Ferrari a enfin remporté une victoire cette saison. Les champions du monde en titre auront mis cinq courses pour y arriver. Alors que le succès était promis à Toyota, un problème mécanique est venu tout gâcher. Alpine a prouvé que son A424 peut tenir tête aux meilleures voitures. Aston Martin a montré deux visages au Lone Star Le Mans. Voici notre première partie de l’analyse de l’épreuve.
L’opportunisme sourit à Ferrari
On se doutait que la Scuderia allait être dans le coup. Dès les essais, les 499P officielles ont été très rapides. En course, elles ont confirmé leur rythme, notamment la n°51 qui a conservé les commandes après avoir réalisé la pole position. Rapidement, elle a compté plus de quatre secondes d’avance. Elle a même creusé l’écart jusqu’à une quinzaine de secondes. Oui, mais il y a eu ce souci dans les stands. L’équipe a dû redémarrer entièrement le système, ce qui a fait perdre un temps considérable et de nombreuses places. En fin d’épreuve, c’est la n°50 qui est sortie du lot. Profitant d’une rude bataille entre les cinq premiers, elle a recollé à ce groupe avant de dépasser les concurrents un à un. Le déclic est intervenu dans la dernière demi-heure. L’erreur de Charles Milesi dans l’Alpine n°35 a offert la 2e place à l’équipage. Et quand Nyck de Vries dans la Toyota n°7 a eu son problème, la victoire tendait les bras à Ferrari. Finalement, la Scuderia renoue avec le succès en WEC, même si on aurait davantage mis une pièce sur la n°51. « La stratégie était particulièrement difficile à gérer aujourd’hui, mais toute l’équipe a fait un travail formidable et nous avons été récompensés. Je tiens également à féliciter Miguel et Nicklas pour leur performance en piste, qui nous a permis de décrocher une victoire fantastique. Nous avons attaqué du début à la fin, même si à un moment donné, la course a semblé se compliquer sérieusement. Je suis très content du résultat. Nous attendions de retrouver la plus haute marche du podium depuis un certain temps et nous y sommes enfin parvenus », partage Antonio Fuoco, pilote victorieux.
Toyota au-dessus du lot, mais…
La victoire leur tendait les bras. Mais la fiabilité a une nouvelle fois touché la marque japonaise. Alors en tête, la n°7 a été contrainte à l’abandon à la suite d’un problème hydraulique. De son côté, la n°8 était sur une stratégie décalée, mais cela n’a pas payé en raison des nombreuses interruptions de course. Toutefois, le rythme était bien présent sur cette autre voiture, ce qui lui a permis de remonter au sixième rang. Ces quelques points acquis au Texas s’avèrent toutefois précieux au classement des constructeurs. BMW, concurrent direct, est totalement passé à côté de son week-end. Au lendemain de cette cinquième manche, Toyota a donc augmenté son avance. « C’est évidemment une fin bien triste pour une journée qui aurait pu être belle. Nous avons vraiment tout donné et l’équipe a réalisé une performance exceptionnelle. Nous avions une voiture performante, avec un bon rythme, et nous étions idéalement placés dans les dernières minutes. Malheureusement, la technicité est essentielle et c’est ce qui nous a fait défaut aujourd’hui » relate Nyck de Vries, pilote malheureux. Depuis la première édition de ces 6 Heures des Amériques, la firme nippone manque une nouvelle fois la victoire ; elle ne s’y est jamais imposée.
Un podium, mais quelques regrets pour Alpine
La victoire n’était pas loin. À Austin, les deux Alpine étaient en grande forme. Elles ont passé tout le week-end dans les premières places. Le début de course a été mitigé, la bataille a été très rude : les conditions humides ont aidé à cette lutte. Malgré les assauts de la concurrence, les A424 sont parvenues à se maintenir dans le groupe de tête. À différents moments, soit la n°35, soit la n°36 avait l’avantage au niveau de la performance et du rythme en raison des stratégies mises en place par l’équipe. Dans la fin de course, les deux hypercars étaient en lice pour un podium. La n°35 était la mieux placée pour cela, car à une demi-heure, elle était à une seconde de la Toyota de tête. Mais juste derrière la Ferrari n°50 mettait la pression et Charles Milesi a commis une petite erreur, ce qui lui a fait perdre cette 2e place. Une fois l’abandon de la Toyota, l’A424 a récupéré cette deuxième position, mais une pénalité de 5 secondes pour « unsafe release » l’a fait retomber au 3e rang. La n°36 a également fait une très belle fin de course avec une 5e place. Alpine est donc en forme avant de se rendre à Fuji, circuit qui a particulièrement réussi par le passé. « Il s’agit de notre meilleur résultat d’ensemble depuis le début du programme : notre premier podium de la saison et nos deux voitures dans le top cinq. Il récompense l’engagement de toute l’équipe et concrétise l’objectif que nous nous étions fixé avant Austin. Charles a été solide pour assurer le podium et Victor a signé un dernier relais fantastique. Nous avions le rythme pour viser encore plus haut, ce qui renforce notre détermination avant Fuji » analyse Philippe Sinault, le team principal.
Les deux visages d’Aston Martin
Il y avait de quoi être un peu déçu de la marque britannique. Après de très belles choses lors des essais, la n°009 a été éliminée dès les qualifications et la n°007 est parvenue à se hisser en hyperpole dans les derniers instants. Un contraste net entre les deux voitures et un début de week-end éblouissant. La performance en course a été difficile à juger tellement tout le monde était proche en termes de performance dans la première heure. Toutefois, l’Aston Martin n°007 était souvent proche du groupe des favoris composé de la Toyota n°7, l’Alpine n°35 et la Ferrari n°50. Au volant, Harry Tincknell et Tom Gamble ont été parfaits, il n’y a pas eu d’erreurs dans les stands. L’exécution a été rondement menée : bilan, une très belle, mais quelque peu frustrante 4e position, car à 3 secondes près, le podium était jouable. En revanche, la n°009 a été moins à son avantage. Elle a passé plus de temps dans la seconde moitié de tableau que dans la première. Au final, l’équipage Alex Ribeiras / Marco Sorensen a franchi la ligne au 13e rang. « Terminer à seulement quelques secondes du podium, c’est une performance spectaculaire de la part de Valkyrie » a déclaré Ian James, le directeur de l’écurie. « Cela montre à quel point nous continuons à progresser avec cette voiture et cette équipe. Je suis un passionné de course automobile comme tout le monde, et quand on voit les duels et à quel point les écarts sont serrés en tête actuellement, c’est exceptionnel que nous soyons parvenus à ce que l’équipe soit compétitive à ce niveau après seulement 18 mois. » Fait notable, la n°007 est parvenue à se hisser dans les points à chaque course.
A suivre…

