Valerio Rinicella (IDEC Sport) : « Je suis fier de courir aux 24 Heures du Mans, c’est un rêve qui devient réalité ! »

Le troisième pilote de l’Oreca n°28 IDEC Sport aux 24 Heures du Mans sera Valerio Rinicella. Il sera associé à Paul Lafargue et Job van Uitert. Roulant sur la n°18 en ELMS, dans la cadre du Trajectory Program de Genesis, le jeune italien est un nouveau venu en endurance. Endurance Live est allé à sa rencontre…

Quel a été votre parcours avant d’arriver en endurance ?

« Tout a commencé en monoplace. J’ai décidé de courir en F4 en Espagne pendant deux années consécutives avec MP Motorsport. Le plan initial, un rêve, était, comme tout le monde, d’aller en Formule 1. J’ai donc essayé, c’était une bonne voie à suivre parce que les monoplaces vous apprennent énormément de choses notamment comment gagner le respect en piste et respecter les autres pilotes. C’est une école incroyable. Mais en même temps, je ne peux pas comparer cela à ce que j’apprends cette année en endurance, car l’expérience accumulée par les autres pilotes ici est impressionnante. J’ai donc fait deux années en F4, puis une année en FRECA (championnat d’Europe de Formule Régionale). Je suis fier, honnêtement, de ce que j’ai accompli et je tiens aussi à remercier mon management qui m’a toujours soutenu. Je vais maintenant participer aux 24 Heures du Mans. Je suis peut-être encore jeune, mais je suis extrêmement heureux. »

Que pensez-vous de l’ELMS ?

« C’est un excellent championnat. Le niveau du plateau est incroyablement élevé. Certains pilotes professionnels, qui n’ont peut-être pas réussi à atteindre la F1 pour diverses raisons, sont ici et sont vraiment exceptionnels. En tant que pilote Silver, je ne dirais pas que j’ai peur, mais je suis fier d’être ici et de pouvoir me mesurer à eux. »

© MPS Agency

Le choix de l’endurance était-il un véritable choix ou était-ce dû à un manque de budget ou à l’absence d’opportunités intéressantes en monoplace ? 

« Honnêtement, venir en endurance a été un choix personnel. Jusqu’au bout, j’ ai poussé pour rejoindre cette discipline. La première fois que j’ai conduit un prototype, c’était en 2023 avec une LMP3 au Paul Ricard, avec une équipe italienne. J’ai immédiatement adoré l’ambiance, mais aussi le format de course, très différent des courses sprint. En endurance, on n’abandonne jamais avant la fin. On ne sait jamais ce qui peut arriver dans les trente dernières minutes : un Full Course Yellow, une voiture de sécurité… Je suis tombé amoureux de cette discipline. Déjà avec la LMP3, la voiture était fantastique comparée à une F4. Ensuite, j’ai piloté des voitures plus puissantes. J’ai même eu l’occasion de conduire une GP2 une fois, j’avais donc déjà de l’expérience avec de gros moteurs et des voitures plus imposantes. Puis une opportunité s’est présentée en Asian Le Mans Series avec Algarve Pro Racing. J’ai adoré la voiture dès le premier essai qui a eu lieu à Séville, sur un circuit que je ne connaissais pas. Pour moi, c’était comme avoir un énorme jouet. J’appelais la voiture « le taureau » car elle était très agressive au début et un peu difficile à apprivoiser. Mon premier championnat d’endurance a donc été en Asie, nous l’avons remporté, et c’était vraiment fantastique. Rouler de nuit, même pendant seulement quatre heures, était déjà une expérience incroyable. Alors aujourd’hui, j’ai encore du mal à imaginer ce que sont les 24 Heures du Mans qui arrivent. »

Le Mans représente désormais la prochaine grande étape. Comment vous sentez-vous ? Comment allez-vous préparer cette course et dans quel état d’esprit êtes-vous ?

« Honnêtement, je suis excité. Je n’ai pas peur parce que c’est mon rêve, ma passion. Je suis simplement fier de courir au Mans parce que c’est un rêve qui devient réalité. J’ai déjà commencé à me préparer en faisant davantage de sport, j’essaie de mieux gérer mon sommeil et mon emploi du temps. Et je sais que je peux compter sur le soutien de l’équipe. Les kinés m’ont déjà donné plusieurs conseils à suivre d’ici Le Mans. Mon manager Marco Cioci possède beaucoup d’expérience et m’aide énormément. Nico Minassian également. Je peux leur poser des questions et apprendre d’eux. J’aimerais aussi participer à quelques compétitions sur simulateur afin de m’habituer aux relais de nuit et entraîner mon corps à rester éveillé à des heures inhabituelles. J’essaie vraiment de faire de mon mieux pour me préparer, mais sans pression particulière. Je veux simplement profiter de cette expérience et faire ce que j’aime. »

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Vous faites partie du programme Genesis Trajectory. Quel sera votre avenir ? Quelles sont vos attentes ? Un passage en Hypercar est-il prévu ?

« Honnêtement, rien n’est encore décidé. Bien sûr, l’objectif est d’arriver en Hypercar le plus rapidement possible. J’espère continuer avec mes deux coéquipiers parce que nous formons une très bonne équipe. J’apprécie énormément l’équipe Genesis ainsi que toutes les personnes qui en font partie. Gabriel (Tarquini) est également quelqu’un de formidable. Je pense qu’il y a énormément d’expérience dans cette structure. Pour une nouvelle équipe, ils ont très bien commencé. Imola a été difficile parce que c’était la première course, mais malgré tout, tout le monde était satisfait. Et puis ils ont marqué leurs premiers points à Spa. Un bon début…L’objectif est de rester avec eux aussi longtemps que possible. Peut-être jusqu’à ce que je sois vieux ! Mais pour l’instant, je veux simplement profiter et essayer d’accéder à l’Hypercar. »

Vous serez présent avec l’équipe sur des manches du WEC ? Vous assisterez aux débriefings avec les pilotes ?

« Oui. Je serai au Mans pour ma compétition en LMP2, mais aussi je serai forcément avec eux. Vous me verrez dans le stand. Le projet est d’assister à plusieurs courses cette année afin de rester au contact de l’équipe, d’apprendre et de recevoir des conseils des autres pilotes, notamment ceux de l’Hypercar. »

Allez vous faire un peu de simulateur ?

« Ils sont en train de mettre en place un nouveau simulateur. Ils m’ont demandé de venir quand j’aurai du temps pour les aider, notamment sur certains détails techniques. Cela peut être que bénéfique pour moi afin de commencer à ressentir ce qu’est une Hypercar. »

©Genesis Magma Racing

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