Muriel Belgy, le cœur battant de Panis Racing

Dans le paddock de l’European Le Mans Series, Muriel Belgy était bien plus qu’une attachée de presse. Elle était un repère, un lien, parfois une confidente, souvent la mémoire vivante du Panis Racing. Elle a annoncé ce jeudi qu’elle quittait Panis Racing à regret. Endurance Live a tenu à lui tirer un grand coup de chapeau pour tout le travail accompli à travers ce portrait fait fin 2025. Retour sur son histoire…

Son histoire avec le sport automobile ne commence ni par la Formule 1 ni par une passion d’enfance, mais par un hasard presque ironique. Il y a une vingtaine d’années, Muriel Belgy évoluait dans le monde du show-business et de la télévision. Agent de Jean-Pierre Pernault et de son épouse Nathalie, elle les accompagne sur le Trophée Andros sans imaginer une seconde que cet univers allait devenir le sien. À l’époque, la course l’ennuie presque, « je ne regardais même pas la Formule 1, pour moi c’étaient juste des voitures qui tournaient en rond. »

©️ MPS Agency

C’est pourtant dans ce paddock qu’elle rencontre Olivier Panis. Une simple demande d’interview, un aller-retour entre un journaliste et le pilote, et le dialogue s’installe. Lorsqu’Olivier quitte la Formule 1, il cherche à reconstruire sa communication. Muriel accepte de l’aider, malgré son ignorance totale de ce milieu. Elle apprend, tâtonne, crée un premier site internet, et la relation professionnelle devient rapidement bien plus que cela. « Il n’y avait pas de ChatGPT à l’époque (rire). Je cherchais des photos sur Internet, c’était compliqué. J’ ai fait un petit site pour Olivier. Il est venu au bureau, ça lui a plu. Et ce jour-là, il m’a dit : « Tu ne veux pas qu’on travaille ensemble ? » Et ça fait vingt ans que ça dure. »

Très vite, elle devient la voix d’Olivier sur toute la fin de sa carrière après la F1, puis celle des pilotes qu’il manage, et enfin celle de l’écurie Panis Barthez Compétition, devenue Panis Racing. Elle découvre les paddocks, les règlements, l’ELMS, les 24 Heures du Mans, l’IndyCar. Elle travaille la nuit, apprend l’anglais, s’adapte sans cesse. Son rôle dépasse la communication : elle devient le lien humain de l’équipe. « Je suis un couteau suisse. La communication, bien sûr, mais aussi un peu maman de pilotes. Faire le lien entre les corps de métier, réserver un restaurant, parler aux partenaires, servir de tampon quand ça ne va pas… »

Avec Sarah Abadie ©️ MPS Agency

Cette dimension humaine est précisément ce qu’Olivier Panis reconnaît en elle depuis deux décennies. « Muriel, c’est un caractère. C’est une femme forte. Des fois la vérité n’est pas toujours sympa à entendre, mais c’est quelqu’un de fidèle, de juste, qui a toujours aidé l’équipe et qui a toujours été là dans les moments magiques comme dans les moments difficiles. »

Pour Olivier Panis, Muriel n’est pas une collaboratrice interchangeable. Elle est un pilier. Malgré les offres qu’elle a reçues ailleurs, elle est toujours restée. « On lui a proposé de travailler dans d’autres équipes avec de meilleures offres, mais elle ne nous a jamais lâchés. Aujourd’hui, on a dépassé la relation pilote-manager. On est des amis, des vrais. Elle fait partie de la famille. »

Le Mans 2009 ©️ Muriel Belgy

Cette fidélité, Muriel la rend à sa manière, notamment à travers son engagement pour Mécénat Chirurgie Cardiaque. Elle a fait entrer l’association dans l’univers de l’endurance, imposant sa présence au Mans comme une évidence morale. Elle a vu des enfants opérés, sauvés, renaître, et pour elle, aucune victoire ne vaut cela. « Quand je vois qu’on a permis de sauver des enfants grâce au Mans et à notre engagement, c’est mon podium. ».

Sur le plan sportif, elle a tout vécu : le premier podium au Mans arraché dans les dernières minutes, la pole d’Esteban Masson à Silverstone, et surtout la saison 2025, marquée par le titre ELMS de l’équipe et une alchimie rare entre pilotes, ingénieurs et mécaniciens. La deuxième place au Mans reste une frustration immense, mais aussi la preuve que le Panis Racing a atteint un nouveau niveau. Mais Muriel reste attachée à ces pilotes, elle les connaît comme ses enfants « J’ai adoré Julien Canal, Nicolas Jamin, Tristan Vautier, Giedo van der Garde, Manuel Maldonado… Et les parents étaient souvent aussi formidables que les pilotes. »

©️ Muriel Belgy

Muriel ne se définit pas comme une femme du sport automobile. Sa passion est ailleurs, dans le lien, la fidélité, l’aventure humaine. Elle l’assume pleinement. « Je ne travaille pas dans le sport automobile, je travaille avec Olivier Panis. »

Dans un paddock où tout se mesure en secondes et en budgets, Muriel Belgy incarnait autre chose : la mémoire, la loyauté et l’humain. Une présence invisible mais essentielle sans laquelle le Panis Racing ne serait tout simplement où il en est. Muriel va nous manquer, bon vent à elle dans ses futurs projets…

Alban et David

©️ MPS Agency

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