La rédaction d’Endurance Live a rencontré Theodor Jensen lors des 4 Heures de Spa Francorchamps. Le pilote danois a retracé sa jeune carrière, partagé son ressenti après une première moitié de saison en ELMS et une première participation prometteuse aux 24 Heures du Mans.
Théodor, vous avez commencé le sport automobile il y a relativement peu de temps… Racontez-nous ces débuts.
« J’ai commencé en F4 au Danemark en 2022, sans aucune expérience préalable en karting. En 2023, j’ai poursuivi mon chemin en F4 espagnole ainsi qu’en F4 UAE. A l’époque, le plus important était simplement d’accumuler beaucoup de tours et de kilomètres – bref, de l’expérience – dont je manquais grandement. Puis, l’année suivante, je suis passé en Eurocup. Ça s’est plutôt bien passé. J’ai beaucoup progressé et commencé à marquer pas mal de points ».
Vous allez ensuite faire des débuts tonitruants en Endurance en 2024.
« Oui, j’ai disputé une course, à Spa, en Michelin Le Mans Cup avec Bretton Racing et… nous avons gagné ! À l’origine, j’étais seulement censé courir cette épreuve, mais fort de cette victoire, on s’est dit : « Faisons la fin de saison !». Les choses se sont ensuite enchainées avec une participation aux Rookie Tests ELMS chez CLX Motorsport (sur une LMP2, Oreca 07) et R-Ace GP (sur une LMP3, Duqueine D08). Très rapidement par la suite, Nico (Lapierre) m’a demandé si je voulais piloter pour lui. À vrai dire, nous n’avions pas prévu de faire de l’endurance, mais nous savions que CLX était la meilleure équipe en LMP3. Nous ne pouvions pas vraiment dire non ! Nous avons donc décidé de nous lancer – c’était probablement le bon choix. »
Votre saison en ELMS chez CLX Motorsport, dans la catégorie LMP3, a tout bonnement été exceptionnelle…
« Oui. Nous avons réalisé une saison quasi parfaite. Cinq victoires sur six courses, avec un abandon dû à une défaillance mécanique. L’étape logique, après le titre, était de passer en LMP2 en 2026. A nouveau, cela a clairement été la bonne décision».
Est-ce difficile de s’adapter à une LMP2 quand on vient de la LMP3 ?
« C’est différent. Il y a davantage de puissance, beaucoup plus de vitesse, en fait « davantage de tout ». Ça freine plus fort avec les freins carbone. C’est parfois un peu difficile parce qu’il y a beaucoup plus de choses à gérer dont davantage de systèmes sophistiqués sur le volant. Il m’a fallu un peu de temps pour m’y habituer. Je dirais qu’après ma cinquième ou sixième journée d’essais, j’étais assez à l’aise avec la voiture».
Vous avez aussi disputé l’Asian Le Mans Series avec High Class Racing ?
« Oui. CLX n’y participait pas et je voulais acquérir de l’expérience en LMP2. C’était une bonne préparation pour l’ELMS. J’y ai accumulé beaucoup d’expérience en course ».
Comment jugez-vous votre début de saison en ELMS cette année (n°37 avec Adrien Closmenil et Ian Aguilera ?
« Force est de constater que nous avons été assez irréguliers. Pour autant, je pense que notre rythme est vraiment élevé. Nous avons montré un très bon potentiel. Nous avons simplement été victimes de quelques circonstances malheureuses ».
En marge de ta saison en ELMS, vous avez pu participer à vos premières 24 Heures du Mans. Comment cela s’est-il déroulé ?
« C’était très spécial d’être là en tant que pilote. Il y avait énormément de choses à faire. C’est un tracé vraiment particulier où il faut piloter d’une manière différente. Au fil de la semaine, ça allait de mieux en mieux. Pour nous, le plus important était d’avoir confiance. Puis la course a commencé et tout s’est très bien déroulé. Nous n’avons eu aucun accident. Bref, une course très propre, sans erreur. Nous avons toutefois été malchanceux avec le timing de sortie de la voiture de sécurité au début de la nuit. Cela nous a fait perdre du terrain, quelques trois minutes ou un tour environ. Nous avons finalement terminé cinquièmes à environ deux minutes du leader mais je pense que nous étions au même niveau que les meilleurs en termes de vitesse et de stratégie. »
Comment Nicolas Lapierre vous a-t-il aidé à vous préparer pour Le Mans ?
« Il connaît Le Mans comme le fond de sa poche. Aussi, il nous a prodigué beaucoup de conseils. Pour lui, le plus important était de terminer et ne pas aller chercher forcément un résultat. Son point étant « si tu fais du bon travail et que tu ne commets pas d’erreur, tu termineras forcément à une bonne place ». C’est probablement le meilleur conseil qu’il nous ait donné. Il nous a accompagné tout au long du week-end, même s’il était souvent dans le garage Alpine. Il nous a aidé à rester calme, de gérer notre récupération et notre repos ».
Quelles sont vos ambitions pour l’année prochaine ?
« Pour sûr, ce sera d’être à nouveau en LMP2, cette année ayant été une saison d’apprentissage. Je commence à me sentir vraiment bien dans cette voiture. Ce n’est plus comme avant lorsque je me disais : « il va me falloir une séance pour m’y remettre. ». Je suis maintenant d’attaque tout de suite. J’aimerais également aller aux États-Unis en IMSA. Je pense que c’est très important d’acquérir de l’expérience là-bas sur de nombreux circuits, et appréhender leur manière de courir. »

