Thomas Fleming (McLaren) : « Quand je repense au garçon de 10 ans qui regardait de l’autre côté des barrières, me retrouver aujourd’hui au Mans est incroyable ! « 

Thomas Fleming est un jeune pilote britannique qui roule pour l’équipe britannique Garage 59, partenaire de McLaren Racing en catégorie LMGT3. En WEC, il est sur la McLaren 720S LMGT3 Evo n°10 en compagnie de Marvin Kirchhöfer et Antares Au. Endurance Live est allé à sa rencontre…

Je voudrais simplement savoir ce que vous avez fait avant d’arriver en WEC…

« J’ai fait pas mal de karting, j’ai commencé vers 13-14 ans. Je suis passé à la course automobile à 19 ans en Ferrari Challenge en 2023. J’ai terminé deuxième du championnat d’Europe et remporté le championnat du monde, devenant le premier rookie à réaliser cet exploit. Puis, en 2024, j’ai participé à une campagne partielle en GT World Challenge Sprint avec AF Corse. Pour finir, l’année dernière, j’ai commencé par un programme LMP3 avec Nielsen Racing en Michelin Le Mans Cup. Cela a joué un rôle dans l’obtention d’un volant en ELMS avec GR Racing et m’a vraiment permis d’élargir mon expérience de la course multi catégories, en pilotant sous les règlements de l’ACO. J’y ai acquis une très bonne expérience. J’ai ensuite rejoint McLaren avec Garage 59 pour le GTWC Endurance, tout en disputant les trois dernières manches Sprint. Avec tous ces championnats, j’ai énormément progressé, même au cours des essais. À l’issue des tests, j’étais vraiment performant, terminant dans le top 3 de mon groupe de qualification au Paul Ricard en GT World Challenge face à tous les pilotes professionnels. J’ai ensuite intégré le programme Driver Future Stars du BRDC (British Racing Driver’s Club) et j’ai également été sélectionné pour le Rookie Test WEC à Bahreïn avec la Porsche 911 GT3.R de Manthey, ce qui s’est très bien passé. »

Vous avez mentionné le GT World Challenge. Pourriez-vous expliquer la différence entre une McLaren WEC et une McLaren GTWC ?

« La principale différence est que nous avons beaucoup moins de technologie embarquée en GT World Challenge. Sous certains aspects, le GT World Challenge est un peu plus brut, mais aussi un peu plus « Far West », si je peux dire cela. Nous roulons avec une Balance de Performance (BoP) différente. Les voitures sont plus légères et disposent de davantage de puissance, ce qui en fait une version un peu moins restrictive d’une GT3. Il existe aussi quelques différences techniques, comme les capteurs de couple en WEC, qui devraient bientôt arriver en GT World Challenge. Les panneaux lumineux et ce genre de choses ne changent pas vraiment grand-chose. En résumé, les principales différences concernent le poids, la puissance et le manufacturier de pneus. »

24H Spa 2025 © MPS Agency

A Imola en WEC, vous avez eu des sentiments mitigés avec la pole position, une excellente course, mais malheureusement un abandon à la fin.

« Pour moi, il n’y a pas de sentiments mitigés. Même si cela a été un choc sur le moment d’abandonner, une fois cette surprise digérée, nous avons quitté le week-end la tête haute. C’étaient les débuts de l’équipe en WEC, ainsi que ceux de tout l’équipage de la n°10, et nous avons tout exécuté parfaitement. Nous avons dominé les qualifications, réalisé tout ce qu’il fallait aux essais, puis disputé une excellente course pour nous placer en position de gagner. Bien sûr, c’est dommage d’avoir subi une défaillance technique mais c’est quelque chose que l’équipe ne peut pas contrôler. En ce qui me concerne, elle a fait un travail parfait. Nous sommes repartis du week-end avec beaucoup de confiance, l’envie d’apprendre et de progresser pour le prochain rendez-vous. »

Justement, la course suivante s’est très bien passée avec une victoire à Spa…

« Cette course n’a pas été sans difficultés, mais le fait que nous ayons su rebondir après la déception d’Imola et surmonter les moments difficiles que nous avons traversés ce week-end témoigne de la force de caractère de cette équipe. Les pilotes, les mécaniciens et l’ensemble du personnel ont accompli un travail exceptionnel, et je ne pourrais être plus heureux. »

© MPS Agency

Le grand événement approche, vous allez participer à vos premières 24 Heures du Mans. D’abord, qu’est-ce que cela représente pour vous ? Ensuite, comment vous préparez-vous ?

« Pour moi, Le Mans représente une étape immense dans une carrière de pilote. Au Antares, Garage 59 et McLaren m’ont confié ce rôle de pilote Silver, ce qui constitue une très grande responsabilité : représenter un constructeur sur la scène mondiale. Quand je dis que je vais courir au Mans, cela me paraît encore un peu irréel. Je me souviens qu’à environ 10 ans, j’étais en vacances dans la région et je suis allé pour la première fois au Mans. Il y avait alors une course de motos que j’ai regardée depuis les tribunes. C’était vraiment quelque chose de spécial. Le Mans est une expérience que très peu de personnes ont la chance de vivre dans leur vie, ne serait-ce qu’en roulant sur le circuit. Je suis extrêmement reconnaissant, car c’est une course très difficile à intégrer. Cela me remplit de joie mais aussi de fierté, quand je repense au petit garçon de 10 ans qui regardait de l’autre côté des barrières et qui se retrouve aujourd’hui engagé dans ce qui est, à mes yeux, la plus grande course du monde. »

Comment préparez vous cette course, physiquement et mentalement ?

« Au cours d’une saison aussi chargée que la mienne cette année, il est essentiel de préserver son énergie, qu’elle soit physique ou mentale. Ma préparation pour Le Mans consiste donc essentiellement à ne pas gaspiller d’énergie inutilement tout au long de l’année afin d’arriver dans la meilleure forme possible. Pour une première participation au Mans, surtout avec relativement peu d’expérience préalable, ce sera une semaine très longue et très exigeante mentalement. Nous avons le week-end de la Journée Test, puis plusieurs jours à occuper. Si vous ne canalisez pas votre énergie vers autre chose, du paddle, du bowling ou ce qui vous plaît, vous allez constamment penser à la course, et c’est probablement la pire chose à faire. Pour le moment, je travaille surtout sur des exercices mentaux afin de rester concentré et de préserver mon énergie. »

© MPS Agency

Vous faites partie d’une équipe McLaren. Bien sûr, tout le monde pense à l’Hypercar. Quelle est votre position à ce sujet ? Est-ce votre objectif pour l’avenir ?

« C’est une très bonne question. Sans aucun doute, mon objectif est de piloter en Hypercar. C’est là que se trouvent les meilleurs pilotes d’endurance au monde, et c’est clairement mon but. Je suis convaincu à 100 % que je peux y parvenir. Je n’exclus rien pour l’avenir. Mais pour l’instant, je me concentre sur les tâches que j’ai devant moi : le GT World Challenge et le WEC. Ensuite, peut-être que quelque chose pourra se concrétiser pour l’année prochaine, avec un peu de chance… »

© McLaren

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