À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Endurance Live met à l’honneur celles qui contribuent à faire évoluer le sport automobile. Longtemps marginalisées dans un univers historiquement masculin, les femmes occupent aujourd’hui une place de plus en plus visible dans les compétitions d’endurance, du WEC aux 24 Heures du Mans. Leur présence s’inscrit dans une progression lente mais réelle, portée à la fois par les performances sportives et par une volonté accrue d’ouverture dans la discipline.
Bien avant les initiatives actuelles pour promouvoir la diversité, certaines pilotes ont marqué l’histoire de l’endurance. La Française Michèle Mouton fait partie de ces pionnières. Si elle est surtout connue pour son parcours en rallye, elle a également participé aux 24 Heures du Mans dans les années 1970, ouvrant la voie à d’autres femmes dans les compétitions internationales.
Dans les décennies suivantes, plusieurs pilotes se sont illustrées dans la classique mancelle. La Danoise Christina Nielsen, Milka Duno ou encore la belge Vanina Ickx ont contribué à maintenir une présence féminine régulière sur la grille, démontrant que la performance ne dépend pas du genre mais du talent et de la préparation
Engagé notamment en WEC et dans les 24 Heures du Mans, ce programme a permis à des pilotes comme Sarah Bovy, Rahel Frey, Doriane Pin ou Michelle Gatting de s’imposer dans la catégorie GT. En 2023, l’équipage Iron Dames a remporté une victoire historique en championnat du monde d’endurance en catégorie GTE Am, symbole d’un projet devenu compétitif au plus haut niveau.
Au-delà du volant, les femmes occupent également des postes clés dans l’écosystème de l’endurance. Ingénieures, mécaniciennes, responsables techniques ou dirigeantes participent aujourd’hui pleinement à la vie des équipes. On pense notamment à Leena Gade, Muriel Belgy pour la communication ou encore Sonya D’Artois pour Peugeot, Sophie Liger et Luna de Wilde chez BMW, Hanaë Ferroud-Plattet chez Racing SPirit of Léman ou encore Elise Bauquel, mécanicienne chez Cadillac Hertz Team Jota
Sur la piste, de nouvelles figures émergent. La Française Lilou Wadoux est devenue en 2023 la première femme à remporter une course du FIA WEC dans la catégorie GT. La Colombienne Tatiana Calderón et la Britannique Jamie Chadwick poursuivent également leur progression dans les compétitions d’endurance en ELMS pour la britannique et l’IMSA pour Tatatiana.
Doriane Pin fait également figure de référence pour la nouvelle génération. Sacrée championne de la F1 Academy, la Française poursuit en parallèle son parcours en endurance avec un retour en LMP2 via l’European Le Mans Series au sein de Duqueine Team. Elle occupe aussi un rôle de pilote de développement pour l’écurie Mercedes-AMG Petronas Formula One Team, confirmant l’intérêt croissant des grandes structures pour son potentiel.
Parmi les femmes qui occupent aujourd’hui des postes clés dans l’endurance figure également Anouck Abadie. La Française est devenue Team Manager de Genesis Magma Racing, où elle joue un rôle central dans la structuration de l’équipe et la préparation de son programme en FIA WEC.
L’évolution de la place des femmes dans le sport automobile s’inscrit dans une politique plus large menée par la Fédération Internationale de l’Automobile, qui multiplie les initiatives pour favoriser l’accès des femmes à la compétition et aux métiers techniques du sport automobile.
Les programmes de détection de talents, les académies et les projets d’équipes dédiées visent à renforcer cette dynamique. Si les femmes restent encore minoritaires sur les grilles de départ, leur présence s’inscrit désormais dans une tendance durable, portée par une nouvelle génération de pilotes et de professionnelles.

