Alpine, malgré un double top 10, pouvait espérer mieux aux 6 Heures de Barcelone. Les pilotes Aston Martin ont commis trop d’erreur en début de course. Genesis a été en difficulté après une pole position historique. Le rythme des Peugeot était inconstant. Suite de notre analyse de cette 7e manche de la saison (la première partie ICI)
Malgré un double top 10, Alpine pouvait espérer mieux
Après une belle prestation aux 6 Heures de Fuji, même si la victoire a échappé à la marque, Alpine venait à Barcelone avec des ambitions. Les A424 ont été solides en qualifications, mais la n°35 a très rapidement perdu l’avantage de sa position sur la grille, car elle a été percutée au premier virage par la Cadillac n°12 et est repartie en dernière place. Cette voiture a eu du mal à remonter, mais est tout de même parvenue à accrocher le point de la dixième position. Du côté de la n°36, il n’y a pas eu de réel incident en piste. L’hypercar était régulièrement à la lutte pour la 4e ou la 5e position. L’équipage espérait l’arrivée de la pluie ou d’une voiture de sécurité tardive pour sécuriser cette place, mais rien ne s’est produit. En toute fin d’épreuve, Victor Martins a dû repasser par les stands à cause d’une crevaison sur une roue, ce qui lui a fait perdre plusieurs places. Au final, la n°36 est arrivée au 8e rang.
« La course a mal commencé dès le premier virage. Nous nous sommes fait taper par une Cadillac, ce qui nous a fait passer de la quatrième à la dix-septième ou dix-huitième place. Forcément, revenir après ça était assez compliqué. Ce n’est pas un circuit où l’on peut facilement dépasser. Ensuite, la stratégie ne nous a pas aidés. Nous avions les Toyota derrière nous et, au moment où nous sommes passés aux stands, elles ont réussi à nous dépasser. Nous nous sommes alors retrouvés à un tour, ce qui nous a décalés par rapport aux autres concurrents. À partir de là, nous ne pouvions plus espérer marquer qu’un seul point, et encore, c’était vraiment le maximum que nous pouvions aller chercher. Pourtant, la voiture était plutôt correcte dans l’ensemble », estime Charles Milesi, pilote de la n°35.
Une pole, mais une course loupée pour Genesis
On le sait, les Genesis sont extrêmement rapides en qualifications. L’équipe optimise ses performances dans l’exercice du tour rapide et Mathys Jaubert, dans la n°17 a été excellent, car il a signé sa première pole position en WEC. Malheureusement, cette voiture a été en difficulté en course, avec plusieurs places perdues par André Lotterer dans les premiers virages. Quelque chose ne semblait pas bien fonctionner sur cette hypercar, comme sur la n°19, car on a assisté à plusieurs excursions dans les graviers. La fin de course de la n°17 a été terrible, avec plusieurs lourdes pénalités et une dernière position à l’arrivée. Pour la n°19, tout aurait bien pu se passer, car Dani Juncadella (qui a été prolongé pour 2027) a tiré tout droit au virage 5 dans le premier tour, alors qu’il était en tête. Malgré plusieurs erreurs et une voiture en difficulté, l’équipage ne s’est pas laissé abattre et est remonté au 11e rang.
« C’était compliqué. Nous avons rencontré des problèmes de système et, plus globalement, plusieurs soucis sur la voiture. Il y a donc beaucoup de choses à apprendre. Nous avons pu constater le potentiel que nous avions sur un tour, mais il nous reste encore beaucoup de travail pour mieux comprendre nos systèmes, notre manière d’exploiter la voiture et les réglages. Nous allons analyser tout cela et essayer de revenir plus forts à Monza », annonce Mathys Jaubert, poleman de l’épreuve.
Un abandon et de nombreuses erreurs pour Aston Martin
Sur le sec, elles ont été impeccables. Mais sur une piste humide, les Aston Martin ont vite été reléguées en seconde partie de plateau. Dans ces conditions, elles se sont fait piéger à plusieurs reprises et Harry Tincknell (n°007) est même allé toucher le mur après avoir traversé le bac à graviers du virage 5. La n°009 aurait pu connaître le même sort dans la parabolique du virage 4, mais, heureusement, elle n’est pas allée aussi loin. Elle a tout de même perdu trois places avec cette erreur. Un problème mécanique est venu toucher la n°007 pendant l’intervention de la voiture de sécurité et l’hypercar a dû jeter l’éponge. De son côté, la n°009 a retrouvé du rythme quand la piste a séché et a pu grimper dans la zone des points, au 9e rang.
« De mon côté, ce n’est pas la meilleure des courses. J’ai fait une petite excursion dans les graviers dans le quatrième virage, ce qui a compromis notre résultat. Dans l’ensemble, nous avions toutefois un rythme correct. Mais nous devrons clairement faire mieux à Monza. Barcelone était un circuit assez atypique. Les conditions étaient particulièrement difficiles avec une forte dégradation des pneumatiques. Plusieurs équipes ont été prises au dépourvu par ce phénomène. Nous nous sommes retrouvés quelque part au milieu du peloton, sans avoir réellement le rythme nécessaire pour nous battre aux avant-postes. Le résultat aurait certainement pu être meilleur sans cette sortie de piste au virage 4. Nous avons probablement perdu trois positions à ce moment-là. Nous aurions donc pu terminer un peu plus haut, mais nous n’avions clairement pas le rythme pour gagner », reconnaît Marco Sorensen de la n°009.
Des Peugeot en difficulté et en manque de rythme
Inconstantes. Ce week-end, à Barcelone les 9X8 n’ont pas franchement été à leur aise. A plusieurs reprises, depuis leur arrivée en WEC, on les a vues à leur avantage sous la pluie, et le début de course a confirmé cette thèse. On a vu la n°93 remonter jusqu’à la 6e place, avant de chuter un peu dans le classement et de perdre légèrement pied quand la piste a commencé à sécher. Dommage, car il y avait quelques points à aller chercher lors de cette manche espagnole. Le point positif à souligner est qu’Alex Quinn, le nouveau venu qui remplace Stoffel Vandoorne, s’est vite acclimaté à son nouvel environnement et n’a pas commis de faute. La n°93 a passé la ligne à la 12e place et la n°94 au 13e rang.
« Ce n’était pas une course facile. La visibilité était compliquée au début, notamment parce que nous partions derrière. Ensuite, nous avons réussi à trouver un rythme qui n’était pas trop mauvais dans l’ensemble, par rapport à ce que nous imaginions. En revanche, les performances ont été assez inconstantes. À certains moments, sous la pluie, nous étions très rapides, alors qu’à d’autres, nous étions un peu moins bien. Même chose sur le sec : nous avons eu des passages où la voiture fonctionnait vraiment bien, puis d’autres où nous étions moins performants, notamment à cause de la dégradation des pneumatiques. Il y a donc eu un manque de constance tout au long de mes relais, aussi bien sous la pluie que sur le sec. Mais notre rythme était correct, et même un peu meilleur que ce que nous aurions pu imaginer après les essais et les qualifications », indique Loïc Duval, pilote de la n°94.

