Philippe Sinault, le team principal d’Alpine Endurance Team, était présent lors de la projection du film des 24 Heures du Mans 2025 mardi dernier au CGR du Mans. Il est revenu pour Endurance Live sur l’épreuve mancelle, la saison WEC 2025 et l’arrivée d’un nouveau pilote, Antonio Felix Da Costa…
Le Mans 2024 ne s’était pas très bien passé pour vous avec deux abandons. En 2025, vous rentrez dans le top dix et finissez avec les deux autos. Que retenez-vous de cette édition ?
« 2025 est l’année de la consolidation, dans le sens où le mot d’ordre absolu était de terminer et de ne pas avoir de problèmes de fiabilité. En cela, on a répondu aux attentes. On a vu qu’on était par moments dans la course sur un bon rythme et capable de le tenir. Mais d’autres moments ont été un peu plus durs comme la transition des pneus hard vers les medium (et l’inverse), par exemple, ce genre de choses. On a été moins constants, moins consistants sur l’ensemble de l’épreuve. Or il faut être tout le temps là. On peut dire que Le Mans 2025 est à la fois l’année de la consolidation parce qu’on a montré qu’on était capable de faire de belles choses mais qu’il va falloir qu’on travaille. On a bien conscience qu’il nous manque beaucoup, beaucoup de choses pour être devant. On n’a pas fait une course très propre, particulièrement au Mans, pour être très honnête. Donc ça passe par là déjà : une exécution parfaite, une bonne fiabilité. On a vraiment, encore une fois, de quoi faire très bien sur le plan technique et humain. Il faut qu’on travaille l’exécution pour être au rendez-vous l’année prochaine. »
Par contre, au niveau championnat, on est passé d’un podium à trois, dont surtout une victoire. Par contre, au niveau comptable, un peu moins bien, vous êtes plus loin au niveau des classements des constructeurs…
« C’est exact, mais très honnêtement, je préfère finir sixième au championnat et avoir gagné une course que quatrième et ne pas en avoir remporté. Même là aussi, c’est à l’image des 24 Heures. Nous avons manqué de constance. On est capable de faire de bonnes choses, mais on n’est pas là sur la durée, on n’arrive pas à mettre les deux autos dans les points à chaque fois. Or, un championnat se gagne sur la durée. Là aussi, c’est en comprenant mieux et en exécutant mieux qu’on arrivera à être plus consistant. En fin de compte, le bilan des 24 Heures du Mans et de la saison est un peu le même. »
Comment avez-vous vécu cette victoire de Fuji ? Une consécration quand même…
« Oui, clairement. D’abord, il y a eu beaucoup d’émotion parce que je suis comme ça, j’aime partager et l’équipe aussi. Une opportunité s’est présentée, on a su la saisir, on a été un petit peu malin. C’est un peu à notre image. C’est bien, on envoie un signe fort et on montre que si on arrive à tout mettre dans l’ordre, on sait gagner une course ! Il n’y a désormais plus ce complexe de se dire « Il faut qu’on en gagne une ! » C’est fait. Maintenant, concentrons nous à répéter l’exercice plus régulièrement et jouer le podium un peu plus souvent. »
Nicolas Lapierre a fait sa première année avec l’équipe en tant que directeur sportif. Comment s’est passée cette synergie entre vous, Bruno Famin (Directeur Motorsport Alpine) et lui ?
« Ça se passe bien. Honnêtement, il n’y a pas de sujet, pas de tension. On échange, les choses se disent. Quand on voit à Fuji, on met deux pneus neufs sur les quatre, il n’y a même pas eu un moment d’hésitation. C’était l’évidence. Donc tout a été plutôt lisse toute l’année dans le box, même s’il y a eu des moments compliqués à gérer. En tout cas, il y a une vraie belle sérénité entre nous trois, et particulièrement entre nous deux, avec Nico. »
On est sur l’intersaison. Qu’est-ce que vous allez travailler en vue de 2026 ?
« Ce n’est pas un secret. Il y a une refonte un peu de certains éléments de la voiture, notamment sur la partie aéro pour répondre au changement d’orientation du règlement qui a eu lieu en début de l’année passée. On a commencé à rouler un petit peu avec, on continue. Beaucoup de travail nous attend désormais pour arriver au Qatar avec la capacité d’exploiter ce meilleur package qui sera à notre disposition. »
Quelles vont être vos ambitions ?
« Elles restent les mêmes ! Quand tu as la chance de participer à ce championnat et au Mans, avec un tel niveau de compétitivité, tu te dois d’y aller pour faire des résultats et jouer la gagne. »
Vous avez signé une très belle recrue avec Antonio Felix Da Costa. Comment se sont passés les premiers tours de roue? Comment s’intègre-t-il dans l’équipe ?
« Super et c’est facile. J’avais l’impression qu’il avait déjà fait au moins deux saisons avec nous. C’est une des raisons pour laquelle il nous a rejoints. On connaît le garçon depuis longtemps, je l’ai côtoyé en Formule 3. Outre son talent de pilote indéniable et impressionnant, c’est un garçon qui saura s’intégrer à l’équipe et qui a déjà commencé à s’intégrer très rapidement. Il a signé le meilleur temps des Rookie Tests de Bahrein. Son niveau de performance, on le connaît, Antonio va nous tirer vers le haut et c’est ce dont on a besoin. »

