Mathys Jaubert : de la Porsche Cup à la LMP2 !

Après deux saisons de Porsche Carrera Cup, Mathys Jaubert va débuter en ELMS au sein d’IDEC Sport. Il roulera sur l’Oreca n°18 en compagnie de Jamie Chadwick et Dani Juncadella. Il s’agit de l’auto qui est couvée par « Hyundai ». Pour Endurance Live, il est revenu sur son adaptation à la LMP2, les défis rencontrés et l’importance du travail d’équipe. Entre apprentissage, gestion des pneus et progression constante, il évoque aussi son équilibre entre études et carrière, ainsi que les opportunités offertes par le programme Trajectory de Genesis.

Après un début de carrière réussie en Porsche Carrera Cup, comment s’est déroulé votre passage en endurance (catégorie LMP2) avec IDEC Sport ?

« L’adaptation a été plutôt rapide. La Porsche Cup est une voiture très pointue et exigeante à piloter, donc passer au prototype a été plus simple que prévu. Bien sûr, pour aller très vite, cela demande du travail, mais dès les premiers tours, je me suis senti à l’aise. Le plus gros défi reste la gestion du trafic et des pneus, deux éléments beaucoup moins présents en Porsche. »

©️ IDEC Sport

Votre arrivée en Endurance a-t-elle changé votre perception de la course automobile ?

 « Pas vraiment, car j’ai déjà un peu d’expérience en endurance. J’ai participé deux fois aux 24 Heures de Dubaï, une fois aux 24 Heures de Barcelone et à plusieurs courses en Ultimate Cup Series en proto. Je connais bien les différences entre sprint et endurance et j’aime autant les deux. L’endurance est tout de même ce qui m’excite le plus ! »

 Il y a souvent une différence entre l’idée que l’on se fait d’une discipline et la réalité. Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en LMP2 ?

 « L’organisation et le professionnalisme des équipes. Il y a énormément de personnel autour de la voiture : ingénieurs, mécaniciens, stratèges. C’est un autre niveau par rapport aux catégories que j’ai connues auparavant. On est aussi entouré de pilotes professionnels et d’équipes qui évoluent parfois en WEC, ce qui élève forcément le niveau général. »

©️ IDEC Sport

Comment se déroule votre collaboration avec vos deux coéquipiers et comment travaillez-vous ensemble pour optimiser les performances de la voiture ?

« L’entente est très bonne. Jamie et moi avons d’abord fait deux jours de test à Barcelone, où nous avons bien travaillé ensemble. Ensuite, Dani nous a rejoints au Castellet, et nous a énormément apporté grâce à son expérience. L’objectif est de s’appuyer sur lui pour progresser plus vite. Cela ne signifie pas que Jamie et moi sommes moins rapides, mais il a une grande connaissance de l’endurance, donc nous prenons en compte ses retours pour faire évoluer la voiture au mieux. »

Y a-t-il un conseil que l’on vous a donné récemment et qui a changé votre approche du pilotage ou de la compétition ?

« Le plus important que l’on m’ait dit, c’est de rester moi-même. Je sais le travail que j’ai à faire et la progression viendra avec l’équipe. Cette année, je suis débutant, il n’y a pas de pression à avoir, juste l’envie d’apprendre et de montrer de quoi je suis capable. Ensuite, en endurance, il faut éviter les risques inutiles, notamment dans le trafic. Ce n’est pas une course sprint, donc il faut savoir gérer les pneus, les arrêts aux stands, le changement de pilote et optimiser chaque détail. »

Vous avez été sélectionné par Hyundai Motorsport pour intégrer le « Trajectory Program » de Genesis. Comment ce programme vous aide-t-il dans votre développement en tant que pilote et quelles opportunités supplémentaires vous offre-t-il ?

« Le programme Trajectory de Genesis est une superbe opportunité. Il me permet d’être soutenu par une marque qui investit beaucoup dans le sport automobile et m’ouvre des portes pour l’avenir, que ce soit en Hypercar ou sur d’autres projets. »

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 Vous êtes actuellement étudiant en école d’ingénieur à Marseille avec des horaires aménagés pour sportifs de haut niveau. Comment parvenez-vous à concilier vos études et votre carrière de pilote ?

« Ce n’est pas facile ! D’ailleurs, en ce moment, je suis en révisions pour un partiel demain. Mais c’est quelque chose que j’ai toujours fait, depuis le karting et le lycée, puis avec la Porsche Cup. J’ai la chance d’être dans une école qui aménage mon emploi du temps. Normalement, le cursus se fait en cinq ans, mais je le fais en six ans avec un programme plus allégé pour pouvoir gérer les courses et les entraînements. »

Beaucoup de jeunes pilotes rêvent de suivre votre parcours. Qu’est-ce que l’on ne voit pas derrière les succès et les podiums ?

« Ce que l’on voit le moins, c’est tout le travail en coulisses, surtout en intersaison. Il y a d’abord tout l’aspect financier : avec mon manager, David Zollinger, nous passons du temps à chercher des partenaires pour financer la saison. Ensuite, il y a le travail avec l’équipe pour préparer la voiture et progresser techniquement. Enfin, il y a la préparation physique, qui est essentielle en endurance. En ELMS, il n’y a pas de poids minimum pour les pilotes, donc chaque kilo compte. Cet hiver, j’ai travaillé pour être plus affûté et gagner en endurance sur les longs relais. »

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