Avant de retrouver la catégorie Hypercar avec McLaren en 2027, Mikkel Jensen disputera les 24 Heures du Mans en LMP2 avec United Autosports. Associé à Grégoire Saucy et Rasmus Lindh, le Danois s’est confié à Endurance Live sur son retour en LMP2, son implication dans le développement de la future Hypercar McLaren et ses ambitions pour la classique mancelle
Comment abordez-vous votre retour en LMP2 aux 24 Heures du Mans après avoir évolué en Hypercar ?
« C’est différent. Je connais évidemment bien la LMP2 grâce à l’IMSA, mais le pilotage n’est pas le même. Il faut conduire la voiture d’une manière différente. Tout tourne davantage autour de la vitesse minimale en courbe et de la conservation de l’élan. En Hypercar, c’est davantage du stop-and-go. Il faut davantage gérer les pneus et ralentir davantage la voiture pour exploiter la puissance en sortie de virage. En LMP2, la voiture est plus légère et moins puissante. Il faut maintenir le flux, conserver la vitesse et prendre un peu plus de risques dans les virages. C’est amusant d’une manière différente. Mais bien sûr, le prestige et l’atmosphère de la catégorie reine me manquent. »
Quelles sont vos attentes pour ces 24 Heures du Mans avec Grégoire Saucy et Rasmus Lindh ?
« Je pense que nous avons un excellent équipage. Grégoire et moi nous connaissons bien après avoir roulé ensemble en Asian Le Mans Series cet hiver. Mais lorsque l’on regarde la liste des engagés en LMP2, le niveau est extrêmement élevé. Beaucoup de pilotes Platinum ou Gold ont clairement le niveau de la catégorie Hypercar. Certains pilotent déjà en GTP aux États-Unis, d’autres, comme moi, préparent leur retour en Hypercar. Le niveau général est incroyablement relevé. Ce n’est pas une catégorie secondaire. Le niveau des pilotes et des équipes est très proche de celui de la catégorie reine. Nous allons devoir travailler très dur. J’espère que la victoire est possible, mais il y a probablement entre cinq et huit équipages capables de gagner cette course. »
Vous avez été choisi pour intégrer le programme Hypercar McLaren. Quelle a été votre réaction ?
« C’est un privilège de faire partie de cette marque. Je pense que lorsque McLaren a annoncé son projet Hypercar, tous les pilotes ont commencé à regarder dans cette direction. C’était mon cas également. Nous avons commencé à discuter l’année dernière puis tout au long de la saison. Finalement, cela est apparu comme l’opportunité parfaite pour moi. Mon contrat avec Peugeot arrivait à son terme et cette année me permet de me concentrer pleinement sur le développement de la voiture. Je poursuis également mon programme IMSA avec une nouvelle structure. J’étais auparavant chez TDS et je suis désormais avec United Autosports. Tout avait du sens. McLaren est une marque avec une histoire incroyable. Dans toutes les disciplines où elle s’engage, elle le fait sérieusement. Ils sont présents en IndyCar avec de grandes ambitions. Depuis l’arrivée de Zak Brown, l’équipe n’a cessé de progresser. Ils ont remporté le championnat du monde de Formule 1 l’an dernier et le championnat constructeurs deux années de suite.« Le niveau de performance et la culture de la victoire qui règnent au McLaren Technology Centre sont très inspirants. Le programme Hypercar est basé au même endroit. Quand vous êtes entouré de gagnants, cela vous pousse à vouloir gagner également. Cela se ressent aussi bien en Formule 1 qu’en IndyCar ou en Hypercar. La décision a donc été facile. »
Vous faites partie des premiers pilotes impliqués dans le projet Hypercar McLaren. Quel est votre rôle dans le développement de la voiture ?
« J’ai été le premier pilote recruté pour le projet, donc également le premier que l’équipe a pu consulter. Ils m’ont demandé comment je préfère les boutons sur le volant, comment je souhaite organiser les différentes stratégies électroniques ou encore comment le logiciel doit être conçu. L’équipe a naturellement sa propre vision, mais je peux apporter mon expérience et ma touche personnelle sur la façon de développer certains éléments. C’est plus simple de travailler dans la bonne direction dès le départ plutôt que de construire une voiture entièrement avant que les pilotes arrivent et disent qu’ils n’aiment pas telle ou telle chose. Cela permet de gagner beaucoup de temps dans le processus. Avoir des pilotes expérimentés en Hypercar dès le début du projet aide à avancer ensemble dans la même direction. »
Sur quoi avez-vous travaillé jusqu’à présent dans le cadre du projet ?
« Nous avons eu beaucoup de réunions pour définir notre manière de travailler. Il y a une véritable philosophie derrière la voiture et son électronique. Une Hypercar est extrêmement complexe et il existe de nombreuses façons de l’exploiter. Nous avons passé énormément de temps au simulateur pour tester différentes solutions et donner mon ressenti. Les ingénieurs récupèrent ensuite toutes ces données. Nous avons également déjà roulé en piste à deux reprises. Nous avons effectué un shakedown à Varano il y a environ un mois puis un premier véritable essai à Imola il y a quelques semaines. »
Quelles sont désormais les prochaines étapes du programme ?
« Nous devons poursuivre le développement de la voiture avant son homologation prévue à la fin de l’année afin d’être prêts pour le WEC en 2027. Plus la fenêtre de performance est bonne au moment de l’homologation, moins vous rencontrez de problèmes ensuite, car les possibilités de développement deviennent très limitées. Nous savons que les six prochains mois seront très importants. Mais nous avons également davantage de temps que certains projets concurrents pour développer la voiture. Cela nous permet de travailler de manière plus sereine et de résoudre progressivement les problèmes rencontrés plutôt que de devoir tout corriger dans l’urgence juste avant l’homologation. Je pense que nous avons le temps nécessaire et la confiance pour travailler sur tous les aspects importants afin de construire la meilleure voiture possible. »

