Les années Endurance de Button vues par Jenson (partie 1)

Certes, Jenson Button est plus « typé » monoplaces. Mais le Britannique,  champion du monde de F1 en 2009 avec Brawn GP,  a assez vite bifurqué vers l’Endurance (et aussi le Super GT). Dans le cadre de sa dernière course à Bahreïn il y a presque deux mois, le nouveau retraité est revenu sur toutes ses années Endurance en particulier sur ses participations aux 24 Heures du Mans.

Aprés une dernier course disputée avec McLaren Honda en 2017, Jenson Button quitte la Formule 1. Un an plus tard, on le retrouve aux 24 Heures du Mans au volant d’une BR Engineering BR1 engagée par SMP Racing.  Il fait équipage avec Vitaly Petrov et Mikhail Aleshin. « Cela s’est fait assez tardivement car je voulais participer aux 24 Heures du  Mans pour acquérir de l’expérience dans l’espoir de courir pour un constructeur plus tard » affirme Jenson Button. « SMP m’a contacté et m’a dit : « Nous avons un baquet disponible, tu pourrais faire un essai. » Je l’ai fait à Magny-Cours, puis je me suis retrouvé au Mans, un circuit que je n’avais jamais emprunté. C’était vraiment ma première fois. Le Circuit de La Sarthe ne ressemble à aucun autre et, en plus, je pilotais une voiture que je ne connaissais pas très bien, ces LMP1 étaient extrêmement rapides, comme une F1, mais d’une manière légèrement différente. En plus, nous ne pouvions pas rivaliser avec Toyota pour la victoire. Cela ne m’a pas empêché de vraiment apprécier ce défi, c’était très amusant. Évidemment, le résultat n’a pas vraiment été au rendez-vous (abandon dans la dernière heure, casse moteur). Nous avons obtenu un podium à Shanghai, ce qui était vraiment cool. Je me souviens aussi de Fuji où nous étions très compétitifs. J’ai fait un double relais et me suis retrouvé derrière une Toyota tout du long, c’était génial. J’espérais beaucoup plus pour l’avenir, mais ensuite, toutes sortes de choses se sont produites. »

Le Mans 2018 ©️ MPS Agency

Après un titre en Super GT en 2018, Jenson Button se fait plus rare. « J’ai passé deux ans loin des courses à plein temps à cause de la pandémie, mes enfants sont nés, je voulais passer autant de temps que possible à la maison. Mais je participais à des courses ponctuelles ici et là. »  On le retrouve au Mans en 2023 avec un projet ô combien original. Il roule sur la Chevrolet Camaro ZL1 Nascar alignée en Innovative Car (Garage 56). Elle est engagée par la célèbre équipe américaine Hendrick Motorsports et a pour coéquipiers Jimmie Johnson et Mike Rockenfeller « Cette course avec la Nascar était un défi vraiment cool, beaucoup de mes amis dans le milieu des courses me disaient : « J’espère que tu es bien payé, sinon ça ne sert à rien. » Et bien, le but, était justement de faire quelque chose que personne d’autre n’avait fait, c’est à dire prendre une voiture que vous ne vous attendriez jamais à voir au Mans et essayer de la rendre compétitive. Oui, nous n’avions pas de vrai règlement, nous pouvions vraiment essayer de nouvelles choses. Jusqu’au Mans, nous ne savions toujours pas vraiment où nous en étions, probablement à quelques secondes d’une GTE. Arrivés au Mans, lors des qualifications, nous avons été 2,5 à 3 secondes plus rapides. C’était très amusant à conduire. Les sections à grande vitesse étaient en fait assez agréables. Ce sont plutôt les virages à faible vitesse qui étaient difficiles par rapport aux GT. Si nous avions été fiables, nous aurions terminé devant toutes ces GTE et c’est assez impressionnant pour un vieux tank aussi imposant (rires). »

Le Mans 2023 ©️ MPS Agency
Le Mans 2023 ©️ MPS Agency

L’année suivante, les choses deviennent encore plus sérieuses. Jenson Button dispute l’intégralité de la saison WEC 2024 au sein de Hertz Team Jota qui aligne deux Porsche 963 en Hypercar. Il est sur la n°38 en compagnie d’Oliver Rasmussen et Phil Hanson. « J’ai discuté avec l’équipe Jota tout au long de l’année 2023 et, quand j’étais au Mans pour le Garage 56, nous avons parlé de cette possibilité. Je me suis dit : « J’ai 44 ans, je me sens encore jeune, suis en forme. Voyons si je peux tenir encore quelques années et vraiment donner le meilleur de moi-même. » La raison, c’est que lorsque vous passez d’une voiture à l’autre, vous ne donnez jamais vraiment le meilleur de vous-même. Vous avez besoin de temps pour vous adapter, car tout est différent. A 20 ans, on apprend beaucoup plus vite et quand on a la quarantaine, tout prend un peu plus de temps. Courir pour une équipe privée était aussi vraiment cool pour moi, j’aimais beaucoup l’ambiance. C’était amusant, sérieux, mais aussi très sympa. Les constructeurs vont et viennent, tandis que des équipes comme Jota sont là pour le long terme. J’ai adoré chaque minute. Cette 963 n’était pas une voiture facile à prendre en main avec tous ces systèmes embarqués, je n’avais jamais rien vu de tel. On pouvait régler la voiture virage après virage, il m’a fallu beaucoup de temps pour vraiment comprendre tout ce dont je disposais. En plus, il fallait la conduire comme une GT, être agressif, la lancer dans les virages et ce n’était tout simplement pas mon style. Mais j’ai apprécié le processus et réussi à améliorer mes performances après Le Mans, ce qui était vraiment bien. »

Le Mans 2024 ©️ MPS Agency

A suivre…

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