Richard Verschoor : « J’espère pouvoir faire partie des pilotes WEC McLaren l’an prochain ! »

Après de nombreuses années passées en monoplace, Richard Verschoor découvre cette saison un nouvel univers. Le Néerlandais, engagé avec Duqueine Team en ELMS et aux 24 Heures du Mans, poursuit en parallèle son travail avec McLaren, dont il est l’un des pilotes de développement pour le programme Hypercar. Une nouvelle trajectoire qui pourrait le conduire jusqu’en WEC en 2027.

Richard Verschoor est un habitué de la monoplace. Après un long passage en Formule 2 (cinq saisons dont une 3e place finale en 2025), son arrivée à l’endurance n’était pourtant pas forcément écrit. « C’était une décision prise d’un commun accord avec McLaren (pour qui il est pilote officiel). Lorsque j’ai signé avec aux, ils avaient déjà une idée de l’endroit où ils allaient me placer : m’intégrer au projet Hypercar. » Avec le recul, Verschoor ne cache pas son enthousiasme pour cette nouvelle aventure. « Je suis très heureux qu’ils me donnent cette opportunité de travailler sur ce projet parce que c’est un véritable plaisir, un rêve de piloter une Hypercar. Je ne m’attendais pas à aimer autant. » Ces dernières années, son horizon était pourtant clairement défini. « Je me suis uniquement concentré sur la Formule 2 et la Formule 1. Il n’y avait qu’un seul objectif, un seul plan A, pas de plan B.  Parfois, les choses ne fonctionnent pas pour de nombreuses raisons. »

Dans le cadre de son apprentissage, il a été placé au sein de Duqueine Team en ELMS avant sa « possible » arrivée chez McLaren en WEC. « Je suis très heureux de la confiance que McLaren m’accorde en me permettant de découvrir l’endurance. Avec les essais en Hypercar, il était intéressant d’acquérir de l’expérience en LMP2, en endurance et de participer aux 24 Heures du Mans. Tout est nouveau pour moi. C’est vraiment bien d’avoir fait ça cette année et ensuite, on verra ce que l’avenir me réserve. » L’endurance impose à Verschoor de revoir certaines habitudes acquises en monoplace. Le partage de la voiture avec plusieurs équipiers constitue notamment une nouveauté importante. « J’aime vraiment travailler avec Giorgio (Roda) et Doriane (Pin) en ELMS et Julien (Andlauer), qui nous a rejoints au Mans. Je me suis également très bien entendu avec lui. Bien sûr, certains ont un style de pilotage un peu différent, mais au final, nous devons tous faire des compromis pour obtenir la meilleure voiture possible. C’est une approche différente, mais j’aime.»

© MPS Agency

La LMP2 plus difficile que l’Hypercar

Le changement de catégorie lui a également demandé un temps d’adaptation. Si l’Hypercar lui semble naturelle, la LMP2 lui a posé davantage de soucis. « Honnêtement, en Hypercar, tout me vient assez naturellement. En revanche, je pense que j’ai eu un peu plus de difficultés en LMP2, parce que cette voiture est assez particulière dans la manière de la piloter. » La composition de l’équipe et la découverte des pneumatiques ont également joué un rôle dans cette phase d’apprentissage. « Nous avons pas mal de nouvelles personnes au sein de l’équipe. Doriane est plus récente en LMP2, tandis que Giorgio pilote l’Oreca depuis plus longtemps. J’ai parfois eu le sentiment de devoir trouver la meilleure façon de travailler avec les pneus et d’exploiter au mieux la voiture, cela m’a pris un peu plus de temps que prévu. »

À mi-saison, Richard Verschoor porte un regard lucide sur son programme ELMS avec Duqueine Team. Les résultats sont corrects (4e au championnat à 12 points d’Algarve Pro Racing) , mais le rythme absolu ne lui donne pas encore entière satisfaction. « Je ne peux pas dire que je sois très satisfait parce que, même si les résultats ont été plutôt bons, nous n’avons pas été très performants en termes de rythme. » Le potentiel est supérieur à ce que montrent actuellement les performances de l’équipe. « Nous devrions être beaucoup plus rapides que nous ne le sommes actuellement. Nous sommes toujours un peu en retrait par rapport aux meilleures équipes, et c’est clairement quelque chose sur lequel nous devons tous travailler dur. »

Le Mans, « une longue semaine »

Pour la première fois de sa vie, le pilote de 25 ans a participé aux 24 Heures du Mans. « C’était magnifique, mais une longue semaine. Tout était nouveau pour moi, c’était vraiment sympa. » La présence de Julien Andlauer dans l’équipage lui a également permis de bénéficier d’un guide expérimenté pour cette première. « Le fait de vivre cela avec lui a été très agréable parce qu’il a énormément d’expérience. J’ai vraiment eu le sentiment de pouvoir apprendre beaucoup de choses à ses côtés, notamment grâce à la manière dont il donne ses retours. C’est un pilote très professionnel. » Sur la piste, Duqueine Team a longtemps été en position de jouer la victoire, mais la mécanique en a décidé autrement. « C’est vraiment dommage que les freins aient lâché. Nous avons effectué 21 heures de course, j’ai donc accumulé beaucoup d’expérience et c’est précisément pour cela que je voulais participer. »

Le Mans 2026 © MPS Agency

McLaren : « Nous sommes vraiment là pour gagner »

En parallèle de son programme en LMP2, Richard Verschoor accumule donc les kilomètres au volant de la future Hypercar McLaren. « Ca s’est bien passé pour le moment, nous sommes déjà assez avancés dans le développement de la voiture. L’équipe travaille vraiment très bien ensemble, il y a beaucoup de personnes très professionnelles. United Autosports fait un travail remarquable. Bien sûr, avec McLaren, nous bénéficions également d’un excellent soutien d’ATM et de Dallara. Nous sommes vraiment là pour gagner. » Plus complexe qu’une LMP2, l’Hypercar lui offre davantage de possibilités d’interaction avec la machine. « Comme je l’ai précisé, elle est très agréable à piloter. Il y a énormément de choses qui se passent dans le cockpit, beaucoup plus qu’en LMP2, avec plus de paramètres que l’on peut modifier en roulant. Cela rend les choses un peu plus compliquées mais c’est exactement ce que j’aime. » Le programme de développement va se poursuivre dans les prochains mois avec plusieurs séances d’essais. « Des choses sont prévues pour l’équipe Hypercar et les pilotes actuellement affectés au projet. L’année prochaine, ils participeront au WEC et aux 24 Heures du Mans. J’espère évidemment pouvoir en faire partie. »

Lorsqu’on lui demande si 2027 pourrait également passer par une nouvelle saison en LMP2, le Néerlandais reste prudent. « Il est encore un peu trop tôt pour le dire. Pour le moment, je ne sais pas. » Et sera-t-il pilote WEC à plein temps ? Une décision devrait intervenir prochainement, « je vais donc devoir attendre encore quelques semaines avant de le savoir. »

© McLaren

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