Nick Yelloly : « Quand j’ai décidé de courir en WEC, il n’y avait qu’une seule option : rejoindre Ford »

L’avenir de Nick Yelloly s’écrira en Championnat du Monde d’Endurance (FIA WEC) l’an prochain. Après deux saisons passées au volant de l’Acura ARX-06 en IMSA, le Britannique rejoint Ford pour participer au développement de la future Hypercar LMDh du constructeur américain, attendue en WEC en 2027.

Le pilote de 34 ans ne cache pas que cette opportunité s’est présentée plus tard qu’il ne l’imaginait. Convaincu que Ford avait déjà finalisé son effectif, il a finalement décidé d’activer son réseau lorsqu’il a fait du WEC sa priorité. « J’ai d’abord parlé à quelques pilotes qui courent déjà pour Ford. L’un d’eux était Chris Mies, puis Rocky (Mike Rockenfeller). C’est grâce à eux que j’ai pris contact avec Dan (Sayers, Responsable du projet Hypercar) », explique Nick Yelloly. « Le premier contact est arrivé relativement tard, car je pensais que leur effectif était déjà complet. Mais lorsque j’ai décidé que je voulais absolument courir en WEC, il n’y avait finalement qu’une seule véritable option pour moi : tout faire pour rejoindre Ford. » Les discussions se sont ensuite rapidement concrétisées. « J’ai rencontré Dan assez tôt et les choses ont avancé très vite. J’étais également à Spa pour la course du WEC. Après cela, tout s’est accéléré. J’ai rencontré Mark Rushbrook (directeur mondial de Ford Performance) pour la première fois à Detroit il y a seulement quelques semaines, puis l’accord a été conclu peu après. »

Après BMW puis Acura, Nick Yelloly travaille sur le programme Ford Hypercar/LMDh. Une expérience qu’il entend mettre au service du nouveau projet. « Ce sera mon troisième constructeur en Hypercar. J’ai accumulé beaucoup d’expérience sur ce qui fonctionne et sur ce qui ne fonctionne pas. J’espère que cela nous permettra d’accélérer le développement et d’amener Ford au sommet le plus rapidement possible. »

© Courtesy of IMSA

Le Britannique arrive avec une connaissance approfondie du châssis Oreca, qui servira également de base au prototype Ford. « Nous utilisons déjà le même châssis Oreca (avec Acura). Je connais bien le fonctionnement de l’aérodynamique et nous avons reçu plusieurs évolutions cette année chez Honda. Je sais ce qui marchait et ce qui ne marchait pas. Honda et Acura disposaient aussi d’un excellent moteur et d’un très bon logiciel de gestion. Toute cette expérience peut être utile. » Au-delà des aspects techniques, Yelloly insiste également sur l’importance du retour des pilotes dans la conception d’une Hypercar. « Une voiture doit être simple à utiliser, avec une ergonomie logique. Tom Blomqvist et moi avons piloté plusieurs Hypercars. Matt Campbell arrive probablement de la référence actuelle en LMDh (Porsche). Rocky possède une immense expérience des prototypes avec Audi, Logan Sargeant apporte son vécu de la Formule 1 et Seb Priaulx a toujours été rapide. En réunissant toutes ces expériences, nous avons de quoi rendre la transition aussi fluide que possible. »

L’arrêt du programme GTP d’Acura en IMSA a également facilité les discussions avec Ford. Sous contrat avec le constructeur japonais, Yelloly a pu obtenir rapidement le feu vert pour rejoindre son nouvel employeur. « Acura s’est montrée très compréhensive. Comme ils quittent la compétition, la situation était différente. S’ils avaient continué l’an prochain, cela aurait probablement été plus compliqué. Les dirigeants de Meyer Shank Racing ont même encouragé cette transition. Je leur suis très reconnaissant de m’avoir permis de poursuivre ma carrière au sein d’une marque aussi prestigieuse. » Même si l’aventure se termine prématurément, le Britannique garde un excellent souvenir de son passage au sein du programme Acura et regrette l’arret de ce projet. « J’ai énormément apprécié mon passage chez Acura. C’est triste de voir le programme s’arrêter, mais tout évolue. Les objectifs des constructeurs changent. C’était une surprise, mais on ne sait jamais, peut-être qu’ils reviendront un jour. Maintenant, place à un nouveau défi. »

Photo Julien Delfosse / DPPI

GT3 et LMP2 en complément ?

Si le programme Hypercar constituera sa priorité absolue, Nick Yelloly espère conserver une activité soutenue en parallèle, notamment en LMGT3 où Ford est engagée avec ses Mustang GT3. « J’aimerais disputer quelques grandes courses. La Nordschleife reste un endroit que j’adore et je veux retourner aux 24 Heures du Nürburgring. Je n’ai encore jamais couru à Bathurst et j’aimerais vraiment découvrir cette épreuve. Et comme nous ne serons pas en Hypercar à Daytona l’année prochaine, si je peux piloter une GT3 là-bas… je signe tout de suite ! »

Le LMP2 figure également parmi les possibilités. Depuis deux ans, il brille en ELMS avec, entre autres, Tom Dillmann sur l’Oreca n°43 d’Inter Europol Competition (vice-champion 2025). « C’est encore en discussion. Personnellement, j’aimerais continuer en ELMS. C’est une excellente catégorie pour rester affûté, rouler davantage et continuer à gérer le trafic. Si c’est possible, je le ferai. Mais Ford reste évidemment ma priorité absolue. »

Copyright / Bruno Vandevelde / MPS Agency.

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