Après une course plutôt compliquée à Fuji, Ayhancan Güven espère que Porsche sera plus à l’aise à Barcelone. Le pilote évoque le monde du sport automobile en Turquie et la génération de jeunes talents qui émerge.
Comment s’est passé votre course de Fuji ? Pensez-vous que le circuit de Barcelone conviendra à la Porsche ?
« À Fuji, nous avons commencé la course depuis la dernière place. James (Cottingham) a fait un travail incroyable. Malheureusement, nous avons écopé d’un drive-through. A la fin, au dernier arrêt aux stands, nous avons joué la carte de la prudence. Après sur des circuits comme Fuji, nous souffrons pas mal en ligne droite. Au final, certains concurrents devant nous n’ont pas marqué de points. Donc, je pense que globalement, on progresse, même si on est clairement devancés par les leaders. Pour les deux dernières courses, tout peut arriver. J’espère que l’on sera en meilleure position à Barcelone. Je ne sais pas quelle va être la hiérarchie. Je l’espère sincèrement car notre course à Fuji a été très difficile. »
Vous pilotez dans différents championnats avec une GT3. Est-ce que cela vous aide et vous rend plus performant ?
« Non, pas spécialement, ça m’aide seulement à bien connaître la voiture. Chaque championnat a des pneus différents et il faut s’adapter, les règles sont aussi différentes. »
Depuis le début de la saison, on voit que les Porsche sont solides en course. Est-ce que vous sacrifiez la qualification pour optimiser les réglages course ?
« Pour être honnête, pour chauffer les pneus sur des pistes comme Fuji, pour nous, c’est assez compliqué. »
Aujourd’hui, on voit de nombreux pilotes turcs en sports mécaniques, que ce soit en WEC et même en moto. Est-ce qu’il y a une génération dorée ?
« On a une superbe génération qui arrive. Quand j’étais plus jeune, je n’avais pas spécialement de modèle, d’idole, donc c’était assez compliqué. Aujourd’hui, c’est plus simple pour les jeunes. Ça leur permet de s’inspirer et de tirer des choses de cela. Et j’ai dû tout recommencer à zéro, car quand on n’a pas beaucoup appris dans son pays et qu’on arrive en Europe sans connaître personne, on se sent un peu perdu. Apprendre est difficile, mais aujourd’hui, la culture de la conduite est plus développée et il y a plus de pilotes. Les jeunes sont plus proches de nous, donc j’imagine que c’est plus facile pour eux d’apprendre. »
En France, nous avons des académies de détection de pilotes et même la FFSA Academy. Existe-t-il des structures similaires en Turquie ?
« Je connais bien la FFSA Academy et j’ai un énorme respect pour le travail qui est fait. Nous n’avons pas de choses similaires. À titre personnel, je suis soutenu par la fédération turque mais je suis un cas spécial. On verra dans le futur avec l’émergence de jeunes talents si une structure semblable à la FFSA Academy voit le jour. »
Est-ce que les Turcs sont passionnés par le sport automobile ?
« De plus en plus. J’ai une bonne « fan base ». J’ai des supporters qui me suivent depuis la Porsche Carrera Cup et aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux. Peut-être que dans les années à venir, cette communauté se sera étoffée. La Formule 1 est revenue en Turquie, notre circuit est de plus en plus actif, je pense que cela joue. »

