Pour sa première saison en FIA WEC avec Akkodis ASP et Lexus, Hadrien David revient sur son apprentissage en LMGT3, la gestion du trafic avec les Hypercars et les progrès réalisés au fil des courses. Le pilote français espère poursuivre l’aventure en 2027 et vise déjà un objectif majeur : remporter les 24 Heures du Mans.
Après cette première saison en WEC, qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans la gestion d’une course d’endurance ?
« Il y a eu beaucoup d’apprentissage et de choses différentes par rapport à ce que j’ai connu en monoplace et en prototypes. Déjà, les courses sont très longues. En six heures, beaucoup de choses peuvent se passer. On peut être en tête pendant deux heures et finalement terminer dernier. Il faut donc toujours essayer de survivre et rester dans le même tour que le leader. Stratégiquement, on peut encore s’en sortir si on n’a pas été doublé par un tour. C’est une nouveauté pour moi, car j’ai toujours pensé qu’il fallait être en tête du premier au dernier tour. En endurance, ce n’est pas forcément le cas. Avec les arrêts aux stands, les pneus neufs et les stratégies de ravitaillement, tout peut changer. Il y a aussi la gestion des coéquipiers. C’est la première fois que je roule avec deux équipiers, avec des changements de pilotes qui ne sont pas toujours évidents. Nous n’avons jamais eu de problème lors des arrêts aux stands, mais cela reste une nouveauté. J’ai également beaucoup appris auprès de José María López. C’est une machine, cinq fois champion du monde (3 fois en WTCC et deux en WEC lors des saisons 2019-2020 et en 2021). C’est un privilège de pouvoir évoluer à ses côtés, même si nos résultats ne sont pas encore à la hauteur de nos espérances. »
En LMGT3, vous devez gérer le trafic avec les Hypercars tout en poursuivant votre propre course. Comment abordez-vous ces situations ?
« C’est aussi une nouveauté pour moi, car j’ai toujours été dans les voitures les plus rapides. Même l’année dernière en Le Mans Cup, avec des LMP3 plus rapide que les GT. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Je dois laisser passer les Hypercars sans perdre trop de temps, tout en restant concentré sur ma course. Le plus compliqué, ce sont les freinages, car les Hypercars freinent parfois assez tôt et nous disposons de l’ABS, contrairement à elles. Il arrive donc que nous soyons surpris et que les situations deviennent très proches du contact. Lorsque plusieurs Hypercars arrivent en groupe, c’est encore plus délicat. Elles sont beaucoup plus rapides que nous dans les virages rapides et nous devons anticiper leurs trajectoires. En plus de nous concentrer sur notre propre course, nous devons aussi faire attention à la leur pour éviter les incidents. »
Sur quels aspects estimez-vous avoir le plus progressé cette saison ?
« Je suis toujours en apprentissage et je pense qu’un pilote n’arrête jamais d’apprendre. C’est une chance énorme de travailler avec José María López. Il a vingt ans de plus que moi et énormément d’expérience. C’est intéressant de regarder ce qu’il fait, notamment dans la gestion de la dégradation des pneus et des performances au fil des tours. Je pense avoir beaucoup progressé, même si cela ne se voit pas forcément dans les résultats entre le début de saison et aujourd’hui. Je suis convaincu que, lorsque les planètes vont s’aligner, nous pourrons vraiment briller. Nous avons tout pour y parvenir. Nous traversons une période difficile depuis Le Mans, avec quatre courses compliquées. J’espère que nous terminerons sur une bonne note à Monza car ce circuit devrait davantage nous correspondre sur le papier. »
Qu’est-ce que cette première saison en LMGT3 peut vous apporter pour 2027 ?
« Je serai un pilote beaucoup plus complet, avec davantage de confiance et de maîtrise. Sur un tour, je ne pense pas avoir progressé en vitesse pure, mais sur les longs relais, je pense être devenu beaucoup plus complet. Il reste encore beaucoup de travail à accomplir. Je devrais rester Silver et conserver un rôle qui me permettra de disputer les qualifications, de me montrer si je peux renouveler mon engagement en WEC avec Toyota. Je tiens vraiment à remercier Jérôme Policand et Toyota Racing car c’est principalement grâce à eux que j’ai pu disputer cette saison WEC. J’espère que ce sera le début d’une belle et longue aventure. Pour ma première participation aux 24 Heures du Mans, nous avons failli gagner cette année. J’espère que nous pourrons remettre cela l’année prochaine. »
L’objectif pour 2027 est donc de rester avec Toyota et de viser la victoire au Mans ?
« Espérons que je reste dans le giron Toyota et que, cette fois-ci, nous puissions viser la victoire aux 24 Heures du Mans plutôt que la deuxième place. »

