24 Heures du Mans 2026, Antonello Coletta (Ferrari) : « Nous sommes convaincus d’être encore capables de nous battre pour la victoire »

À quelques jours du départ des 24 Heures du Mans, Antonello Coletta, responsable Endurance et Corse Clienti de Ferrari, a affiché sa confiance dans le potentiel de Ferrari tout en évoquant l’avenir de la catégorie Hypercar et les nombreux défis qui attendent les concurrents de cette 94e édition de la classique mancelle.

Triple vainqueur en titre des 24 Heures du Mans, Ferrari arrive une nouvelle fois sur le circuit de la Sarthe avec le statut de référence de la catégorie Hypercar. Un statut qu’Antonello Coletta assume pleinement, même si le responsable de Ferrari Endurance et Corse Clienti préfère rester prudent à l’approche de la semaine mancelle. « Nous connaissons la valeur de notre voiture, de notre équipe et de nos pilotes. Nous sommes convaincus d’être compétitifs et capables de nous battre pour la victoire , a-t-il expliqué lors de sa conférence de presse. Une confiance nourrie par les performances affichées depuis le retour de Ferrari au plus haut niveau de l’endurance, mais également par le potentiel qu’il estime toujours présent dans la 499P.

Le dirigeant italien a également longuement évoqué l’avenir de la catégorie Hypercar. Pour Ferrari, l’endurance doit continuer à jouer son rôle de laboratoire technologique. « Lorsque Ferrari a décidé de revenir en Hypercar, c’était aussi pour développer de nouvelles solutions destinées à nos voitures de route. Certaines technologies utilisées aujourd’hui proviennent directement de la 499P. » Dans les discussions actuellement menées avec la FIA et l’ACO sur le futur règlement prévu après 2030, Ferrari défend ainsi un modèle qui permet aux constructeurs de conserver une forte liberté de conception. « Quand nous mettons le cheval cabré sur une voiture, elle doit être conçue à 100 % à Maranello », a insisté Coletta.

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Sur le plan sportif, l’Italien estime que la hiérarchie aperçue lors de la Journée Test ne reflète pas encore totalement la réalité. Néanmoins, certains enseignements ont déjà été tirés. « Aujourd’hui, nous avons les outils pour comprendre qui roule à son véritable niveau et qui cache encore son jeu. Nous avons une assez bonne idée des forces en présence. » La stratégie et la gestion des pneumatiques devraient également jouer un rôle majeur cette année. Avec l’arrivée de la nouvelle génération de pneus Michelin et des températures annoncées particulièrement élevées, Ferrari s’attend à une édition très différente des précédentes.  « C’est la première fois que nous disputons Le Mans avec cette nouvelle construction de pneumatiques. Tout le monde est encore en phase d’apprentissage. Une mauvaise gestion des pneus peut coûter bien plus que quelques dixièmes au tour sur un double ou un triple relais. »

Questionné sur les débats entourant l’avenir de la catégorie Hypercar et l’opposition entre plateformes LMH et LMDh, Coletta a adopté un discours particulièrement direct. Selon lui, la question des coûts doit être abordée avec pragmatisme et chaque constructeur doit assumer les choix réalisés lors de son entrée dans la discipline. « Nous avons des données qui montrent que notre programme LMH n’est pas nécessairement plus coûteux que certains projets LMDh. Aujourd’hui, l’endurance traverse probablement l’une des plus belles périodes de son histoire. Nous sommes simplement dans une phase où chacun doit décider s’il a réellement la volonté de poursuivre cette aventure. »

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Alors que plusieurs constructeurs ont introduit des évolutions importantes sur leurs prototypes ces derniers mois, Ferrari a opté pour la continuité. Une décision assumée par Coletta, convaincu que la priorité reste d’exploiter pleinement le potentiel existant de la 499P avant d’engager de nouveaux développements. « Nous avons d’abord voulu nous assurer que nous utilisions 100 % du potentiel de notre voiture. Cela ne signifie pas que nous ne travaillons pas sur l’avenir, mais aujourd’hui nous ne nous sentons pas inférieurs à nos concurrents. »

Enfin, malgré trois victoires consécutives au Mans, le responsable de Ferrari refuse d’aborder l’épreuve avec une pression excessive. « Nous sommes très fiers de ces trois succès, mais il faut regarder devant. Ne pas gagner ne serait pas forcément un échec. Un échec, c’est lorsque vous commettez des erreurs ou que vous ne faites pas correctement votre travail. Après trois victoires, on ne peut pas imaginer gagner chaque année. » Un message qui résume parfaitement l’état d’esprit de Ferrari avant de se lancer dans la quête d’un quatrième succès consécutif dans la Sarthe.

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