BMW, une première partie de saison en fanfare

La saison 2026 n’a décidément rien à voir avec les deux précédentes. Alors que plusieurs constructeurs souffrent comme Peugeot, Toyota, lauréate au Mans mais loin au Brésil, BMW a fait un sacré bond dans cette première moitié de saison.

En 2026, BMW et ses M Hybrid V8 ont clairement franchi une marche. À l’instar de nombreuses marques (seules Peugeot et Ferrari roulent avec la même auto que l’an dernier), la marque bavaroise a apporté en 2026 une évolution et cette dernière est bien plus visible que celle de l’an dernier qui changeait principalement de fournisseur de freins. Le refroidissement, comme la circulation de l’air qui en découle ont été revus, ce qui a amené une nouvelle face avant. Si Imola semblait dans la continuité de l’an dernier, avec des alertes fiabilité durant le prologue et les essais (une casse moteur entre autres, et la numéro 15 qui a peu roulé), et des résultats certes présents, mais néanmoins discrets (5ème place pour la n°20 de Frijns et Rast, 7ème pour la n°15 de Magnussen, Marciello), la manche dans les Ardennes Belges a donné une toute autre direction.

Depuis mai on compte : un doublé savamment construit à Spa Francorchamps (la n°20 devant la 15), une pole position aux 24 Heures du Mans suivie d’une seconde place pour la 20, et enfin, une superbe victoire en terres brésiliennes pour la 15 (8e place pour la numéro 20). C’est évidemment un Vincent Vosse, ravi, qui s’est exprimé à l’issue de la course : « Nous avons passé un excellent week-end et une grande course, ici au Brésil, où nous remportons notre deuxième victoire FIA WEC de l’année. C’était une course sans faille de la part des pilotes et des gars dans les stands et la voiture était forte. Je pense que ça a l’air bien pour le Championnat Constructeurs, comme pour les Pilotes. Malheureusement, il y a eu un contact avec Robin (Frijns) à la fin, mais je pense qu’il a donné assez d’espace pour la Ferrari (il sera finalement pénalisé perdant deux places au passage) »

© DPPI / FIA WEC

Des résultats, et ce dans les deux catégories (2e place de la n°69 en LMGT3), voilà qui correspond parfaitement aux standings que l’on connaît du team WRT. Il faut aussi et surtout retenir la parfaite exécution des pilotes à commencer par Kevin Magnussen, auteur d’un excellent relais en début de course. Il gagne à Interlagos après avoir signé la pole position en F1 il y a plusieurs années (2022). « Je suis incroyablement heureux pour tout le monde. La voiture était tout simplement fantastique. Aujourd’hui, la BMW M V8 hybrid était l’une des voitures les plus rapides et un plaisir à conduire. La stratégie était parfaite, les arrêts aux stands aussi. Tout a fonctionné aujourd’hui. Mes deux coéquipiers ont fait un excellent travail. C’est pourquoi je suis ravi d’avoir enfin pris cette victoire. Cela a pris beaucoup de temps, mais maintenant nous l’avons enfin fait. » Oui, la BMW était l’une des plus rapides, c’est indéniable, mais pas LA plus rapide.

© DPPI / FIA WEC

Si, bien que gardée secrète, le BOP est toujours présente, gageons que le joker Evo, ainsi que la connaissance de l’auto, ont apporté beaucoup de bien au regard de la constance des performances depuis le début de saison. Raffaele Marciello, souligne un troisième élément clé, voire même un troisième pilier, signe d’une progression de l’équipe que l’on peut aisément imaginer sur la durée. « C’est un sentiment incroyable. Il y a trois ans, nous sommes partis de loin, et maintenant, cette année, les choses vont très bien pour nous avec la n°15, la n°20, et pour BMW M Motorsport. Nous devons continuer à travailler dur, mais je pense que nous avons une grande équipe. Nous travaillons très bien ensemble. Nous continuerons à tout donner. Aujourd’hui est un grand jour. » Même son de cloche du côté du poleman des 24 Heures du Mans et vainqueur hier, Dries Vanthoor, qui, comme ses coéquipiers, signe sa première victoire au général en WEC (hors Le Mans). « Je suis super heureux. BMW M Team WRT qui a fait un excellent travail aujourd’hui. La stratégie était fantastique, la voiture phénoménale pendant la course. Cela a pris beaucoup de temps, nous avons travaillé très dur pour y parvenir, c’est tellement agréable. Un grand merci à tous ceux qui travaillent derrière les écrans et à l’usine. »

Il faut retenir le « nous travaillons bien ensemble ».  Ces deux dernières années, plusieurs bruits de couloirs faisaient état d’une communication difficile entre BMW, WRT et RLL en IMSA. Les trois entités semblaient peiner à s’entendre sur les rôles de chacun. C’était encore plus visible quand on regardait la situation de WRT dans d’autres championnats où les résultats étant probants et visibles. C’est la première année en Hypercar où l’on voit un WRT aussi audacieux sur le plan stratégique et, comme dans les autres séries où le team Belge est engagé, cela porte ses fruits. Preuve de la confiance de la marque de Munich, WRT gère désormais le WEC et l’IMSA et là aussi cela porte ses fruits avec trois podiums dont une 2e place à Detroit. On attend la 2e partie de l’année avec impatience, mais BMW est clairement un prétendant aux titres !

© Julien Delfosse / DPPI

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