Anthony Davidson : « L’Hypercar a redonné au WEC une intensité que l’on n’avait plus vue depuis des années »

Champion du monde d’endurance 2014, Anthony Davidson décrypte pour Endurance Live la nouvelle ère Hypercar, marquée par une densité inédite et un équilibre des performances qui redistribue les cartes. Désormais consultant pour le FIA WEC, l’ancien pilote Toyota livre une analyse lucide sur la montée en puissance des constructeurs, la résilience du team japonais et les exigences toujours uniques de l’endurance face à la Formule 1.

Vous avez remporté le championnat WEC en 2014 et avez disputé de nombreuses saisons en prototype. Avec votre regard de consultant aujourd’hui, comment analysez-vous l’évolution de la catégorie Hypercar au sein du Championnat du monde d’endurance FIA ?

« L’arrivée des Hypercars a permis aux constructeurs de rejoindre le WEC avec des dépenses moindres par rapport à la génération précédente de voitures LMP1, tout en leur offrant la possibilité de concevoir des bolides dont le design s’inspire de leurs propres modèles de série. J’apprécie la diversité supplémentaire que cela apporte. »

La grille du WEC est désormais particulièrement dense, avec plusieurs grands constructeurs. Qu’est-ce qui rend cette nouvelle ère de l’endurance si compétitive ?

« Tout le monde n’apprécie pas forcément le Balance of Performance en course, mais ce système a eu le mérite d’attirer davantage de constructeurs convaincus de pouvoir rivaliser sans dépenser trop, comme c’était le cas dans la catégorie LMP1 de la génération précédente. La présence d’un plus grand nombre de voitures en piste et de pilotes de classe mondiale a contribué à créer certaines des courses les plus disputées du WEC depuis des années. »

2014 ©️ MPS Agency

Vous avez piloté pour Toyota Racing en endurance pendant de nombreuses années. Que pensez-vous de la capacité de l’équipe japonaise à rester au sommet face à l’arrivée de nouveaux constructeurs ? Quelles seront les marques les plus performantes cette année en Hypercar ?

« Toyota Racing a abordé le WEC comme à l’époque de la F1. Toujours compétitifs et attentifs aux détails qui font la performance. C’est une force avec laquelle il faut compter, une équipe résiliente qui allie d’excellentes capacités opérationnelles en course. Beaucoup d’équipes ont appris d’eux dans ce domaine particulier, mais quant à savoir qui sera le plus fort cette année, c’est encore une inconnue à ce stade. »

Vous avez également connu la Formule 1 au cours de votre carrière. Quelles sont les principales différences dans l’approche d’une course entre la F1 et l’endurance ?

« J’ai toujours dit que les pilotes du WEC devaient posséder un éventail de compétences plus large que dans bien d’autres catégories de course, en raison de la présence de plusieurs catégories et de la durée même des épreuves. Il est extrêmement difficile de gérer tous ces facteurs variables. Évidemment, lors des courses plus longues comme Le Mans, la fatigue finit par peser sur tout le monde. Disposer d’une bonne réserve de puissance aide donc considérablement à éviter les ennuis tout en restant suffisamment rapide.

J’apprécie vraiment de regarder et de commenter les pilotes qui courent aujourd’hui, car je comprends à quel point ils doivent se montrer impitoyables dans le trafic, en raison des écarts de performance très faibles entre les voitures. Les F1 sont évidemment beaucoup plus rapides, et les forces exercées sur le corps sont donc plus importantes, tout comme la prise de décision à l’intérieur de la voiture. Une autre compétence d’un pilote de F1 consiste à travailler avec davantage d’ingénieurs et une équipe plus importante pour se rapprocher de l’équilibre parfait. Il y a beaucoup moins de compromis à faire en F1, mais la quête de la perfection est tout aussi difficile. »

©️ MPS Agency

Vous êtes désormais consultant pour le FIA WEC. Comment vivez-vous ce nouveau rôle ? Est-ce plus facile que de piloter une LMP1 ?

« Commenter une course sera toujours plus facile que de piloter. Il est difficile pour les gens de saisir pleinement ce qu’implique le métier de pilote de course de classe mondiale, et je pense que c’est ce que j’apprécie dans ce que je fais aujourd’hui. Cela me permet de mieux comprendre ce que je vivais autrefois, et je peux m’identifier à chaque aspect de ce que je vois sur la piste. »

©️ MPS Agency

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