Le meilleur résultat d’Aston Martin en Hypercar, de la déception pour Alpine, un podium au goût amer pour Ferrari, Peugeot contunie de s’améliorer. Voici la seconde analyse des 6 Heures de Spa, 2e manche du FIA WEC et répétition générale en vue des 24 Heures du Mans.
Un très beau résultat pour Aston Martin
Après une course très positive à Imola, Aston Martin a encore prouvé à Spa qu’il fallait compter sur les Valkyrie. Les deux voitures sont parvenues à se qualifier pour l’hyperpole et ont réalisé les 6e et 7e temps. Le début de la course a été un peu plus difficile pour les Hypercars britanniques, la fin a été bien meilleure. Le rythme était bien présent et était très solide. Seul bémol, la n°009 qui n’a pas vu l’arrivée après un incident avec l’Alpine n°35. Alex Ribeiras a dû aller dans l’herbe et a perdu le contrôle de la voiture et a percuté le rail.
Cet incident a été effacé par la magnifique fin de course de Tom Gamble dans la n°007. Le pilote était en embuscade derrière la BMW n°15, la Ferrari n°50 et la Toyota n°7. Après avoir fait preuve de patience, il a trouvé l’opportunité parfaite pour dépasser la voiture japonaise. Cette manoeuvre a permis de placer la Valkyrie à la 4e position, le meilleur résultat d’Aston Martin en Hypercar à ce jour.
« C’est un week-end positif. On peut voir qu’avec le résultat de la n°007, qui était presque sur le podium, que l’on peut être très content avec les progrès de la voiture. Je pense qu’à la fin, le feeling de l’équipe est que nous pouvons être confiants en vue du Mans. On peut être contents des progrès qui ont été faits« , souligne Alex Ribeiras.
Petite déception pour Peugeot
La marque française a fait rêver ses fans en qualifications. Malgré un tête-à-queue en qualifications, Malthe Jakobsen a placé sa n°94 en pole position, une performance inédite pour la 9X8. En course, elle a rapidement perdu les commandes aux dépens de la Cadillac n°12. Mais, elle a été solide une grande partie de la course avant d’abandonner suite à un contact malheureux avec la Mercedes n°79.
Tous les espoirs étaient alors placés sur la n°93 pour essayer de ramener quelques points. Après une course timide, la seconde 9X8 a passé la ligne d’arrivée à la 7e place. Ce résultat permet de sauver quelque peu le week-end belge de Peugeot, même si un meilleur résultat aurait pu être obtenu. En tout cas, il est certain que le clan tricolore continue de progresser et de comprendre cette voiture. Elle pourrait être dans le coup au Mans, grâce à son excellente vitesse de pointe.
« Résultat un peu décevant, mais il y a quand même du positif parce que l’on a tenu la place avec la n°94, on a eu le meilleur tour en course jusqu’au 25e tour. Donc, on était dans le jeu. Il y a eu plus que ce dont on imaginait. Après, on a manqué de réussite avec Malthe, c’est dommage car il y aurait eu des opportunités et avec la n°93, en fin de course même chose. Les opportunités ne sont pas venues. On a beaucoup travaillé et il faut que l’on continue. Il y a beaucoup plus de positif qu’à Imola« , partage Emmanuel Esnault, directeur de l’écurie.
Malthe Jakobsen sur la 9X8 n°94 a été au cœur de toutes les attentions ce week-end. Vendredi il a signé la pole, samedi il a été percuté par la Mercedes n°79 alors qu’il n’avait rien demandé à personne. « Je suis très déçu par la course. J’aurais simplement aimé pouvoir rouler car c’était la dernière course avant Le Mans, et ça aurait été formidable de faire quelques relais dans la voiture. Regarder les batailles à la télévision pendant une dernière demi-heure complètement folle a été frustrant. On aurait pu se situer quelque part dans le top 6 et cela aurait confirmé tout les bons progrès que nous avons faits. Nous allons continuer de pousser et de nous concentrer sur notre propre travail. Au Mans, on verra où en sont les autres car ce sera une longue course. »
Alpine a manqué de chance avec sa stratégie
Il y a de quoi rager dans le clan de Philippe Sinault, le team principal d’Alpine Endurance Team. Après un très beau début de week-end avec la 3e place en qualifications de la n°35 et la 4e de la n°36, de gros espoirs étaient placés en l’A424 en vue de la course. La voiture emmenée par Charles Milesi, Ferdinand Habsbourg et Antonio Félix Da Costa a été dans le coup une grande partie de l’épreuve. Mais tout a été gâché dans la dernière heure. Après le restart suite à l’abandon de la Ferrari n°51, le Portugais a envoyé l’Aston Martin n°009 dans le rail. Après l’intervention de la voiture de sécurité, ce même garçon a perdu le contrôle de son hypercar dans le Raidillon est a aussi percuté le rail. Il a alors dégringolé dans la hiérarchie et a terminé au 12e rang.
L’autre voiture a vécu une épreuve plus discrète et plus compliquée. Elle est tombée dans le classement et n’a pas réussi à rebondir dans le money time. Même avec les nombreux abandons dans cette course totalement folle, le trio Victor Martins, Fred Makowiecki, Jules Gounon n’a pas réussi à intégrer la zone des points avec une 11e position à l’arrivée.
« Le début de course n’a pas été simple. Je me fais toucher par une Cadillac. Il y a eu un autre contact à la fin de mon premier relais et on a perdu un peu de charge aéro. On était plutôt compétitifs et constants. Le problème, c’est que rien n’a tourné en notre faveur. À chaque fois que l’on s’est arrêté, deux tours plus tard, il y avait une voiture de sécurité. Du point de vue de l’équipe, c’est frustrant car c’est une des courses les plus complètes que l’on ai pu faire« , admet Frédéric Makowiecki.
Une fin de course sous tension pour Ferrari
Nul part en qualifications, Ferrari a réussi à rebondir en course. La Scuderia a parfaitement géré sa stratégie et a été performante en piste, ce qui a permis aux deux voitures de grimper dans le classement. La n°51 a été la plus forte à ce jeu. De son côté, la n°50 était un peu plus discrète. La dernière heure de course est venue gâcher les espoirs de double bon résultat suite à l’abandon de la n°51. Alessandro Pier Guidi a été percuté par une BMW n°32 (GT3) en perdition après un contact avec la Porsche n°91. Cela a fortement abîmé la 499P qui a perdu des fluides au niveau de La Source.
Toutes les espoirs étaient alors placés sur Antonio Fuoco dans la n°50. L’Italien était très pressant sur la BMW n°15 qui occupait alors la deuxième place dans les ultimes tours de la course. Malheureusement pour le vainqueur des 24 Heures du Mans 2024, la voiture pilotée par Kevin Magnussen est parvenue à résister aux assauts de la 499P. Elle termine tout de même sur le podium après un début de week-end plutôt compliqué.
« Après une difficile qualification pour les trois Ferrari, nous avons mis en place notre rythme en place et essayé d’exploiter toutes les possibilités en termes de stratégie. Nous sommes déçus que notre n°51 n’ait pas pu finir la course suite à un accident avec une GT3 qui n’était pas de notre faute Mais bon, cela arrive parfois. Au moins, comme nous l’avons dit, nous avons obtenu un autre podium avec la voiture numéro 50« , analyse Giuliano Salvi, manager des opérations en piste de chez Ferrari endurance.

