Ford poursuit sa marche forcée au niveau du développement de son Hypercar pour le WEC 2027. Après Paul Ricard et Portimão, le prototype a bouclé près de 1 300 kilomètres à Silverstone en seulement deux jours. Avec l’arrivée prochaine d’une deuxième voiture d’essai et les premiers tests d’endurance programmés, le programme entre désormais dans une phase décisive.
Ford ne veut pas perdre de temps. Après les premiers shakedowns, trois journées à Paul Ricard puis quatre jours consécutifs à Portimão, le nouvel Hypercar américain a poursuivi son développement à Silverstone. Un test particulièrement intéressant pour les ingénieurs, puisque les conditions météorologiques britanniques ont permis de travailler aussi bien sur piste sèche que sous la pluie. « Nous avons eu toutes les saisons en deux jours : des pluies torrentielles et un ciel bleu », explique Dan Sayers, responsable du programme Hypercar de Ford Racing. L’équipe a notamment évalué différents composés Michelin et le comportement de la voiture dans des conditions humides, tout en poursuivant le développement des systèmes de contrôle, de l’hybridation et de la calibration du moteur.
En deux jours, trois pilotes ont parcouru près de 1 300 kilomètres, un bilan jugé particulièrement positif par Ford. Pour Sayers, l’une des avancées majeures concerne d’ailleurs moins la voiture que l’organisation du programme : « l’une des plus grandes avancées que nous avons réalisées concerne en réalité l’équipe. » La capacité à réunir les ingénieurs de Detroit, Charlotte et les équipes opérationnelles européennes commence ainsi à porter ses fruits.
Présent à Paul Ricard et Portimão, Matt Campbell confirme également les progrès réalisés depuis les premiers tours de roue. « Le test de Paul Ricard s’est presque trop bien passé pour une première sortie sur circuit », estime le pilote australien, qui souligne la fiabilité initiale du prototype. Portimão s’est montré plus exigeant avec quatre journées consécutives et de nombreuses heures de travail, mais cette séance a permis d’identifier plusieurs axes de développement. Les systèmes de contrôle et la gestion de l’hybridation font notamment partie des priorités du constructeur.
Matt Campbell se montre également très positif concernant le moteur Ford, développé en interne : « pour moi, le point fort jusqu’à présent est le moteur et les sensations qu’il procure. » La facilité d’utilisation du groupe motopropulseur constitue un élément particulièrement important dans la recherche de performance et de constance sur les longues distances.
Le programme va désormais prendre une nouvelle dimension avec l’arrivée d’une deuxième voiture de test. Jusqu’à présent, Ford travaillait avec un seul prototype sur piste, mais deux voitures seront utilisées à partir de Monza. « À partir de maintenant, deux voitures à chaque test », confirme Dan Sayers. Cette configuration permettra de mener simultanément différents programmes, avec, par exemple, une voiture dédiée aux réglages mécaniques et une autre consacrée aux systèmes de contrôle. « Nous pouvons apprendre deux fois plus, deux fois plus vite », ajoute le responsable du programme. Une évolution majeure alors que Ford approche progressivement de la phase finale de son processus d’homologation.
Les travaux CFD (études par Mécanique des Fluides Numérique) sont déjà largement avancés et les ingénieurs se concentrent désormais sur les derniers éléments susceptibles d’évoluer, notamment certains composants du groupe motopropulseur, les freins et différentes pièces liées à la durabilité. Le constructeur américain va également entrer dans une nouvelle phase avec ses premiers essais d’endurance. Un test est prévu en novembre à MotorLand Aragón, avant un autre rendez-vous majeur à Sebring au début de l’année 2027. Le circuit floridien sera particulièrement important pour éprouver la fiabilité du prototype, Ford considérant Sebring comme un véritable test grandeur nature pour la robustesse de la voiture. Entre les deux rendez-vous, l’équipe poursuivra son travail sur les systèmes et la gestion du groupe motopropulseur.
Malgré les résultats encourageants des premiers essais, Ford reste prudent sur le niveau de performance réel de son hypercar. Dan Sayers refuse notamment de se laisser guider par les chronomètres réalisés lors des séances privées, les conditions de roulage et les programmes étant différents de ceux de la concurrence. « Nous ne sous-estimons pas la quantité de travail nécessaire pour atteindre le niveau des autres concurrents », rappelle-t-il. Le véritable défi consiste désormais à aller chercher les derniers pourcents de performance, ceux qui nécessitent le plus de travail sur les systèmes, la calibration et l’exploitation globale de la voiture.
Ford dispose désormais de ses six pilotes pour son programme Hypercar. Mike Rockenfeller, Seb Priaulx et Logan Sargeant ont été rejoints par Matt Campbell, Nick Yelloly et Tom Blomqvist. Tous ont déjà eu l’occasion de prendre le volant du prototype américain.
La répartition des pilotes entre les deux voitures n’est toutefois pas encore arrêtée. Dan Sayers, responsable du programme Ford Hypercar, explique que la décision sera prise vers la fin de l’année, après le premier test d’endurance. Cette séance permettra notamment d’évaluer les automatismes entre les pilotes et leur capacité à travailler ensemble sur de longues distances.
Autre rendez-vous attendu : le nom définitif de l’Hypercar Ford doit être annoncé dans les prochaines semaines, avant une présentation officielle prévue fin novembre aux États-Unis. D’ici là, le programme va continuer à s’intensifier avec Monza, MotorLand Aragón puis Sebring. Ford avance donc rapidement, mais sans brûler les étapes, avec un objectif clairement affiché : être prêt pour les débuts du constructeur en FIA WEC en 2027.

