Si Peugeot a brillé lors des qualifications avec la n°94, la course a été plus difficile pour les deux 9X8. Cadillac grappille les points de la 8e place malgré un effectif réduit. BMW a été solide malgré des problèmes de fiabilité en début de week-end. L’Aston Martin Valkyrie confirme ses progrès.
Il y a du progrès chez Aston Martin. Très en retrait l’an passé sur ce circuit pour sa 2e course, la marque britannique a trouvé de la performance. Preuve qu’en un an la voiture a progressé. Les deux Valkyrie ont produit une course très propre sans erreur majeur. La n°009 a juste connu un coup de moins bien dans la seconde partie de l’épreuve, ce qui lui a valu de perdre de précieuses positions : elle a passé la ligne 14e. En revanche, la n°007 a été en forme avec une 9e position à l’arrivée. « C’est génial, vraiment super. J’ai travaillé très dur cet hiver sur moi-même et l’équipe a apporté un nouveau niveau de sérénité ce week-end » commente Harry Tincknell. « Nous avons recruté du personnel aux bons postes et nous nous sommes consolidés, et il est certain que le comportement de la voiture s’est amélioré cet hiver grâce à tout le travail que nous avons accompli. C’est un circuit terrible pour nous, pour être honnête, avec les vibreurs et les zones à faible adhérence, donc il y a de quoi être très confiant pour la suite. En course, avec les pneus tendres, l’usure était vraiment bonne, le rythme plutôt bon. Le plus gros problème qu’on a eu aujourd’hui était de se retrouver coincés derrière d’autres voitures, mais ce n’est jamais une mauvaise chose ! On est à des années-lumière de la même période l’année dernière, et comme je le disais, dès qu’on ira sur d’autres circuits, j’espère qu’on pourra s’amuser encore plus ! »
À noter qu’Aston Martin a manqué de roulage lors du Prologue. Lors de la session matinale, Marco Sorensen dans la n°009 est violemment sorti de la piste, ce qui a détruit la Valkyrie. Pour la course, un tout nouveau châssis a été utilisé. Le pilote, qui est passé par le centre médical pour des examens, n’a pas été blessé.
Cadillac était venu avec un effectif réduit à Imola. Alex Lynn (n°12) était absent suite à une opération du cou et l’équipage de la n°38 n’était composé que de Sébastien Bourdais et d’Earl Bamber, Jack Aitken étant à Long Beach. Les voitures américaines n’ont pas trop été remarquées lors de ce week-end italien. Hormis quelques actions en piste ici et là, elles n’ont pas spécialement brillé, mais cela reste mieux que l’an dernier (discrète 10e place). Toutefois, la n°38 est parvenue à inscrire les points de la huitième position. En revanche, la n°12 a terminé en dehors du top 10, à la 13e place, à un tour de la Toyota n°8 victorieuse.
« Nous savions dès le départ que cette course ne serait pas facile, surtout en partant en fond de grille » avoue Sébastien Bourdais « Le peloton est tellement compétitif que les dépassements sont extrêmement difficiles ici, et nous l’avons constaté tout au long de la course. Même Earl, qui est généralement très à l’aise dans le trafic, s’est retrouvé coincé derrière des voitures et n’a pas pu progresser beaucoup. Pour nous, l’objectif était donc simplement de tenir le coup, d’effectuer une course sans faute et de veiller à ne pas commettre d’erreurs. Dans une course assez linéaire où personne ne perd vraiment de terrain ni n’abandonne, il est difficile d’espérer mieux qu’une 8e place aujourd’hui. Le peloton est tellement serré, tout le monde semble avoir un rythme et une dégradation des pneus très similaires, donc les opportunités sont limitées. C’est pourquoi c’est vraiment dommage pour la voiture sœur, car elle semblait très performante et était en lice pour un fantastique résultat sur le podium. Pour nous, l’important est de continuer à apprendre avec le nouveau kit aérodynamique, mieux comprendre ces nouveaux pneus et continuer à affiner nos réglages. Si nous parvenons à partir plus haut sur la grille, il semble que nous pourrions tenir notre rang et nous battre pour le podium. »
Peugeot avait fait rêver le public français en qualifications. Le jeune Malthe Jakobsen (n°94) a fait des merveilles en signant le quatrième temps à moins d’un dixième de la pole position. De gros espoirs ont été placés sur cette voiture. Mais en course, cela a été plus difficile puisque Loïc Duval a très vite perdu deux positions. Au fil de la course, la 9X8 semblait souffrir et n’a pu faire mieux qu’une 12e place. « Je vais me satisfaire de ma bonne performance en qualifications et puis on va regarder vers Spa-Francorchamps« , indique le pilote danois.
Pour la n°93, cela a été encore plus difficile puisque la voiture est passée à côté de ses qualifications avec seulement le 15e temps. Paul Di Resta a gagné une place dans le premier tour, puis une autre après son premier arrêt au stand. La n°93 évoluait en 12e position après deux heures. Mais au moment de passer le relais à Nick Cassidy, la 9X8 a perdu un temps considérable car le Néo-Zélandais s’est fait piéger par les gommes froides. Il a terminé dans le gravier et a dû être remorqué. « Ce n’est pas le début de course que j’espérais à Imola. J’ai fait un tête-à-queue dans mon outlap et ça a compromis la suite de mon relais. C’est frustrant car on aurait pu faire un meilleur résultat« , regrette-t-il.
BIlan : une 16e place pour cet équipage. Un résultat qui n’a pas été apprécié par Emmanuel Esnault, le team principal. « C’est un résultat décevant car nous n’avons pas concrétisé en course les bons résultats démontrés en qualifications. Il va falloir analyser, en termes de performance et de stratégie, pour comprendre ce qui s’est passé. On a beaucoup de travail et l’équipe reste pleinement mobilisée et concentrée sur les échéances à venir, à commencer par Spa-Francorchamps.«
BMW aurait pu passer une très mauvaise semaine. La marque bavaroise a loupé une très grosse partie du roulage en raison de différents problèmes de fiabilité (changement de moteur sur la n°15) : un point qui a déjà fait défaut aux hypercars exploitées par l’équipe WRT de Vincent Vosse. Malgré cela, les n°15 et n°20 ont été dans le rythme à Imola, tout comme l’an dernier où la n°20 avait obtenu un podium. Cette année, le résultat est un peu moins plaisant même si la voiture partagée par Robin Frijns et René Rast est arrivée à la 5e place. « Avec cette cinquième place, nous avons obtenu un bon résultat et des points importants pour le championnat. Malheureusement, nous avons écopé d’une pénalité de passage aux stands pendant la course. À ce moment-là, nous étions devant la Toyota qui a finalement terminé sur le podium. Sans cette pénalité, nous aurions certainement pu faire mieux. Mais pour cela, il faut une course parfaite, et malheureusement, nous n’y sommes pas parvenus aujourd’hui. Nous devons progresser, éliminer les erreurs et gagner en rythme. Globalement, c’était la première course de la saison avec un nouvel équipage. Nous devons encore apprendre à nous connaître, mais nous avons certainement beaucoup appris« , indique René Rast.
La BMW n°15 partagée par Raffaele Marciello et Kevin Magnussen est arrivée au 7e rang. « Ce fut une longue course avec seulement deux pilotes, mais nous avons quasiment exploité au maximum le potentiel des deux voitures. Je pense que nous avons commis une petite erreur de choix de pneus lors de mon relais. Sans cela, la quatrième place aurait été à notre portée« , estime Raffaele Marciello.

