Toyota a profité des incidents de fin de course pour s’imposer sous la pression d’Alpine. Cela a fait perdre un doublé à la marque française. BMW a réalisé une course solide avec sa n°15. Bien que discrètes, les Cadillac étaient dans le rythme.
Une victoire sortie de nulle part pour Toyota
L’ascenseur émotionnel a encore joué en WEC. On avait laissé Toyota en larmes à Austin après l’abandon de la n°7 de Nyck de Vries alors en tète et trois semaines plus tard, on retrouve Toyota en liesse avec la victoire de la n°8. Pourtant, on ne pensait pas que Toyota allait pouvoir gagner à domicile. Le rythme des voitures nippones était bien inférieur à celui des Alpine et des Aston Martin. La n°7 a été victime très tôt d’une crevaison lente et a dû rentrer dans les stands pour changer de pneus. La voiture sœur a profité de la dernière voiture de sécurité pour tenter un coup de poker et dépasser de nombreux concurrents. Ryo Hirakawa a parfaitement défendu sa position dans les 20 dernières minutes pour s’imposer. Cette victoire précieuse permet à Toyota de s’envoler à la fois aux classements pilotes et constructeurs. « Avec le dernier incident, je ne pense pas que ce soit une question de chance, mais plutôt de bonnes décisions » partage Sébastien Buémi. « L’équipe a vu que la réparation du rail de sécurité prendrait du temps et nous avons décidé de ne pas mettre assez de carburant dans la voiture. Si elle avait redémarré immédiatement, nous n’aurions pas terminé la course. Mais nous savions que cela prendrait du temps et le fait d’avoir mis trop peu de carburant a permis à Ryo de passer moins de temps aux stands et de sortir plus vite. Mais il fallait évidemment rester en tête. Quand on regarde nos temps moyens en course, je crois que nous étions la cinquième voiture la plus rapide et nous avons réussi à gagner. C’est un énorme succès pour nous car nous n’avions clairement pas le rythme. Nous avons donc gagné grâce à notre stratégie et sans erreurs. On ne peut pas rêver d’une meilleure course et être maintenant en tête du classement général est vraiment spécial après un début de saison comme celui-ci« ,
Un doublé à portée de main pour Alpine
Tout semblait sourire à Alpine. La marque française a été rapide dans toutes les conditions. L’annulation des qualifications a propulsé les deux voitures sur la première ligne. Le rythme en course était excellent et seules les Aston Martin étaient en mesure de rivaliser avec les Bleus. Alors qu’on semblait se diriger vers un doublé pour la marque, une voiture de sécurité tardive est venue tout balayer. Victor Martins dans la n°36 a été héroïque dans les dernières minutes, mais la Toyota n°8 a été trop forte. « C’est un sentiment étrange car on place une voiture sur le podium, on bat notre record de points inscrits en un week-end, mais après avoir placé les deux voitures devant la majeure partie de la course et finalement ne pas gagner, c’est décevant. Le facteur clé a été cette dernière voiture de sécurité. On n’a pas voulu sacrifier l’une des deux voitures alors on a fait rentrer les deux« , analyse Nicolas Lapierre, le directeur sportif.
Une BMW n°15 solide, une n°20 victime d’incidents…
L’annulation des qualifications n’a pas vraiment profité à BMW. La n°20, qui est en lice pour le titre, a démarré depuis la dernière position. Même la n°15 avec une 14e sur la grille de départ pouvait compromettre les chances de bien performer. Les deux voitures avaient un bon rythme mais la n°20 a connu un incident avec une LMGT3, ce qui a causé une crevaison et un changement de sabot arrière. La course était déjà condamnée. De son côté, la n°15 a été très solide et a grimpé dans la hiérarchie au fil de l’épreuve. Elle a profité de la dernière voiture de sécurité pour bien se positionner en vue de l’arrivée. Malgré une bonne défense, Dries Vanthoor n’a pas pu résister longtemps face à l’Alpine n°36. Au final, BMW monte sur la troisième marche du podium et inscrit de gros points. En revanche, le zéro pointé de la n°20 fait mal en vue de l’attribution des titres. « Comme d’habitude, ce fut un week-end difficile ici à Fuji » estime Vincent Vosse, le team principal. « Partir à l’arrière avec les Hypercars nous a mis en difficulté dès le départ. Malheureusement, nous avons eu un accrochage avec la voiture n°20, ce qui nous a fait perdre un tour. Nous avons réussi à remonter, mais l’écart était trop important suite au temps perdu. Grâce à une excellente stratégie de la voiture n°15 et à une superbe performance des pilotes, nous avons finalement décroché la 3e place. Compte tenu de notre position de départ, c’est un très bon résultat.«
De gros points pour Cadillac
C’est une course discrète, mais efficace des Cadillac. Les deux voitures de Detroit ont une nouvelle fois prouvé qu’elles étaient performantes. La n°38 est arrivée 5e et la n°12, 7e. Le rythme était bien présent, mais on aurait pu espérer un peu mieux de ces deux hypercars, notamment de la n°12 qui a reçu une grosse pénalité à la mi-course pour une infraction sous régime de full course yellow. Cela a coûté de nombreuses places à l’équipage Will Stevens / Norman Nato puisqu’ils ont dû exécuter leur drive-through après une relance de course.. « Dans l’ensemble, je pense que nous pouvons être satisfaits de cette 7e place. Nous avons montré de belles choses par moments, mais nous avons aussi connu des difficultés, et avons écopé de quelques pénalités en cours de route. À environ une heure de la fin, il semblait que nous allions nous battre pour la 9e ou la 10e place au mieux ; le fait que nous ayons su tirer parti de certaines erreurs commises devant nous pour décrocher la 7e place montre que si l’on continue de s’accrocher et se battre, on peut remonter. De ce point de vue, c’est positif de repartir avec quelques points, même lors d’une journée difficile. Il nous reste encore quelques détails à peaufiner pour les deux dernières courses de l’année, mais j’espère que nous pourrons continuer à progresser petit à petit et terminer la saison en beauté à Barcelone et à Monza », commente Will Stevens de la n°12.

