Alex Riberas (Aston Martin) : « Un podium à domicile aurait été un rêve »

Pour Alex Riberas, les 6 Heures de Barcelone avaient une saveur particulière. À domicile, le pilote espagnol d’Aston Martin s’est élancé de la 11e place et accroche une 9e place en course, glanant deux points pour le constructeur britannique. L’ Ibérique est revenu sur sa course de Barcelone mais aussi sur les progrès de la Valkyrie Hypercar et les exigences du FIA WEC.

Barcelone était votre course à domicile. Quel résultat attendiez vous ce week-end, compte tenu du niveau actuel de l’Aston Martin Valkyrie ?

« C’était l’un des week-ends les plus spéciaux de l’année pour moi, peut-être même de toute ma carrière. Revenir à Barcelone, là où je suis né et où tout a commencé, a été une sensation particulière. La voiture semblait bien se comporter. Nous avons découvert le circuit le jeudi, sans y avoir effectué d’essais auparavant, et nous avons été agréablement surpris. À Fuji, nous avions montré de la vitesse sous la pluie en essais libres et on pensait pouvoir se battre pour un podium. Cela aurait  été un rêve à domicile. »

Mais finalement, vous avez dû vous contenter de la 9e place…

« Malheureusement, le résultat n’a pas été à la hauteur de nos attentes, mais je reste très fier de ce que nous avons accompli aujourd’hui. Nous avons vraiment tout donné. Les conditions étaient délicates au départ avec les pneus pluie, mais nous avons progressivement réussi à remonter dans le classement. Finalement, nous n’avons pas réussi à terminer dans le top 5, mais notre rythme n’était pas mauvais. »

À Fuji, l’Aston Martin a montré davantage de performance sans obtenir le résultat espéré. Que vous manque-t-il pour concrétiser ?

« Nous devons réussir à tout réunir sur une même course. En WEC, aujourd’hui, il ne suffit pas d’être rapide, intelligent ou régulier. Il faut réunir toutes ces qualités. Nous devons continuer à progresser et, si nous voulons gagner, nous savons que nous devons être parfaits. »

© MPS Agency

Après deux saisons en Hypercar avec Aston Martin, dans quels domaines la Valkyrie a-t-elle le plus progressé ?

« Nous avons beaucoup progressé depuis le début, notamment sur la partie systèmes. Pour une jeune équipe, c’est souvent ce qui prend le plus de temps à développer, car les systèmes en Hypercar sont très complexes. Les ingénieurs ont réalisé un énorme travail durant l’intersaison pour nous permettre d’aborder cette année dans de meilleures conditions. Nous continuons à apprendre afin de rendre la voiture plus fiable, plus performante et plus facile à piloter. Ce sont de petites étapes, mais nous avançons constamment. »

Vous roulez en GT3 et en Hypercar. Quelle différence entre les deux catégories est la plus sous-estimée ?

« La gestion du trafic est probablement la compétence la plus difficile à développer en Hypercar. On peut être rapide seul sur un tour, mais il faut aussi l’être en dépassant constamment d’autres voitures. Il faut anticiper, prendre les bonnes décisions et garder une vision globale de la course. La vitesse ne suffit pas : il faut aussi être intelligent. »

Vous participez à l’IMSA et au WEC. Quelle est la principale différence entre les deux championnats ?

« Ce sont deux championnats très différents. En IMSA, les neutralisations et les relances rendent les batailles très intenses. On n’est jamais complètement hors du jeu, car on peut toujours revenir. En WEC, chaque erreur se paie. Il faut être régulier, ne pas commettre de fautes et ne pas compter sur une voiture de sécurité pour revenir. Il faut performer en permanence. »

Photo Julien Delfosse / DPPI

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