À l’occasion des Classic Days, organisés à Magny-Cours en avril dernier, Jean Ragnotti est revenu sur son passé aux 24 Heures du Mans. Le Tricolore a aussi dévoilé l’identité des trois hommes avec qui il aurait aimé courir.
Jean, nous sommes ici aux Classic Days. L’invité d’honneur est Derek Bell, un pilote que vous avez bien connu…
« Effectivement, aux 24 Heures du Mans, on a couru ensemble chez Renault. Lui était sur une des jaunes et moi j’avais la Calberson avec Guy Fréquelin (4e en 1978). »
Vous avez pu participer à cette édition grâce à vos exploits…
« Renault avait effectivement engagé une troisième voiture au Mans pour nous remercier du résultat du Monte-Carlo 1978 ; je gagne en Groupe 2 et Fréquelin est arrivé 2e. Nous étions dans une voiture de 1977. On avait comme consigne de ne pas être trop violents : aller vite sans prendre trop de risques. On était un peu la roue de secours. Si les autres avaient de gros ennuis, on pouvait sauver la course, c’est ce que l’on a fait. »
Conduire sur circuit vous changeait beaucoup du rallye ?
« Oui, on est moins en travers. Au niveau amusement, c’est vrai que les 360° que j’ai fait ces 15-20 dernières années c’était plus rigolo mais par contre, faire un très bon chrono et être dans le coup dans la victoire au Mans… Pour moi, Le Mans est une très grande course que j’ai adorée. Quand on voit que sous la pluie ou sur un tour, on peut aller aussi vite que des gars qui ont gagné, ce n’est pas désagréable. »
Y avait-il une complémentarité entre le rallye et le circuit ?
« Il fallait déconnecter un peu quand on venait du rallye. Il fallait oublier le rallye car si on y pensait trop, on allait dégrader les pneus et les freins plus vite. Il fallait changer d’optique. »
Si vous aviez l’opportunité de prendre n’importe quelle voiture et l’équipage que vous souhaitez pour refaire les 24 Heures, quel serait votre choix ?
« Je dirais la Ferrari 499P. Ferrari est revenue après une absence très longue et d’entrée ils ont gagné trois années de suite. La performance de ces dernières années m’a beaucoup impressionné, donc je prendrais cette voiture. En coéquipiers, j’ai quand même roulé avec l’un des spécialistes du Mans, Henri Pescarolo. En 1980, on avait fait la pole position avec la Rondeau et on a été en tête jusqu’à 1h du matin. Mais le moteur a lâché, sinon on aurait pu gagner.
En deuxième, il y a un gars que je côtoie souvent et qui a gagné au Mans et en Formule 1, c’est Jacky Ickx. C’est une personne incroyable, très sympathique. On arrive plus facilement à trouver des gars sympas que des personnes pas agréables. Heureusement ! Enfin, si je pouvais en choisir un troisième, ce serait Tom Kristensen. Il est hyper sympa. Je ne l’ai vu qu’une fois ou deux dans ma vie et à chaque fois, on s’est très très bien entendus. J’étais très heureux de le rencontrer et de discuter avec lui. »

