24 Heures du Mans 2026, Jérôme Policand (AKKODIS) : « La Lexus reste une voiture avec un gros potentiel »

Malgré un début de saison frustrant sur le plan comptable, Akkodis ASP Team arrive aux 24 Heures du Mans avec des motifs d’espoir. Entre performances encourageantes, problèmes de fiabilité désormais identifiés et préparation intensive en vue de la classique mancelle, Jérôme Policand fait le point pour Endurance Live sur la situation des Lexus RC F GT3 engagées en LMGT3. Le patron de l’équipe française évoque également l’intégration réussie d’Hadrien David et les premiers contours de la future Toyota GT3 attendue en compétition.

Comment abordez-vous les 24 Heures du Mans ?

« Je suis optimiste. Si l’on remonte deux ans en arrière, lors d’une saison pourtant difficile, Le Mans était déjà le circuit où la voiture était naturellement la plus performante. En 2025, nous avons également réalisé une très belle course. Nous étions de véritables outsiders. Il nous a manqué un petit quelque chose, mais le podium était envisageable. Il y a encore trois jours, nous étions à Lurcy-Lévis pour effectuer des essais en ligne droite. Au Mans, il y a près de sept kilomètres de portions à pleine charge et chaque détail compte. Nous avons encore trouvé quelques petites améliorations qui devraient nous permettre de gagner un ou deux kilomètres/heure. C’est ce qui est intéressant en GT. Sur le circuit du Mans, nous atteignons des vitesses que nous ne voyons nulle part ailleurs. Cette préparation nous laisse penser que nous devrions être dans le match. »

Le début de saison a été très encourageant en termes de performances, mais plus compliqué concernant la fiabilité. Comment avez-vous vécu ces deux premières manches ?

« C’est sûr que c’est toujours un peu frustrant quand vous avez une voiture performante et que vous n’arrivez pas à concrétiser. Maintenant, les problèmes que nous avons rencontrés n’étaient pas fondamentaux. À Imola, sur la n°78, c’est un démarreur qui nous a trahis, des choses qui n’arrivent pratiquement jamais. À Spa, c’est lors d’un changement de pilote qu’une broche de capteur a été endommagée, ce qui a mis la boîte de vitesses hors service. Ce sont des incidents qui peuvent arriver au mauvais moment. Durant un week-end, nous rencontrons parfois ce genre de petits soucis lors des essais libres ou des tests privés. Quand cela survient en course, c’est évidemment beaucoup plus pénalisant. Nous n’avons donc pas marqué autant de points que nous l’espérions. Le côté positif, c’est que la voiture est toujours là en termes de performances. Après trois ans d’exploitation, elle reste une voiture relativement ancienne, mais toujours avec un gros potentiel. Nous savons que nous pouvons revenir même si nous n’avons plus beaucoup de jokers. »

© MPS Agency

Les problèmes techniques rencontrés en début de saison ont-ils été définitivement identifiés avant Le Mans ?

« Oui, car encore une fois, il n’y avait rien de fondamental. Cette voiture a énormément évolué ces trois dernières années, notamment pour répondre aux exigences de la réglementation FIA. Les difficultés que nous avons rencontrées concernaient principalement l’électronique. La voiture disposait initialement d’un système de gestion Cosworth qui fonctionnait parfaitement. Mais lorsque nous avons dû l’adapter à un championnat FIA avec davantage de capteurs, de télémétrie et d’interfaces de contrôle, cela a généré quelques bugs. Toyota Racing a très bien réagi et résolu l’ensemble des problèmes. La voiture n’avait pas été conçue à l’origine pour fonctionner dans cet environnement. Aujourd’hui, dans le sport automobile moderne, les abandons sont rarement causés par une casse mécanique majeure. Ce sont souvent des soucis hydrauliques, électroniques ou liés à des capteurs. C’est toujours difficile à anticiper, surtout en GT où l’on transforme des voitures de route en voitures de course. Nous ne sommes pas partis d’une feuille blanche. À force d’ajouter des évolutions, des capteurs, cela peut générer ce type de problème. Mais aujourd’hui, nous maîtrisons la situation et nous bénéficions du soutien d’un constructeur extrêmement expérimenté. Nous sommes donc confiants. »

Vous avez également accueilli un nouveau pilote avec Hadrien David. Son intégration semble réussie.

« C’est un peu la continuité de ce que nous avions fait avec Esteban Masson il y a deux ans. Avec Didier André (son manager) et un groupe de partenaires qui nous accompagnent depuis de nombreuses années, nous essayons d’aider des jeunes pilotes qui arrivent à un moment important de leur carrière. Nous l’avons fait avec Jim Pla, Thomas Drouet ou encore Tristan Vautier. Les deux derniers exemples sont Esteban (Masson) et Hadrien (David). Je pense que nous ne nous sommes pas trompés. J’espère qu’ils pourront poursuivre la carrière professionnelle qu’ils méritent. En tout cas, Hadrien réalise un excellent travail depuis le début de l’année. »

© MPS Agency

La future Toyota GT3 approche progressivement. Où en êtes-vous concernant son arrivée ?

« Nous n’avons pas été directement impliqués dans son développement, même si nous avons participé de manière limitée en 2024. Le travail principal a été effectué au Japon et aux États-Unis. Ce qui est prévu aujourd’hui, c’est de commencer quelques essais à partir de la rentrée. Le programme n’est pas encore totalement finalisé, mais l’objectif est clair : voir cette nouvelle voiture prendre le départ des 24 Heures du Mans 2027. »

©️ Toyota

Laisser un commentaire