Les différents constructeurs ont réagi après la séance d’hyperpole des 24 Heures du Mans.
Vincent Vosse, Team Principal BMW WRT, était aux anges en signant la pole position. Le Belge a même appris en direct lors de son point presse que la n°15 avait décroché la pole. « On est en pôle et c’est une bien belle surprise même si c’est évidemment anecdotique. Mais faire une pôle au Mans, c’est toujours exceptionnel. Ce fut une magnifique séance. On savait que ça allait être très proche mais pas à ce point-là. On a essayé de se donner à fond, c’est ce que Dries a fait. On a vu dans le premier tour déjà, il a mis la voiture à la limite à Indianapolis. On verra maintenant ce que ça donne en course, mais c’est sûr que c’est mieux de partir comme ça que de nos positions de l’année dernière ou l’année avant. »
Du côté d’Alpine, il y a des sourires. La marque française, après avoir terminé à la première place de la H1 grâce à Charles Milesi, s’élancera 4e après le bon travail d’Antonio Félix Da Costa. « Nous savons que la position au départ n’est pas la plus importante au Mans, mais nous sommes très fiers de ce que nous avons fait. On doit se préparer pour la course. Nous avons un bon package pour faire du mieux possible« , témoigne Frederic Makowiecki, pilote de la n°35 qui partira 4e. La seconde Alpine s’élancera depuis la 13e position.
Philippe Sinault (Team Principal Alpine Endurance Team) confirme la bonne impression globale. « De cette session de qualifs, on est plutôt devant. Chaque fois qu’on a sorti la voiture, elle a été performante. Pour Antonio (da Costa n°35), l’exercice était difficile parce qu’en WEC, ce n’est pas lui qui fait les qualifs. Donc il a peu, voire pas, l’habitude de rouler avec les pneus soft et peu d’essence. On savait que ça allait être compliqué, mais je trouve qu’il s’en est plutôt très bien sorti. La position sur la grille est plutôt très bonne. Jules (Gounon n°36) a été gêné dans son deuxième tour avec le train de pneus. C’est dommage parce qu’il loupe l’hyperpole d’un rien, je crois de moins d’un dixième. Forcément, ça nourrit quelques regrets, mais on retient qu’encore une fois, la voiture est là. Notre niveau de performance est plutôt bon, les écarts incroyablement serrés. Ça veut dire qu’il va falloir faire une course parfaite et irréprochable. »
Présent pour sa toute première participation aux 24 Heures du Mans en catégorie Hypercar, Genesis Magma Racing a réussi à placer l’une de ses voitures en Hyperpole. Un résultat qui symbolise le chemin parcouru en un temps record selon Cyril Abiteboul, le team principal. « C’est un sentiment de grand plaisir. Nous savons tous qu’aux 24 Heures du Mans, la qualification n’est pas ce qui compte le plus. Dans quelques minutes, nous allons déjà nous remettre au travail pour préparer la course. Mais il y a des moments où il faut aussi savoir profiter, se rassurer et marquer des étapes importantes dans un projet. » Pour le dirigeant français, cette performance valide surtout le potentiel démontré par la structure depuis ses débuts. « On parle souvent du potentiel d’une voiture, de son équilibre, de son moteur, de la qualité des pilotes ou de la maturité de l’équipe. Mais finalement, il n’y a rien de mieux qu’une bonne qualification pour le démontrer. C’est exactement ce que nous avons réussi à faire aujourd’hui. Si on m’avait dit cela l’année dernière, je ne l’aurais absolument pas cru. C’est un travail colossal qui a été accompli. À cette époque, il n’y avait aucun contrat signé, aucune voiture prête et seulement un moteur qui commençait à tourner au banc d’essai. »
Initialement deuxième de l’Hyperpole LMP2, Job Van Uitert partira de la pole position à la suite de la pénalité de la voiture n°29 du Forestier Racing by Panis. Le pilote néerlandais a salué le travail de son équipe après une séance où chaque détail a fait la différence. « C’était fantastique. Nous avons réalisé un superbe résultat avec l’équipe. Pendant la séance, je ne pensais pas que c’était possible. On m’a indiqué que j’étais cinquième avant mon dernier tour et qu’il fallait tout donner, car chaque dixième compte. Alors j’ai attaqué au maximum. » Son chrono s’est construit dans un dernier secteur particulièrement réussi, notamment dans les virages Porsche. « Le premier secteur était bon, le deuxième également. Dans le dernier secteur, il fallait absolument gagner du temps. C’était incroyable. Je n’avais jamais roulé aussi vite dans les Esses Porsche. La voiture était sur des rails. C’était la meilleure que j’ai jamais conduite ici. »
Nicolas Minassian, directeur sportif IDEC Sport, ne cachait pas sa joie. « C’est notre troisième pole position au Mans. Bien sûr, il y a eu le déclassement devant nous, mais il faut prendre ce qu’il y a à prendre. C’est la course, c’est comme ça. Ce que je retiens avant tout, c’est l’excellent travail de Paul Lafargue lors des qualifications. C’était la première fois qu’il se chargeait de cet exercice et il nous a permis d’accéder à l’Hyperpole. Ensuite, Valerio Rinicella a réalisé un superbe travail pour qualifier la voiture en Hyperpole 2. Pour finir, Job van Uitert a terminé le travail de manière magnifique. »
Auteur de la pole position LMGT3 au volant de l’Aston Martin Vantage GT3 Evo n°27 du Heart of Racing Team, Mattia Drudi savourait sa performance tout en gardant déjà les yeux tournés vers la course. « Je suis très heureux. Évidemment, dans une course de 24 heures, la pole position n’est pas la chose la plus importante, mais c’est toujours agréable d’être devant. Nous avions confiance dans la voiture. Nous avons beaucoup travaillé durant les essais libres sur le rythme de course, mais la Vantage a toujours été très rapide ici au Mans, donc nous savions que nous pouvions réaliser quelque chose de bien. C’est agréable d’être en pole position deux années de suite ici au Mans. Maintenant commence la partie la plus difficile avec la course. » L’Italien devient ainsi le premier pilote de l’ère LMGT3 à décrocher deux pole positions consécutives aux 24 Heures du Mans.
La rédaction

