Oliver Gray a été l’une des révélations de l’ELMS 2025 avec son titre Pilotes, son talent et sa vitesse de pointe qui ont sauté aux yeux de tous les acteurs du paddock. D’ailleurs, les organisateurs ne s’y sont pas trompés en lui donnant l’opportunité de disputer le Rookie Test WEC de Bahreïn. Endurance Live a pu le rencontrer pour en savoir plus sur ce jeune pilote.
Avant d’être titré en ELMS 2025, le futur champion a gravi les marches du sport automobile comme beaucoup de jeunes. « J’ai commencé en karting. J’ai été champion de Grande-Bretagne et vice-champion d’Europe en karting. Ensuite, je suis monté en F4 britannique en 2021. J’y ai couru pendant deux ans et été vice-champion en 2022, puis je suis passé directement en FIA Formule 3. Ce fut ma dernière année en monoplace car nous savions qu’il fallait faire basculer vers l’endurance, notamment pour des raisons de budget et de carrière. C’était un bon choix et jusqu’à présent, j’apprécie vraiment. » Mais a-t-il choisi l’endurance par envie ou par dépit. Le jeune britannique ne se cache pas. « L’endurance m’a toujours attiré, notamment à cause des 24 Heures du Mans, et aussi parce que j’espère courir un jour en Amérique et en WEC. C’est l’objectif principal de ma carrière, ça l’a toujours été. Courir les 24 Heures du Mans cette année était un grand rêve pour moi, c’était incroyable. »
Ses premiers pas en Endurance passent par l’ELMS en 2024 au sein d’Inter Europol Competition. Il est associé sur l’une des deux Oreca de l’équipe à Luca Ghiotto et Clément Novalak. Il garde un bon souvenir de cet apprentissage. « C’était une bonne année. On a eu quelques situations malheureuses, mais on avait toujours un très bon rythme. L’équipe était solide avec Clément et Luca. Une bonne première saison où on aurait pu marquer plus de points, mais j’ai montré que j’étais un pilote rapide. C’est comme ça que l’opportunité avec Panis Racing s’est présentée. » En effet, l’équipe française devenue VDS Panis Racing s’intéresse à lui et l’engage. Le pilote de 20 ans justifie ce choix. « VDS Panis Racing était ce qui avait le plus de sens, notamment avec leur équipage et leur philosophie d’équipe. C’était une opportunité que je ne pouvais pas refuser. Clairement, ça a porté ses fruits vu les résultats cette saison. »
Justement dans sa saison, encadré par Esteban Masson et Charles Milesi, Oliver Gray a remporté trois courses sur les six disputées (Imola, Spa et Portimão) et surtout coiffe la couronne. Une saison qu’il n’est pas prêt d’oublier. « Elle a été incroyable, l’une des plus agréables de ma vie. Pas seulement pour les résultats, le titre, mais surtout grâce aux personnes qui m’entourent. Travailler avec Esteban, Charles, Olivier et toute l’équipe a été génial. Je suis tellement heureux que nous ayons enfin pu ramener le titre à Olivier, après toutes ses années d’efforts en ELMS et au Mans. Les résultats viennent aussi du fait qu’on a créé une très forte cohésion de groupe. J’espère sincèrement que nous pourrons travailler à nouveau ensemble à l’avenir.»
L’autre fait marquant de son année 2025 reste cette deuxième place décrochée aux 24 Heures du Mans avec Esteban Masson et Franck Perera. Ils échouent à quelques secondes de la victoire décrochée par Inter Europol Competition (n°43). Quand on lui demande s’il est satisfait du résultat ou frustré de passer si proche de la victoire, il répond. « Les deux ! Nous étions contents de la deuxième place, même avant la pénalité d’Inter Europol. C’était incroyable d’être sur le podium, mais frustrant parce qu’on sentait qu’on pouvait gagner la course à quelques minutes de l’arrivée. J’aurais aimé en profiter davantage sur le podium, mais ça reste la meilleure course de ma vie. »
Après la finale de Portimão et le titre, Oliver Gray s’est envolé pour Bahreïn et le Rookie Test. Sélectionné par l’ELMS, il a pu prendre le volant de la voiture championne du monde WEC 2025. « Une superbe surprise. J’étais au travail quand le directeur sportif du WEC m’a appelé. J’étais aux anges. C’est une étape très importante pour ma carrière. Mon objectif à long terme est de piloter une Hypercar. Là, c’était une 499P. J’étais heureux d’être là bas et de pouvoir me montrer aux équipes. » Il a pu piloter la Ferrari 499P n°50 et le jeune Britannique s’est plus que bien comporté. L’après-midi, Lilou Wadoux a signé un 1’49’’926 et était suivie d’Alessio Rovera (1’51’’297), les deux étant pilotes officiels. Olivier Gray a bouclé 57 tours au total, réalisant un meilleur temps de 1’50″599. « Je connaissais un peu la Porsche 963, mais en revanche, la Ferrari était complètement nouvelle pour moi. Ce fut une belle expérience d’apprentissage que j’ai énormément apprécié. Il a fallu que je me fasse aux commandes de la 499P avec beaucoup de choses à apprendre. C’était énormément d’informations à assimiler. Je ne pense pas avoir tout retenu en une seule journée, mais j’ai essayé au moins d’en maîtriser les bases (rires). Ce fut une journée très importante pour moi. Je tiens à remercier Ferrari de m’avoir donné cette opportunité, qui m’a beaucoup appris d’acquérir de l’expérience. »
La saison 2026 s’ouvre mais on ne connait toujours pas le futur du pilote né à Woking en Angleterre. « Je suis passé Gold le 1er janvier 2026, ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise chose. C’est une récompense pour mes performances, mais ça rend les choses plus compliquées face aux pilotes professionnels. On a plusieurs options, on doit juste choisir la meilleure. Je serai de retour dans ce paddock ELMS l’an prochain, et j’espère avoir d’autres opportunités en endurance. » En dehors de l’ELMS où il pourrait défendre sa couronne, Oliver Gray lorgne sur un autre championnat qu‘il affectionne. « J’adorerais courir en IMSA, mais en tant que Gold, ce sera plus compliqué en 2026. J’ai eu des opportunités en IMSA quand j’étais Silver, mais elles ont disparu avec mon changement de statut. Je dois continuer à travailler, à me montrer, et à prouver aux constructeurs que j’ai ce qu’il faut. »
On devrait en savoir bientôt plus sur le futur de ce jeune homme talentueux de 20 ans seulement qui ne manque pas d’ambitions. « Je veux travailler avec un constructeur et viser le titre de champion du monde WEC ». C’est tout le mal qu’on lui souhaite !

