À l’approche de ses débuts en Championnat du monde d’endurance, McLaren entre dans une phase importante de la préparation de sa MCL-HY. Développement technique, homologation, ambitions sportives et constitution des équipages : James Barclay a détaillé les différents enjeux du programme britannique.
Le compte à rebours est lancé pour McLaren. Après plusieurs mois de développement et d’essais, le constructeur britannique approche progressivement de ses débuts en Hypercar. La MCL-HY entre dans la dernière partie de son programme de mise au point, tandis que l’équipe travaille sur les derniers détails avant son homologation.
Lors d’une rencontre avec les médias, James Barclay a abordé les différents chantiers du projet, des choix techniques aux ambitions sportives, sans oublier la constitution de l’effectif de pilotes.
McLaren a jusqu’ici privilégié une approche progressive en utilisant une seule voiture de développement. Un choix assumé par James Barclay, qui souhaitait valider les différents composants avant de s’engager dans une organisation avec deux prototypes. « Nous avons utilisé la même voiture de développement depuis le début. C’était notre stratégie : valider et finaliser les pièces avant de nous engager dans le fonctionnement avec deux voitures. »
Deux séances d’essais restent programmées avant la fin de l’année. La prochaine doit se dérouler au Paul Ricard, avant un ultime rendez-vous sur un circuit européen. Ces roulages permettront notamment de réunir les six pilotes et de poursuivre le travail sur les deux voitures. Sur le plan technique, le programme approche de l’homologation. Les grandes orientations aérodynamiques sont définies et les évolutions portent désormais sur des ajustements plus fins. Le groupe motopropulseur fait également l’objet d’un travail de mise au point, notamment pour améliorer sa facilité d’exploitation. « Il n’y a plus de changements fondamentaux concernant l’aérodynamique. Sur le groupe motopropulseur, nous sommes maintenant dans une phase de réglages fins. »
La priorité reste désormais la fiabilité. McLaren ne souhaite pas compromettre la robustesse de sa voiture en cherchant à tout prix les derniers gains de performance avant ses débuts en compétition.
McLaren ne cache pas ses ambitions. Le constructeur britannique ne revient pas en endurance pour simplement compléter la grille. L’objectif est de construire une équipe capable de se battre pour les podiums et les victoires. James Barclay reste toutefois prudent. Avec neuf constructeurs annoncés en Hypercar, le niveau de compétition sera particulièrement élevé. McLaren devra notamment affronter des équipes qui disposent de plusieurs années d’expérience sur les circuits du championnat.
La connaissance des tracés, la gestion des pneumatiques sans couvertures chauffantes, les procédures de course et les outils stratégiques constituent autant de domaines dans lesquels le nouvel arrivant devra progresser. « Nous devons aller plus vite que nos concurrents pour combler notre retard. Si nous roulons au même rythme qu’eux, nous ne rattraperons pas l’écart. »
Le responsable britannique évoque notamment la difficulté de découvrir des circuits sur lesquels les équipes établies ont déjà accumulé plusieurs saisons de données et d’expérience. Il considère donc la première campagne comme une étape d’apprentissage, sans pour autant renoncer aux ambitions sportives. « Nous ne sommes pas là simplement pour participer. Nous voulons réussir. Mais nous savons également que nous allons affronter le plus haut niveau de compétition. »
Interrogé sur les futures réglementations à l’horizon 2030, James Barclay estime que la catégorie actuelle dispose de bases solides. L’arrivée de nombreux constructeurs témoigne, selon lui, de l’attractivité retrouvée de l’endurance. Il appelle à préserver cet équilibre et à éviter une réglementation trop complexe ou trop coûteuse. « Il faut que le modèle économique soit viable pour les équipes et les constructeurs. Le retour sur investissement, le budget et le contenu technique de la voiture doivent être cohérents avec les coûts. »
McLaren privilégierait ainsi une évolution maîtrisée plutôt qu’une rupture complète avec la génération actuelle. La priorité reste toutefois la préparation de la MCL-HY et les débuts de l’équipe en compétition. La constitution de l’effectif représente un autre chantier important. McLaren dispose de six pilotes pour son programme, mais les associations définitives restent à déterminer.
L’arrivée de Grégoire Saucy dans l’équipe Hypercar récompense un parcours construit progressivement au sein de la structure britannique. Le Suisse accompagne le projet depuis ses débuts et était présent lors du premier roulage de la MCL-HY à Vairano. Intégré au programme de développement des pilotes, il a été évalué dans différentes situations : longs relais, rythme sur un tour, gestion du trafic et travail avec les ingénieurs.
Son titre en European Le Mans Series avec United Autosports a renforcé son dossier. James Barclay souligne notamment sa capacité à répondre présent dans les moments importants, comme lors de la qualification de Portimão. « Grégoire est avec nous depuis le tout début du programme. Il était présent lors du premier roulage à Vairano, lorsque nous avons fait tourner les roues pour la première fois. »
Pour le pilote suisse, cette promotion représente l’aboutissement d’un parcours passé par la monoplace, le GT et le LMP2. « Mon objectif était clair : arriver au sommet de l’endurance et rejoindre la catégorie Hypercar. »
Grégoire Saucy n’est pas le seul pilote issu du programme de développement à retenir l’attention de McLaren. James Barclay a également évoqué le cas de Léo Coronel, champion de Formule 2, qui fait partie des profils suivis par l’équipe. Le Néerlandais représente une option importante pour l’avenir du programme, même si ses opportunités en Formule 1 restent un élément à prendre en compte.
McLaren doit encore officialiser un dernier pilote. James Barclay a indiqué que cette annonce était imminente. Les six pilotes seront ensuite réunis lors des prochains essais afin de permettre à l’équipe de finaliser les associations. Le responsable britannique privilégie des équipages de trois pilotes, tout en insistant sur l’importance de leur complémentarité. La vitesse pure ne suffit pas : il faut également savoir gérer le trafic, les longs relais et les situations de course, mais aussi trouver le bon équilibre humain au sein de chaque voiture.
La préparation de la MCL-HY entre donc dans une phase décisive. Entre les derniers essais, l’homologation et la finalisation des équipages, McLaren doit désormais transformer plusieurs mois de développement en un véritable projet de compétition.

