BMW a été excellente lors des 6 Heures de São Paulo en décrochant une deuxième victoire cette saison. Les Cadillac ont commis trop d’erreurs. Alpine avait mis en place une stratégie décalée, mais il a manqué une neutralisation. Ferrari avait un rythme de course solide.
BMW confirme son niveau
Sur le circuit d’Interlagos, la BMW n°15 a été la plus forte lors de la course. Le trio Kevin Magnussen – Dries Vanthoor – Raffaele Marciello a été extraordinaire. Dès les premiers instants, l’hypercar allemande a été très offensive sur la Cadillac n°38 et a ensuite mis la pression à la n°12 qui avait réalisé la pole position. Profitant d’une erreur dans les stands de la voiture de Will Stevens et Norman Nato, la BMW n°15 a pris les commandes de la course et a pu maîtriser son sujet. Le trio n’a pas commis d’erreur et a réalisé une course très solide. Pour la n°20, il manquait un peu de performance par rapport à la voiture soeur. En fin de course, Robin Frijns a écopé une pénalité pour un incident évitable avec la Ferrari n°50 en l’envoyant en tête-à-queue dans le deuxième virage. Cela a valu une pénalité de 5 secondes qui lui a fait perdre deux positions (8e). « Nous avons passé un excellent week-end et disputé une superbe course. Ici, au Brésil, nous avons remporté notre deuxième victoire de l’année en WEC. Les pilotes et l’équipe dans la voie des stands ont réalisé une course sans faute, et la voiture s’est montrée très performante. Je pense que les perspectives sont bonnes pour le championnat des constructeurs, mais aussi pour celui des pilotes. Malheureusement, il y a eu un accrochage avec Robin à la fin, mais je pense qu’il a laissé suffisamment d’espace à la Ferrari, qui ne lui en a pas laissé autant en retour », se satisfait Vincent Vosse, le team principal. Il s’agit du deuxième succès de la marque bavaroise cette saison. Il va falloir compter sur elle pour la lutte pour les deux titres.
Trop d’erreurs pour Cadillac
On les pensait presque intouchables. Les deux Cadillac ont maîtrisé leur sujet en qualifications en monopolisant la première ligne. En course, la n°12 avait un rythme élevé et a dominé tout le premier relais. Mais une erreur dans les stands avec une roue qui a fait des siennes a fait perdre un temps considérable au duo Will Stevens – Norman Nato. Pour rattraper ce retard, les pilotes ont mis la gomme mais cela s’est terminé par des incidents en piste : des contacts évitables qui se sont conclus sur des pénalités et un tête-à-queue avec des pneus froids. Dommage car cette voiture était la principale menace pour la BMW n°15. Au final, elle termine 3e. L’autre Cadillac était un peu en deçà, mais a tout de même terminé à la 4e. Idem, il y a eu quelques erreurs qui ont fait perdre un temps précieux et surtout une grosse frayeur en fin de course en voulant doubler une LMGT3. Fort heureusement, l’issue a été bonne car l’incident aurait pu éliminer les deux voitures américaines. « C’est un bon résultat pour l’équipe qui nous permet de marquer des points importants pour le championnat. Nous avons réalisé une première heure très solide, en affichant un bon rythme et de bonnes performances. Malheureusement, nous avons perdu du temps lors des arrêts au stand et la course s’est déroulée en grande partie sans interruption, ce qui a rendu très difficile de rattraper ce retard. Nous avons prouvé que nous avions la vitesse nécessaire ; nous pouvons donc aborder la prochaine course avec la certitude de pouvoir nous battre pour la victoire », se réjouit Jeremy Moore, l’ingénieur en chef de Cadillac.
Un beau rythme de course pour Ferrari
Après des qualifications plutôt mitigées, les Ferrari ont réagi en course. La n°51 a été la plus solide malgré une frayeur à la sortie des stands à deux heures du terme. James Calado est allé frotter le mur et a bloqué un panneau publicitaire sur la face avant de sa 449P. Il l’a gardé tout au long de son relais, mais cela n’a pas affecté les performances de l’hypercar. Cette voiture obtient une solide 2e place et se rattrape d’un début de saison plutôt moyen. La n°50 a aussi été solide, mais a perdu quelques places en fin de course après un contact avec la BMW n°20 qui l’a envoyée en tête-à-queue. Le trio Antonio Fuoco – Miguel Molina – Nicklas Nielsen franchit la ligne à la 7e place alors que la 5e lui tendait les bras. Cet incident a profité à la n°83 qui a gagné deux places gratuitement. Discrète mais bien placée, la 499P jaune a terminé au 5e rang après une course sans problème majeur. « Nous avons réalisé un excellent travail d’équipe : l’analyse approfondie de la course de l’an dernier et la compréhension des améliorations à apporter à nos voitures sur ce circuit, toujours parmi les plus difficiles pour nous, ont porté leurs fruits. La fiabilité de la 499P a été irréprochable, tout comme les réglages, la gestion de l’énergie et l’exécution lors des différentes phases de la course. Nous sommes parvenus à placer nos voitures – parties de plus loin sur la grille – en tête, en exploitant les performances de la 499P et une stratégie certes risquée, mais toujours calculée pour viser le podium. Les pilotes ont également très bien performé, et nous pouvons être très satisfaits de tous ces aspects », partage Ferdinando Cannizzo, responsable des voitures d’endurance. Après une course très compliquée sur ce même circuit en 2025, la Scuderia a bien réagi et se relance au championnat.
Une stratégie décalée qui n’a pas fonctionné pour Alpine
Il fallait s’en douter. Un équipe allait obligatoirement tenter une stratégie décalée. Et c’est Alpine qui s’en est occupée avec la n°35. Avec la menace de la pluie en fin de course, cela aurait pu profiter à la marque tricolore pour gagner des places facilement. Malheureusement pour l’équipe de Philippe Sinault, les gouttes sont arrivées trop tard et avec trop peu d’intensité. La course s’est aussi déroulée sans neutralisation. Alpine a été très audacieuse, mais la physionomie de la course n’a pas permis d’aller au bout de triompher grâce à cela. Pour la n°36, le début de course a été très compliqué. Dans son deuxième relais, Frédéric Makowiecki a perdu de très nombreuses places et s’est retrouvé en queue de peloton. Le Français s’est arrêté plus tôt que prévu. La fin de l’épreuve a été meilleure pour cette A424 qui termine au 11e rang, juste derrière la voiture sœur, 10e. « Ce n’était pas une journée facile, même si nous avions montré un rythme solide d’entrée de jeu » analyse Philippe Sinault, Team Principal Alpine Endurance Team. « Sur la n°36, nous avons été mis en difficulté avec la dégradation des pneumatiques dès le deuxième relais. Nous avons décidé d’adapter notre stratégie en anticipant un arrêt pour retrouver un excellent niveau de performance. C’était le cas avec des chronos très compétitifs à la clé. Hélas, la crevaison de Victor a mis fin à nos espoirs de bon résultat. Du côté de la n°35, le début de course a été plus compliqué, notamment en raison du trafic. Nous avons alors pris le risque de décaler notre stratégie. Cela nous a permis de revenir dans la lutte aux avant-postes, mais une crevaison dans la dernière heure a également compromis les ambitions de l’équipage avant même un éventuel ravitaillement éclair. Nous repartons forcément frustrés du Brésil, car le potentiel de l’A424 était clairement là et les positions finales ne reflètent pas notre véritable niveau. Nous devons maintenant analyser tous les éléments afin de continuer à progresser dans tous les domaines. Nous avons montré que nous étions dans le match et nous allons poursuivre notre travail pour revenir plus forts à Austin. »
La 2e partie des réactions demain…
Le classement de la course est ICI

