiture avait parfois un pic de performance dans certaines situations. Aujourd’hui, qu’il fasse chaud, froid, qu’il pleuve, de jour comme de nuit, nous devrions être plus constants et plus rapides dans l’ensemble des conditions. »

Maintenant que vous l’avez pilotée aussi bien en IMSA qu’en WEC, sentez-vous déjà les bénéfices de ces modifications ?

« En IMSA, la voiture fonctionne. Sur un tour, elle est toujours rapide. En course, nous avons connu des hauts et des bas, mais Action Express a été extrêmement performant toute la saison, c’est impressionnant. Je pense donc que le travail effectué va dans le bon sens. Je ne dirais pas forcément que nous sommes plus rapides sur un tour, mais sur une course de vingt-quatre heures, il est plus facile d’être constant. Et pour les pilotes, la voiture est également plus facile à exploiter. »

© MPS Agency

Comment voyez-vous cette course et l’opposition qui vous attend ?

« Il y a vingt-et-une Hypercars, quasiment uniquement des voitures d’usine. Le niveau n’a jamais été aussi élevé. Mais je sais que Cadillac et General Motors ont énormément travaillé pour apporter davantage de constance à la voiture. La Cadillac, on peut la poser n’importe où, elle est compétitive. Il n’y a pas de raison qu’elle ne le soit pas ici. Faire des pronostics est très difficile. Je pense qu’avant le départ samedi, personne ne saura vraiment où chacun se situe. Mais je suis confiant parce que tout le monde a énormément travaillé et je pense sincèrement que nous avons une voiture capable de jouer devant. »

Il y a aussi un petit crève-cœur avec AO Racing, que vous devez laisser de côté pour cette édition du Mans…

C’était une situation un peu compliquée parce que je me suis retrouvé entre deux chaises pendant près d’un mois. On me posait beaucoup de questions auxquelles je n’avais pas encore les réponses. J’ai appris que je venais au Mans la veille de l’annonce officielle. Dès que j’ai su, j’ai appelé PJ. Avant d’être mon patron, c’est un ami et mon coéquipier. Nous avons partagé des moments incroyables ensemble et, effectivement, cela me rend triste de ne pas pouvoir défendre notre victoire de 2025. Mais parfois, c’est la vie. Ils m’ont immédiatement laissé saisir cette opportunité parce qu’ils savent à quel point gagner Le Mans au général est un rêve pour moi. Je les remercie énormément. Mon histoire avec AO Racing n’est pas terminée. Nous sommes très proches et j’espère continuer à rouler longtemps avec eux.

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