On attaque la seconde partie de la saison. Sur le Circuit des Amériques à Austin (Texas, USA), difficile de prédire qui va pouvoir tirer son épingle du jeu. La piste est bosselée, sinueuse mais rapide. De plus, comme l’an dernier, la météo pourrait venir jouer les trouble-fête.
C’est peut-être l’un des tracés modernes les plus beaux. Assez récent, le Circuit des Amériques (COTA) est sorti de terre dès 2010 et a accueilli sa première course de Formule 1 en 2012. Pour le WEC, il faut attendre 2013. Situé en plein cœur du Texas, ce circuit offre un mélange de plusieurs pistes. Le premier secteur fait penser à Suzuka avec ses esses. Le deuxième est bien plus rapide avec, entre autres, une interminable ligne droite, qui devrait départager les voitures ayant favorisé la vitesse de pointe à celles qui ont tout misé sur les virages. Enfin, le dernier secteur, est un peu plus technique. Le triple droite peut faire penser à l’Istanbul Park : la vitesse de passage y est folle, garder la bonne trajectoire y est primordial, sinon on termine dans la partie sale voire en dehors de la piste. Si le circuit a bénéficié il y a très peu de temps d’un resurfaçage – demandé, entre autres, par les pilotes de Moto GP – les bosses restent assez nombreuses. Pour performer, il faudra donc une voiture capable d’encaisser ces aspérités mais aussi trouver le meilleur compromis entre vitesse de pointe et aérodynamisme. « C’est un circuit agréable à piloter, qui offre un peu de tout : des virages à grande vitesse et un dernier secteur technique » commente le dernier vainqueur des 24 Heures du Mans, Mike Conway (Toyota n°7). « Nous devons travailler d’arrache-pied sur les réglages de la voiture dès le début de la semaine pour être performants sur l’ensemble du tour et en configuration de course. »
Il faudra aussi surveiller le ciel. La pluie était venue perturber le déroulé du week-end l’an dernier. Cela avait donné des scènes assez spectaculaires avec des tête-à-queue de plusieurs concurrents, notamment chez Alpine et Aston Martin. Le vent sera aussi un facteur à prendre en compte. Les rafales sont assez fréquentes dans cette partie des États-Unis. Ces conditions avaient été favorables à Peugeot qui avait obtenu un podium avec la n°94 tandis que la n°93 avait terminé à la 4e position. Cela permet aussi de faire éclore certains talents : Nico Varrone, dans la Porsche n°99, avait trouvé de l’adhérence dans ces conditions délicates et signé le 5e temps des qualifications.
Au niveau des engagés, il n’y a pas de changement majeur par rapport à São Paulo. Comme prévu, Ricky Taylor sera au volant de la Cadillac n°12. Les deux Aston Martin seront confiée à deux duos de pilotes. Enfin, en GT3, on notera le retour de pilotes absents au Brésil : Dudu Barrichello et Nicky Catsburg, retenus par leur programme IMSA. Pour préparer au mieux cette épreuve, plusieurs équipes sont venues en essais comme Genesis ou encore Toyota. « Les données recueillies permettront aux ingénieurs et aux pilotes d’optimiser les réglages et les stratégies pour la semaine de course« , confirme la marque japonaise
Les enjeux au championnat
Lors des premières courses ici, Audi et Porsche se sont départagées les victoires. Il a fallu attendre 2020 pour voir une autre marque remporter l’épreuve : Rebellion. Depuis le retour du WEC en 2024, Porsche et Ferrari se sont imposées ici. Fait notable : Toyota n’a jamais remporté les 6 Heures des Amériques. Si la marque japonaise veut conserver sa première place au championnat constructeurs, il faudra impérativement performer. De même, si Kamui Kobayashi, Mike Conway et Nyck de Vries veulent repasser devant l’équipage de la BMW n°20. Après la contreperformance du Brésil, le trio se retrouve déjà un peu dos au mur. Après un début de saison très bon, et surtout une prestation parfaite au Mans, Toyota devra prouver que São Paulo n’était qu’une course sans.
Du côté des GT3, la Corvette n°33 est en tête du classement par équipes. Avec 74 points au compteur, la voiture américaine dispose de 25 points d’avance sur la Porsche n°92. Théoriquement, la hiérarchie ne devrait pas bouger après les 6 heures de course. Mais attention tout de même : la voiture de The Bend Manthey est redoutable et pourrait récupérer de très gros points en vue de la seconde partie de championnat.
Les derniers vainqueurs
- 2013 : Audi R18 e-tron quattro (Allan McNish, Tom Kristensen et Loïc Duval)
- 2014 : Audi R18 e-tron quattro (André Lotterer, Benoît Tréluter et Marcel Fässler)
- 2015 : Porsche 919 Hybrid (Timo Bernhard, Marl Webber et Brendon Hartley)
- 2016 : Porsche 919 Hybrid (Timo Bernhard, Marl Webber et Brendon Hartley)
- 2017 : Porsche 919 Hybrid (Timo Bernhard, Marl Webber et Brendon Hartley)
- 2020 : Rebellion R13 (Gustavo Menezes, Norman Nato et Bruno Senna)
- 2024 : Ferrari 499P (Robert Kubica, Rbert Shwartzman et Yifei Ye)
- 2025 : Porsche 963 (Matt Campbell, Kévin Estre et Laurens Vanthoor)

