Giorgio Roda (Duqueine) : « Aucun secret pour décrocher des pole positions, seulement du travail…»

Référence de la qualification en LMP2, Giorgio Roda enchaîne les pole positions en European Le Mans Series comme en Asian Le Mans Series. Désormais engagé avec Duqueine Team (avec Doriane Pin et Richard Verschoor), l’Italien revient sur sa méthode, son adaptation à différents environnements techniques et ses ambitions claires pour 2026 : transformer sa vitesse en titre, quitte à faire l’impasse sur les 24 Heures du Mans.

Pouvez-vous nous expliquer votre secret pour décrocher autant de pole positions ?

« Il n’y a aucun secret. J’essaie simplement d’assembler tous les éléments : le travail effectué lors des essais libres, l’analyse des données, des vidéos… Tout est mis bout à bout pour viser le tour parfait. On regarde aussi les LMP2 Pro, qui sont plus rapides avec des pilotes professionnels, ce qui montre qu’il y a toujours une marge de progression. Et elle existe réellement : par rapport à l’an dernier, j’ai gagné environ une seconde à une seconde et demie en qualification. Je me sens très à l’aise avec cette voiture, aussi bien sur un tour que sur le rythme de course. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : j’ai signé 11 ou 12 poles en ELMS, et en ajoutant l’Asian Le Mans Series, j’en suis à environ 23 ou 24 en deux ans. Les résultats sont élevés et cette saison, elles se traduisent enfin en résultats en course, contrairement aux années précédentes où, malgré de bons débuts de relais, la stratégie ou les safety cars venaient perturber nos performances. À Barcelone, nous avons décroché une belle troisième place, ce qui constitue un très bon début de championnat. »

Vous évoquez l’Asian Le Mans Series. Comment parvenez-vous à signer des pole positions sur des circuits que vous connaissiez moins au départ ?

« Désormais, je les connais bien, cela fait trois ans que je participe à ce championnat. J’ai aussi disputé plusieurs fois les 12 Heures d’Abu Dhabi, donc ce circuit m’était déjà familier, notamment en GT. Dubaï est une piste “old school” : l’asphalte est bosselé, pas lisse, et j’apprécie ce type de tracé en LMP2, surtout en qualifications où l’on est à la limite, notamment au freinage avec un risque élevé de blocage. Sepang est, selon moi, un circuit magnifique, même si les conditions sont très exigeantes avec la chaleur et l’humidité. C’est aussi un championnat où j’ai dû m’adapter, notamment à cause des pneus Michelin, contrairement aux Goodyear en ELMS. Le pic de performance et la dégradation sont différents, donc le timing pour réaliser le tour rapide change. Mais là aussi, nous avons montré que nous pouvions être constamment aux avant-postes. »

© MPS Agency

Parlons de Duqueine et de votre nouvel équipage. Comment vous sentez-vous ?

« Très bien, je suis content. J’ai passé trois ans chez Proton, qui est un peu une seconde famille. J’avais déjà couru avec eux en 2018 en LMGTE, nous avions remporté le championnat, puis j’ai poursuivi l’aventure. C’est grâce à eux que je suis passé en LMP2, ce que je n’imaginais pas forcément dans ma carrière, étant plutôt orienté GT. Cette année, j’ai eu une opportunité avec United pour l’Asian Le Mans Series, ce qui m’a poussé à changer d’environnement. Ensuite, Duqueine m’a proposé un programme en ELMS avec un line-up très solide. Quand j’ai su avec qui j’allais rouler, j’étais très enthousiaste. Richard est extrêmement rapide, il l’a prouvé en Formule 2, et Doriane est vraiment impressionnante. Travailler avec eux est très agréable. Ils sont tous les deux pilotes de développement, chez McLaren pour l’un, Mercedes et Peugeot pour l’autre, le niveau est donc très élevé. Au-delà de la piste, l’ambiance est excellente. On travaille sérieusement, on analyse les données, puis on sait aussi relâcher la pression. C’est essentiel pour construire un bon week-end. »

Pourquoi n’avez vous pas participé aux 24 Heures du Mans cette année ?

« Principalement pour des raisons de temps et de budget. J’ai eu quelques propositions. Le Mans est une course exceptionnelle : j’y ai participé deux années consécutives, avec une troisième place en GTE avec Ford, puis une autre en LMP2 l’an dernier. Faire une troisième participation aurait été très spécial. Mais aujourd’hui, même si je pilote à un niveau professionnel, cela reste en partie une activité parallèle puisque je travaille en dehors du sport automobile. Il m’était difficile de m’absenter deux semaines. J’ai donc choisi de me concentrer sur l’ELMS avec l’objectif d’aller chercher le titre. Après, on ne sait jamais : une opportunité de dernière minute peut toujours se présenter, sinon rendez-vous peut-être en 2027. »

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