Doriane Pin, pilote de développement du Team Peugeot TotalEnergies en WEC, était à Spa. Elle est revenue sur son rôle et a évoqué sa future participation aux 24 Heures du Mans avec Duqueine Team.
Pouvez-nous nous décrire votre nouvelle activité avec Peugeot ?
« Ça se passe très bien. J’ai commencé en début d’année. J’ai un rôle de pilote de développement, cela signifie que j’ai pas mal de travail sur simulateur pour développer la voiture actuelle et donner du feedback pour continuer à l’améliorer. C’est beaucoup de choses à tester et mon objectif est de donner le meilleur retour à chaque fois et progresser. Après, je viens sur des courses, comme ce week-end à Spa, pour suivre, écouter un maximum les échanges entre pilotes et ingénieurs et travailler avec tout le monde. Comme on apprend à se connaître, c’est important de passer du temps ensemble et créer quelque chose de bien. Lors du Rookie Test en fin d’année en Hypercar, je monterai pour la première fois dans la voiture. On prépare cet événement pour que je roule bien et j’espère que cela m’ouvrira des portes pour les années à venir. Travailler avec un constructeur est hyper intéressant, ça donne encore plus envie d’atteindre cette catégorie dans le futur. »
A quel point pouvez-vous ressentir les particularités des Hypercars dans une simulation ?
« Le simulateur est un outil fondamental pour se préparer à n’importe quel test dans une voiture. Déjà, tout ce qui systèmes, procédures… Il y a beaucoup de choses super complexes, donc on apprend ici. C’est en roulant que l’on comprend les changements que l’on a faits sur le volant et les effets qu’il y a. On a une sensation proche de la réalité. Je pense que c’est fondamental car toutes les équipes ont un simulateur et s’en servent pour préparer les courses. C’est un bon outil pour tester plein de choses. C’est pour cela que l’on passe du temps dessus, pour le développer mais aussi pour se rapprocher de plus en plus de la réalité à chaque fois. »
Le simulateur permet-il d’avoir une idée sur les exigences physiques ?
« Au niveau technique, oui. Au niveau physique, non. C’est physique mais on ne ressent pas les G, c’est diminué. Cependant, c’est très réaliste sur le comportement de la voiture, sur les freinages, sur ce que l’on ressent dans les virages, sur l’accélération. »
Depuis quelques semaines, on parle beaucoup de vous. Comment le vivez-vous ? Y a-t-il plus pression ou de fierté ?
« Pas forcément plus de pression, je suis contente d’avoir l’opportunité de travailler avec des constructeurs comme Mercedes en Formule 1, Peugeot en Hypercar et je roule dans une bonne équipe cette année en ELMS avec Duqueine (LMP2). J’ai plein d’opportunités devant moi, je suis très heureuse de les avoir. Je travaille tous les jours pour réussir dans mon sport et être parmi les meilleurs. Forcément, ça parle quand on arrive et que l’on a des beaux projets. Je vis amplement de toutes ces opportunités, c’est fabuleux. Je prends chacune pour gravir les échelons et être un jour dans les catégories reines du sport auto. »
Est-ce que les premières courses d’ELMS vous aident sur votre travail de pilote de développement ?
« Bien sûr. Je fais ce step en endurance après deux ans en monoplace. L’ELMS est un championnat ultra relevé. Comme il n’y a pas d’Hypercar, je suis dans la catégorie la plus élevée avec la LMP2. Cela se rapproche plus de l’Hypercar qu’une GT. Donc, c’est un bon travail en amont de ce que l’on fait avec Peugeot. Ce sont deux équipes différentes, mais il y a des similitudes dans notre travail, l’approche de la course, le trafic, les pneus… On va faire les 24 Heures du Mans, j’espère que ça va bien me préparer pour la suite. »
Est-ce que les automatismes de votre premier passage en endurance sont revenus facilement ?
« Oui ! Faire deux ans en monoplace où tu es seule dans la voiture et que c’est ton set-up est plus simple. Là, c’est l’esprit d’équipe, il faut partager. Il faut faire avancer l’équipe, s’adapter et la gestion du trafic est la plus grosse partie que l’on n’a pas en monoplace. C’est vite revenu parce qu’au final, on n’a pas beaucoup de temps pour se remettre dans le bain. Si on veut performer, il faut bien réagir direct. »
Comment se passe votre début de saison en ELMS ?
« Les deux premières courses en ELMS ont été très positives : on fait deux fois troisièmes en LMP2 Pro Am et on est en tête du championnat. C’est très chouette. C’est une nouvelle équipe avec laquelle je travaille, il y a eu beaucoup de changements àl’intérieur, tout doit se mettre en place. On a fait un énorme travail cet hiver pour tout aligner et être bon dès le début à Barcelone. La prochaine course, c’est Le Mans : on sera en catégorie Pro cette fois-ci. Je serai avec Julien Andlauer et Richard Verschoor, un très bon équipage, il y a quelque chose à faire au Mans. J’espère que l’on va faire un podium ou même viser la gagne, ce serait merveilleux. »

