Fabien Lavergne (Duqueine Team / R-Ace GP) : « On ne va le cacher : on a envie d’aller en Pro »

On connaît Fabien Lavergne pour avoir été sacré Champion ELMS en catégorie LMGTE en 2019. Puis le Français a été nommé à la tête de la formation MV2S Racing en tant que Team Manager / Team Principal à partir de la saison 2021. Depuis février 2026, Fabien Lavergne occupe le poste officiel de Directeur Sportif de l’association Duqueine Team et son équipe partenaire R-ace GP. Pour le moment, les résultats sont au rendez vous avec de belles performances en ELMS, aux 24 Heures du Mans en dépit d’un abandon, et une première victoire en LMP3 ELMS. Endurance Live a voulu en savoir plus…

Fabien, entre Duqueine et R-Ace GP, quel a été le point de départ ?

« C’est parti de la collaboration très fructueuse qu’on a eue en LMP3 depuis 2024 quand on a commencé. Il y a eu une vraie symbiose qui s’est créée entre l’équipe Duqueine Automotive, Thibaut de Merindol, le patron de R-Ace GP et Gilles Duqueine. Ils se sont aperçus qu’on était une équipe sérieuse qui faisait les choses bien. Il y a eu une volonté de s’allier pour faire ce programme LMP2. Depuis le début de l’année, toute la partie technique a été déménagée dans les locaux de R-Ace GP à Fontenay-Le-Comte. On démarre cette aventure, ça se met en place, mais c’est un gros défi. On savait que la LMP2 était encore une grande marche par rapport à la LMP3, mais on apprend et petit à petit, on s’améliore. »

Quel est votre rôle ?

« Je suis directeur sportif et, sur les courses, team manager. Je suis en train d’évoluer vers un poste de plus en plus transversal chez R-Ace GP et Duqueine Team, cela veut dire que je m’occupe un petit peu des parties sportives, mais de plus en plus, je vais évoluer vers la monoplace aussi. Le but est d’avoir un rôle transversal dans la société. »

Comment vivez-vous ce nouveau job, cette nouvelle responsabilité ?

« C’est différent. Le métier, au fond, est le même, puisque j’avais déjà fait l’ELMS avec l’équipe, MV2S Racing il y a quelques années et aussi en tant que pilote. Après, la LMP2 est très différente de la LMP3. Je suis team manager pour la LMP3 pour R-Ace GP et la LMP2 avec Duqueine Team. Ce sont vraiment deux métiers différents parce qu’en LMP3, on guide de jeunes pilotes qu’on essaye de faire grandir et qui sont au début de leur carrière. Mais également du staff, des ingénieurs, des mécaniciens qui sont assez jeunes dans l’ensemble, qui arrivent souvent de Michelin Le Mans Cup. En LMP2, on a des profils différents avec des gens plus confirmés qui connaissent bien leur travail. On est plus cantonnés à un rôle d’exécutant de son propre poste car il n’y a pas forcément besoin d’expliquer les choses à un mécanicien qui fait ça depuis 25 ans. On fait des rappels, bien sûr, mais c’est vraiment un rôle différent. »

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Comment s’est passée votre première partie de saison ELMS en LMP2 ?

« L’équipe est toute nouvelle, on ne s’attendait pas à être au niveau des toutes meilleures équipes de LMP2. Certaines écuries exploitent l’Oreca 07 depuis neuf ans maintenant. On avait quelques données de l’ancienne Duqueine Team, mais il a fallu retravailler beaucoup de choses. On savait que ça allait être difficile sur le plan de la performance. On ne se voile pas la face, on sait qu’on n’est pas encore l’équipe la plus rapide, mais je pense qu’on a très bien exécuté les premières courses. L’équipe a fait du super boulot, les ingénieurs, la stratégie, les pilotes. Tout s’est bien aligné pour qu’on arrive à faire ces deux podiums et on était leader du championnat après Barcelone et le Paul Ricard. À Imola, on a eu un peu plus de soucis. Mais dans l’ensemble, je trouve que c’est un bilan très positif. »

Et en LMP3 où vous roulez avec la seule Duqueine du plateau, comment ça se passe ? 

« Au contraire du LMP2, on est arrivé avec beaucoup plus de certitudes en LMP3. On connaît bien la voiture, l’équipe a évolué depuis la Le Mans Cup, on a de très bons éléments. On a fait l’Asian Le Mans Series aussi ce qui nous a permis de faire des erreurs là-bas qu’on n’a pas reproduit en ELMS. Sur les trois premières manches, on a été très souvent les plus rapides. Certains premiers résultats ont été rageants, mais il faut continuer à faire du bon travail et on pense que ça tombera. »

Depuis, c’est « tombé » avec la première victoire de l’équipe à Silverstone en LMP3.

Aux 24 Heures du Mans, vous avez fait une super course avec l’Oreca n°30, vous avez dominé, mais cela ne s’est pas concrétisé. On imagine que ce fut difficile à avaler…

« Complètement. Après, si on est tout à fait lucide, je ne pense pas qu’on aurait gagné. Ce qui a fait notre force était l’homogénéité de notre équipage. Les trois pilotes ont super bien roulé, zéro erreur. Doriane a été très rapide, Richard (Verschoor) a fait du super boulot pour son premier Le Mans et Julien Andlauer a été éblouissant, incroyable, mais on n’a pas été surpris. C’est ce qui a fait qu’à un moment donné, on avait une grosse avance. Malheureusement, c’est le jeu du Mans et de l’endurance, les Safety Cars ont ramené tout le monde. Puis sur la fin, on avait quand même un petit déficit en performance par rapport aux deux voitures Inter Europol. Ensuite, on a eu un souci technique, le frein ne nous a pas handicapés en termes de performance, il a juste cassé d’un coup. On était déjà troisième et je pense que c’est là où on aurait fini. Quelque part, ça nous a aidé un peu à avaler la pilule parce qu’on avait déjà compris qu’on n’allait pas gagner. C’était notre première participation en tant qu’équipe « nouvelle formule ». Une fois le stade de la déception passé, on était fiers de ce qu’on avait fait et je pense qu’on a donné une bonne image de l’équipe. »

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Quelle est la finalité derrière cette association Duqueine Team / R-Ace GP ? 

« On est déjà ravis d’être en LMP2. Il y a deux ans, on démarrait une aventure en Michelin Le Mans Cup au mois de février pour une première course en avril. Déjà, notre objectif est de pérenniser l’activité en LMP3 et LMP2. On essaie de mettre en place vraiment cette filière LMP3, Michelin Le Mans Cup, ELMS, LMP2, une pyramide Endurance en gros comme on peut le faire en monoplace. L’idée est de vraiment consolider tout ça, de performer et gagner dans les prochaines années. Après, on verra s’il y a d’autres choses qui se présentent. On pourra peut-être saisir des opportunités, mais je pense qu’on a encore à grandir. »

Ca veut dire qu’en 2027, ce sera une copie conforme : une LMP3 et l’Oreca 07 en LMP2 en ELMS ?

« C’est l’idée, pour l’instant, on reste sur cette structure. De toute façon, en LMP3 ELMS, il n’y a pas de possibilité d’avoir une autre voiture et on aura deux voitures en Michelin Cup, je pense que c’est très bien. Et on déposera un dossier de candidature pour faire les 24 Heures du Mans. »

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Et au niveau des équipages, c’est encore un peu tôt ?

« Tout est très ouvert. On n’a pas encore vraiment pris de décision. Par contre, je pense qu’on ne peut pas trop le cacher : pour l’instant, on fait du Pro-Am, mais on a envie d’aller vers la catégorie Pro. On est prêt à relever ce challenge. »

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