Après un final intense aux 6 Heures de Fuji, Victor aborde le rendez-vous de Barcelone avec un nouveau défi : adapter ses repères de monoplace aux exigences de l’Hypercar. Entre la gestion des pneumatiques, les dépassements en fin de course au Japon et les incertitudes autour de son avenir, le pilote revient sur une saison qui lui permet de démontrer sa valeur en endurance.
Connaître le circuit de Barcelone ne garantit aucun avantage lorsqu’il faut y piloter une Hypercar. Victor en a pris la mesure dès les premiers essais. Habitué à la monoplace, il a notamment roulé en Formule 1 lors d’une séance TPC avec Williams un mois auparavant. Mais le changement de catégorie impose de revoir ses automatismes. « C’est très différent. Les approches de virages ne sont pas les mêmes. Il faut complètement les repenser », explique-t-il. Les deux derniers virages du circuit illustrent parfaitement cette différence. Rapides en Formule 1, ils deviennent des courbes moyennes au volant d’une Hypercar. Le poids, le comportement de la voiture et les contraintes liées aux pneumatiques modifient profondément la manière d’aborder chaque portion du tracé.
La dégradation des pneus l’a également surpris. Lors des premières séances, les chronos se sont progressivement détériorés, avec jusqu’à trois secondes perdues entre le début et la fin d’un relais. « Je pensais que ça n’allait pas être le cas. Là, en FP1 et FP2, on perd trois secondes. C’est beaucoup », constate-t-il. Pour le pilote, il s’agit donc de retrouver des réflexes différents de ceux acquis en monoplace, tout en s’adaptant aux exigences spécifiques de l’endurance.
Quelques semaines plus tôt, les 6 Heures de Fuji avaient offert un scénario haletant. Dans les derniers tours, Victor s’est retrouvé au cœur d’une bataille pour récupérer le maximum de positions. La stratégie de son équipe ne lui permettait pas de ressortir en tête, mais le rythme de la voiture et les pneumatiques disponibles lui donnaient encore une chance de remonter. « Il fallait juste tout donner et récupérer le plus de places possible. Je ne me suis pas posé de questions », résume-t-il. Au redémarrage de la voiture de sécurité, le pilote disposait de deux pneus neufs et savait qu’il avait du rythme. Restait à dépasser des adversaires déterminés à défendre leur position. Une expérience nouvelle pour lui, davantage habitué aux duels en monoplace.
Face à la concurrence, notamment à Dries Vanthoor, les dépassements se sont révélés particulièrement difficiles. « Jules m’avait prévenu. En GT, ça bastonne sévère, c’est dur à doubler », raconte-t-il. La bataille a été intense, parfois à la limite du contact. Victor a dû adapter son approche, patienter, puis repartir à l’attaque. Mais le temps perdu derrière ses adversaires a pesé dans le dénouement. Lorsqu’il a rejoint la Toyota de Ryo Hirakawa, il ne lui restait plus suffisamment de marge pour faire la différence. « J’ai passé un peu trop de temps derrière et ça ne m’a pas permis de faire la différence à la fin de la course », regrette-t-il. Avec un tour supplémentaire, le résultat aurait peut-être été différent. Impossible toutefois de l’affirmer.
La suite reste désormais à construire. Interrogé sur une éventuelle direction vers la Formula E ou un programme Hypercar, Victor ne dispose d’aucune piste concrète à annoncer. Son essai chez Nissan avait pu laisser entrevoir une possibilité, mais celle-ci ne s’est pas concrétisée. « Aujourd’hui, il n’y a pas de direction en Formula E ou en Hypercar pour nous », confie-t-il, sans davantage de certitudes concernant son programme 2027. Le pilote reste néanmoins convaincu d’avoir marqué des points cette saison. Il estime avoir démontré qu’il pouvait prétendre à une place dans les catégories les plus relevées de l’endurance. « Tout ce que je sais, c’est que j’ai montré cette année que je mérite une place en endurance, en Hypercar et dans les catégories les plus relevées. » Un retour en FIA WEC reste envisageable, mais les discussions n’ont pas encore atteint un stade avancé. À Barcelone, Victor poursuit donc son apprentissage en Hypercar tout en cherchant à transformer les performances montrées cette saison en une opportunité pour l’avenir.

