24 Heures du Mans 2026 – Julien Andlauer : « Je ne voulais pas faire Le Mans juste pour faire Le Mans »

Le plus jeune vainqueur des 24 Heures du Mans de l’histoire retrouve la classique mancelle dans un rôle inédit. Pilote officiel Porsche Penske Motorsport en IMSA, Julien Andlauer s’engage cette année en catégorie LMP2 avec Duqueine Team. Entre adaptation à la catégorie, ambitions au Mans et regard sur sa saison américaine, le Lyonnais se confie à Endurance Live sans détour avant le grand rendez-vous de l’endurance

Vous avez récemment participé à des essais avec Duqueine. Comment se sont passés ces premiers roulages ?

« Oui, c’était au Paul Ricard. Entre les courses aux États-Unis et les essais ELMS, j’étais un peu fatigué à chaque retour, mais tout s’est très bien passé. Richard (Verschoor) est un très bon coéquipier, quelqu’un de très agréable. Maintenant, il faut voir ce que ça donnera une fois en piste en conditions de course. »

Le fait de rejoindre une équipe française a-t-il pesé dans votre décision ?

« Pas forcément. Ce n’est pas un critère déterminant. Ce qui compte avant tout, c’est gagner. Que l’équipe soit française, japonaise ou australienne, cela ne change pas grand-chose. En revanche, c’est vrai que Gilles Duqueine est toujours un peu impliqué dans le projet. Cela faisait plusieurs années que nous nous disions qu’il serait intéressant de travailler ensemble, surtout en tant que Lyonnais. Je l’ai vu ce matin et je lui ai dit : ‘Enfin, on a réussi à faire quelque chose ensemble.’ C’est plutôt sympa. »

Copyright Laurent Cartalade / MPS Agency.

Vous êtes désormais habitué aux Hypercars . Comment s’est passée votre adaptation à la LMP2 ?

« J’avais déjà roulé en LMP2 lors des deux dernières éditions du Mans, mais je n’avais plus piloté cette voiture depuis. Ce qui a demandé le plus d’adaptation, c’est surtout le pneumatique Goodyear, qui reste assez particulier. En plus, j’ai eu très peu de roulage pendant les deux journées de tests. Il fallait être immédiatement dans le rythme et travailler sur la voiture. Je reste assez confiant. Nous avons un bon package globalement. L’équipe travaille très bien. C’est une nouvelle organisation avec de nouvelles personnes. Avec l’arrivée de RS, ils ont regroupé beaucoup de potentiel et de compétences. Il faut encore coordonner tout cela, mais je vais essayer d’apporter mon expérience des dernières années et du Mans pour exploiter pleinement ce potentiel. »

Retrouvez-vous un pilotage plus pur en LMP2 ?

« Oui, c’est plus direct, plus simple. Les Hypercars ont beaucoup évolué. Aujourd’hui, lorsqu’on dispose d’une bonne voiture, on prend énormément de plaisir à les piloter. À Daytona, Sebring ou encore au Mans l’année dernière, j’ai pris énormément de plaisir. Après plusieurs années de développement, nous maîtrisons davantage ces voitures et elles deviennent plus naturelles à exploiter. Mais c’est vrai qu’en LMP2, il y a moins de gestion. On monte dans la voiture, on attaque et on pousse du début à la fin. »

La densité du plateau LMP2 semble particulièrement impressionnante cette année.

« Oui, et les équipages Pro/Am sont aussi dans le coup. Quand on regarde les années précédentes, ces équipages ne sont plus du tout là pour faire de la figuration. Les « gentleman drivers »ont désormais beaucoup d’expérience. Ils commettent moins d’erreurs et affichent un rythme certes un peu inférieur aux professionnels, mais très constant. Avec les faits de course et une bonne exécution, ils peuvent se retrouver à jouer le podium, voire mieux, comme on l’a vu l’année dernière. »

©️ Porsche Motorsport

Comment expliquez-vous que plusieurs pilotes Hypercar viennent courir en LMP2 cette année ?

« Notre monture habituelle n’étant pas présente, nous cherchons les meilleures alternatives et la LMP2 est clairement la meilleure option. » J‘en ai beaucoup discuté avec Kevin (Estre) avant même que nous signions nos contrats. Nous avions plusieurs possibilités, mais cela nous tenait à cœur d’être au Mans, surtout en tant que Français. Personnellement, Le Mans fait partie de mon histoire. Sans Le Mans, je ne serais probablement pas là aujourd’hui. Cette course m’a permis de répondre très tôt à beaucoup de questions sur mon potentiel et sur le pilote que j’étais. »

Une participation en GT était-elle envisageable ?

« Ça aurait pu être une bonne idée aussi, mais nous n’en avons même pas vraiment parlé. Porsche n’avait pas forcément de troisième voiture engagée. Et même si cela avait été le cas, ils auraient probablement privilégié des pilotes IMSA ou DTM. Manthey travaille avec ses pilotes habituels et c’est logique. De mon côté, j’avais deux ou trois opportunités intéressantes en LMP2 et je me suis dirigé vers celle-ci, qui me semblait être le meilleur compromis. »

© MPS Agency

Était-il important pour vous d’être au départ des 24 Heures du Mans cette année ?

« Si Porsche avait engagé une Hypercar supplémentaire, cela aurait évidemment été mon premier choix. Mais ce n’était pas le cas. La LMP2 représentait donc la meilleure option. Je ne voulais pas faire Le Mans juste pour faire Le Mans. Aujourd’hui, je suis dans une phase différente de ma carrière. Je cherche surtout des projets où je peux être performant, obtenir des résultats et prendre du plaisir. Participer ou non au Mans n’aurait pas changé mon année ni les décisions pour la saison prochaine. L’objectif est simplement de me faire plaisir et d’aller gagner. »

Vous auriez mal vécu une absence au Mans ?

« Peut-être. Je ne sais pas. Mais heureusement, je ne le manque pas. »

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