GT World Challenge Europe 2026 : une première moitié de saison sous haute tension

Six manches, des centaines de kilomètres parcourus et une lutte toujours aussi serrée : le GT World Challenge Europe powered by AWS 2026 a déjà offert un spectacle de premier plan. À mi-saison, le championnat organisé par le SRO Motorsports Group tient toutes ses promesses avec des batailles intenses, des stratégies audacieuses et plusieurs prétendants sérieux aux différents titres. Avant d’aborder les épreuves qui feront basculer la saison après la pause estivale, Endurance Live dresse un premier bilan de l’exercice 2026.

Le GT World Challenge Europe powered by AWS n’a pas attendu pour tenir ses promesses. Après six rendez-vous disputés sur les dix inscrits au calendrier, la saison 2026 offre un scénario particulièrement ouvert. Les traditionnelles confrontations entre Mercedes-AMG, BMW, Porsche et Ferrari ont laissé place à une hiérarchie mouvante, où les stratégies, la fiabilité et la régularité comptent souvent autant que la vitesse pure.

Avec ses formats sprint et endurance, le championnat impose une polyvalence rare. Il faut être performant sur une heure à Brands Hatch ou Misano, mais également capable de tenir la distance lors des grandes épreuves d’endurance. Et c’est précisément cette complémentarité qui explique la situation actuelle aux classements.

Circuit Paul Ricard (Endurance Cup) : Aston Martin frappe d’entrée dans le Var

La saison a commencé sur une note spectaculaire au circuit Paul Ricard. Alors que les favoris semblaient se diriger vers une bataille classique entre les grandes équipes d’usine, Comtoyou Racing est venu déjouer les pronostics.

L’Aston Martin Vantage AMR GT3 EVO n°7, confiée à Nicki Thiim, Marco Sørensen et Mattia Drudi, a attendu les sept dernières minutes pour s’emparer de la tête. Le dépassement décisif de l’Aston sur la Mercedes-AMG de Lucas Auer est intervenu à moins de dix minutes de l’arrivée, offrant à Aston Martin une victoire aussi inattendue que prestigieuse.

Brands Hatch (Sprint Cup) : Ferrari répond présent

Trois semaines plus tard, le championnat changeait complètement de physionomie avec le début de la Sprint Cup à Brands Hatch sans les équipages Bronze.

Le premier rendez-vous de l’année de la Sprint Cup a souri à AF Corse. Arthur Leclerc et Thomas Neubauer ont remporté la première course au volant de la Ferrari 296 GT3 EVO n°50. Arrivés deuxièmes au damier, les pilotes de la n°50 ont bénéficié de la pénalité infligée à la Mercedes-AMG GT3 EVO n°3 Team Verstappen Racing.

Le week-end britannique a également confirmé les ambitions de Lionspeed GP (Porsche). Après avoir dominé les qualifications, la Porsche 911 GT3 R EVO n°80 s’est imposée dans la deuxième course. Ferrari et Porsche ont envoyé un message clair : la saison ne serait pas un duel entre Mercedes-AMG et BMW.

Monza (Endurance Cup) : Audi crée la surprise

Le troisième rendez-vous, à Monza, a une nouvelle fois bouleversé les certitudes. On se souviendra longtemps de l’accrochage de 10 GT3 au premier virage après le départ et l’élimination de nombreux prétendants à la victoire finale.

Tresor Attempto Racing a offert à Audi une victoire majeure au général avec la R8 LMS GT3 EVO II n°66 de Rocco Mazzola, Sebastian Øgaard et Ariel Levi. Le trio engagé en Silver Cup a devancé plusieurs équipages Pro, dont la Mercedes-AMG n°48 de Lucas Auer, Luca Stolz et Maro Engel.

Cette victoire est particulièrement révélatrice de la densité du championnat. La hiérarchie ne repose pas uniquement sur les constructeurs officiellement engagés au plus haut niveau : les équipes privées et les programmes clients sont parfaitement capables de profiter de la moindre erreur des favoris.

© SRO / JEP

CrowdStrike 24 Hours of Spa (Endurance Cup) : Porsche frappe un grand coup

Le moment fort de cette première moitié de saison reste incontestablement les CrowdStrike 24 Hours of Spa.

L’épreuve reine du calendrier a été remportée par Lionspeed GP. Ricardo Feller, Thomas Preining et Bastian Buus ont conduit la Porsche 911 GT3 R EVO n°80 jusqu’à la victoire après un scénario particulièrement spectaculaire.

La course semblait quasiment compromise pour cette Porsche n°80 avant même le départ. À la suite d’un changement de moteur, la n°80 devait partir depuis la voie des stands. Cela n’a pourtant pas empêché l’équipage de remonter progressivement dans le classement avant de décrocher l’une des victoires les plus retentissantes de l’année.

Pour Porsche, cette victoire a marqué son retour au plus haut niveau dans l’exercice du double tour d’horloge belge. La marque allemande n’avait plus gagné la plus grande course GT du monde depuis son succès en 2020 avec le Rowe Racing et le finish légendaire de Nick Tandy sous des trombes d’eau et une boîte de vitesse à deux doigts de casser.

Il faudra souligner la très bonne performance de la Ferrari 296 GT3 EVO n°51 d’Alessio Rovera (poleman), Tommaso Mosca et de Nicklas Nielsen, l’équipage aurait pu s’imposer si les pénalités avaient été évitées…

Misano (Sprint Cup) : Team WRT reprend le contrôle

Après Spa, la Sprint Cup retrouvait ses habitudes à Misano. Et cette fois, Team WRT a véritablement frappé fort.

Charles Weerts et Kelvin van der Linde ont réalisé un week-end parfait avec la BMW M4 GT3 n°32, remportant les deux courses. La première victoire a notamment permis à Charles Weerts d’égaler le record de 19 succès en Sprint Cup, avant qu’il ne devienne ensuite le pilote le plus victorieux de l’histoire de la discipline avec sa 20e victoire.

Cette domination italienne a propulsé le duo en tête du classement général de la Sprint Cup avant le meeting de Nevers Magny-Cours.

© SRO / JEP

Magny-Cours (Sprint Cup) : le championnat se resserre

Quelques semaines plus tard, à Magny-Cours (Nevers), le Team WRT alors en tête du championnat Sprint Cup a connu un week-end beaucoup plus compliqué.

La BMW M4 GT3 EVO n°32 a notamment dû se contenter de la septième place lors de la première course après une qualification en dessous des attentes de l’équipe belge. Le lendemain, alors que Kelvin van der Linde avait signé la pole, ses temps ont été annulés pour une infraction technique liée à la pression de suralimentation du moteur. Parti loin dans le peloton, le Sud-Africain a finalement abandonné après un contact.

Dans le même temps, l’équipe Mercedes-AMG Team Verstappen Racing a décroché sa première victoire en GT3 avec Daniel Juncadella et Jules Gounon. Ferrari, avec Arthur Leclerc et Thomas Neubauer, a terminé deuxième, tandis que Comtoyou Racing a offert à Aston Martin son premier podium Sprint Cup depuis sept ans.

Les conséquences du revers subi par la BMW n°32 du Team WRT est sans appel, l’avance de Charles Weerts et Kelvin Van der Linde au classement Sprint Cup s’est réduite à seulement 2,5 points d’avance sur le duo de la Porsche n°80, Ricardo Feller et Bastian Buus. Suivent en embuscade au classement, Daniel Juncadella (Mercedes n°3) avec 44,5 points et l’équipage de la Ferrari n°50 Arthur Leclerc et Thomas Neubauer avec 41 points.

Mercedes-AMG, la régularité en ligne de conduite

Si une marque peut tirer un bilan particulièrement positif de cette première partie de saison, c’est Mercedes-AMG.

Lucas Auer et Maro Engel (Mercedes-AMG GT3 EVO n°48) occupent actuellement la tête du classement général (sprint et endurance) des pilotes avec 114,5 points chacun. Leur force est leur remarquable régularité : ils ont réussi une performance rare, finir deuxième des trois premières courses d’Endurance Cup de la saison, au circuit Paul Ricard, au CrowdStrike 24 Hours of Spa et à Monza.

Luca Stolz, troisième membre de l’équipage de la Mercedes-AMG n°48, partage également cette première place au classement général de l’Endurance Cup avec un total de 74 points.

Derrière eux, Ricardo Feller et Bastian Buus pointent à 77 points au classement général (sprint et endurance) grâce notamment à leur victoire aux CrowdStrike 24 Hours of Spa. Charles Weerts et Kelvin Van der Linde suivent avec 74 points, ce qui illustre parfaitement la particularité de ce championnat : une domination en Sprint Cup ne suffit pas pour espérer décrocher le titre pilotes « overall » en fin de saison.

BMW, Porsche et Ferrari toujours dans le jeu

Au classement des constructeurs, Mercedes-AMG possède également une longueur d’avance. Mais Porsche reste à portée de tir, devant Ferrari et BMW. La lutte entre les quatre marques apparaît donc particulièrement ouverte.

BMW peut notamment compter sur Team WRT, toujours redoutable en Sprint Cup. Porsche a démontré à Spa qu’elle était capable de gagner la plus importante course du calendrier dans des circonstances extrêmement difficiles. Ferrari, de son côté, a régulièrement occupé les avant-postes grâce à AF Corse.

Quant à Audi, sa victoire à Monza prouve qu’elle demeure capable de jouer les trouble-fêtes lorsque les circonstances lui sont favorables.

© SRO / JEP

Une deuxième moitié de saison prometteuse

Après six manches sur dix, le championnat est donc loin d’être acquis pour les pilotes, équipes et constructeurs engagés.

En Sprint Cup, Charles Weerts et Kelvin Van der Linde restent les hommes à battre en Sprint Cup, mais leur avance acquise avant le meeting de Magny-Cours démontre une nouvelle fois le niveau très élevé du championnat et qu’il est obligatoire d’être régulier. Daniel Juncadella, troisième pilote au championnat Sprint Cup avec 44,5 points, reste à en lice pour le titre tandis que le duo Ricardo Feller/Bastian Buus demeure lui aussi dans la course.

En Endurance Cup, en revanche, Mercedes-AMG possède une position nettement plus confortable : Lucas Auer, Maro Engel et Luca Stolz occupent les trois premières places avec 74 points, devant les équipages Aston Martin, McLaren et Porsche.

La suite du calendrier offrira justement aux prétendants aux titres l’occasion de redistribuer les cartes. Le Nürburgring, Zandvoort, Barcelone et enfin Portimão sont encore au programme :

Nürburgring (Endurance Cup) : 28-30 août 2026

Zandvoort (Sprint Cup) : 18-20 septembre 2026

Barcelone (Sprint Cup) : 2-4 octobre 2026

Portimão (Endurance Cup) : 16-17 octobre 2026

Tous les classements « pilotes » sont disponibles ICI.

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