Dans un univers du simracing en pleine explosion, certaines équipes se distinguent par leur vision, leur rigueur et leur capacité à repousser les limites du virtuel comme du réel. Delta V Racing fait partie de ces structures qui ont su transformer une passion en véritable projet sportif. À la tête de cette équipe ambitieuse, ses fondateurs incarnent une génération de pilotes et de managers pour qui la performance numérique n’a rien à envier aux paddocks traditionnels. Entre innovation, esprit de compétition et volonté de professionnaliser la discipline, Kévin Chaillon et Christophe Demay reviennent pour Endurance Live sur la naissance de la Delta V Racing, ses valeurs, ses ambitions et la manière dont il voit évoluer l’écosystème du simracing dans les années à venir.
Kévin, vous êtes le Team Manager de Delta V Racing, expliquez-nous l’histoire de votre aventure.
« Je suis Kevin Chaillon, le team manager de Delta V Racing, je suis accompagné dans cette aventure de Christophe Demay qui est mon adjoint. Nous sommes actifs depuis mai 2021, Delta V Racing est né sur une ancienne structure qui était en perdition. Nous nous sommes basés initialement sur la simulation iRacing et nous avons cherché à nous développer sur d’autres projets par la suite. Depuis la fin de l’année 2025, nous avons développé des compétences sur le jeu Le Mans Ultimate, le jeu officiel de l’ Automobile Club de l’Ouest et du Championnat du monde d’endurance, le FIA WEC. De fil en aiguille, nous avons cherché des partenaires pour nous accompagner, pour monter en puissance et participer à des courses virtuelles de très haut niveau. Nous sommes aujourd’hui en relation avec l’équipe française Akkodis Asp Team qui participe au championnat du monde d’endurance et qui a participé aux 24 Heures du Mans. Delta V Racing a signé un partenariat avec cette équipe du réelle et nous en sommes très fiers. »
Le rôle de Christophe est différent du vôtre, quelles sont ses fonctions exactes ?
« De mon côté, je vais orchestrer le tout, que ce soit entre nos partenaires qui ont une influence sportive, j’influe aussi sur la direction sportive de l’équipe, je gère le staff, la communication, le sponsoring et le marketing. Christophe gère de son côté le programme sportif pur et dur, les effectifs et pilotes en collaboration avec les responsables de pôles. Il est le moteur sportif de l’équipe en s’assurant que la direction suivie soit bonne. Les responsables de pôles et les ingénieurs s’occupent de la stratégie, de la préparation et des réglages des voitures. »
Vous dîtes que vous suivrez l’équipe Akkodis Asp Team au gré des courses du championnat FIA WEC réelles, en quoi cela consiste exactement ?
« Pour être précis, nous allons suivre le tempo des développeurs du jeu Le Mans Ultimate. En fonction de cela, nous nous adapterons à ce calendrier en fonction de la fréquence des courses d’endurance. Tous nos pilotes ne peuvent pas forcément concourir sur toutes les courses, la problématique est là. Il y a beaucoup plus de courses disponibles en virtuel qu’en réel. Donc, on sélectionne bien nos présences, histoire de frapper fort quand on est là. Les « special event » de Le Mans Ultimate suivent les courses réelles du calendrier FIA WEC. Sur ces courses qui se produisent une semaine après la manche réelle, nous répondons bien évidemment présent. Cela fait directement écho au réel. »
Quelles sont les particularités et objectifs d’un partenariat entre une équipe de sport automobile réelle et une équipe de simracing ?
« Concrètement on fait comme eux mais en virtuel. La gestion d’une équipe de simracing a énormément de similitudes avec une équipe réelle. On s’occupe de faire rouler leur équipe dans le virtuel. On exploite en quelque sorte leur image tout en restant maître de celle-ci et de la nôtre. On les aide sur le simulateur qui est disponible à leur atelier. Celui-ci est moins poussé que celui que Toyota Europe peut proposer à Cologne mais il aide certains pilotes à l’apprentissage ou pour se remémorer certains tracés. À côté de cela, il y a un réel enjeu d’image de marque pour Akkodis Asp Team notamment pour se faire connaître auprès d’un public plus jeune et pour s’associer à l’univers du simracing. Ce côté inédit et avant-gardiste a déjà eu un grand retentissement dans la sphère du simracing francophone. »
Vous étiez présent aux 24 Heures du Mans il y a quelques jours, que proposiez-vous ici à vos visiteurs dans l’hospitalité Akkodis Asp Team ?
« Nous étions en immersion avec l’équipe Akkodis ASP Team. On a pu vivre la course au plus près et profiter du podium ! Nos pilotes et notre staff ont pu voir les voitures de près et visiter les boxs de l’équipe. À côté on a proposé pendant tout le week-end de course, comme à Spa, un simulateur dans leur hospitalité pour permettre à leurs invités de vivre les sensations de pilote de la Lexus RCF LMGT3 sur Le Mans Ultimate, en partenariat avec nos sponsors Zandor, The French Simracer et Conspit. Ce genre d’évènement permet aussi de partager la passion du sport automobile qui nous anime et de mettre de la lumière notre sport, le simracing. »
Quelle est la prochaine course virtuelle de Delta V Racing ?
« La Delta V Racing s’engage sur une course virtuelle de 6 Heures sur le circuit du Mans les 27 et 28 juin prochains, c’est un “special event” officiel de Le Mans Ultimate. Un équipage GT représentera la Lexus RCF n°78 d’Akkodis Asp Team et peut être un autre sur la n°87. En plus de cela s’ajoute le lancement du plus gros championnat de la plate forme, le “Virtual Motorsport Series”. Nous avons une Lexus RCF LMGT3 engagée en “Pro Series”, le plus haut niveau de la compétition et deux prototypes Toyota Hypercar en “Contender Series”, le deuxième plus haut plateau de la série. Côté iRacing, nous préparons activement les 6 Heures de Watkins Glenn qui auront lieu ce week-end où nous engageons deux GT3 et deux GTP. Arriverons ensuite les 24 Heures de Spa où nous espérons frapper fort ! »
Avez-vous des pilotes de la véritable équipe réelle Akkodis Asp Team parmi vos simracers ?
« Ce n’est pas encore le cas, mais nous aimerions beaucoup que cela puisse se produire dans le cadre de notre partenariat avec l’équipe qui a terminé à la 2e place en LMGT3 dimanche dernier aux 24 Heures du Mans. Il y a des pilotes réels qui roulent en virtuel et inversement chez la Delta V Racing. Par exemple, Eros, il participe en réel au championnat Ultimate Cup Series ou encore Paul Levet en Super Trofeo et Italian GT Championship. Nous avons aussi chez nos pilotes des personnes qui ont un niveau je dirais plus amateur qui sont engagés sur des courses de côtes ou de karting. Nous avons recruté très récemment Arthur Chateignier, Eliott Brocard, Dylan Léon qui sont des pilotes de karting de niveau national. »
Le virtuel de haut niveau ne serait-il pas finalement un palliatif aux pilotes en manque de compétition durant l’hiver par exemple ?
« Oui, nous avons des projets que nous aimerions mettre en place avec eux justement quand ils auront du temps libre. Ce sont des mordus de sport automobile, ils ont toujours envie de rouler comme nous l’a précisé Esteban Masson. Deux semaines sans tenir un volant, c’est compliqué pour lui… Lors de la prochaine trêve hivernale, il y aura des choses qui vont être mises en place, nous l’espérons et vous le communiquerons en temps et en heure. »
Êtes-vous à la pointe de la technologie sur le simulateur que vous avez présenté aux 24 Heures du Mans ?
« L’évolution technologique est très importante sur nos simulateurs. Un partenaire chinois qui nous a rejoint en début d’année, Conspit, propose un niveau de qualité et de technologie très avancé. Quand vous prenez le volant 300GT qui nous est mis à disposition, vous constatez qu’il y a du carbone et de l’aluminium, le produit est vraiment haut de gamme et très complet, sans parler du nombre de boutons disponibles. Les pédaliers sont hydrauliques, sur notre simulateur, le pédalier hydraulique est équipé d’un maître-cylindre. C’est pour vous dire à quel point on se rapproche d’un pédalier d’une voiture réelle. »
Qu’est ce qui motive Delta V Racing à se développer ?
« Ce qui nous porte le plus dans le projet, c’est le passage du réel au virtuel, ce fameux point de rencontre entre les deux mondes. J’ai plutôt l’habitude de dire qu’on est une équipe de simracing et non de eSport. L’eSport correspond plus à un modèle économique comme les League of Legends, les Rocket League où on est sur des gros événements avec des gros gains à la clé. Même si le budget devient un sujet de plus en plus courant dans le simracing, nous on est sur de la simulation et de la passion pur et dur. Le but est clairement d’allier le réel au virtuel. Comme je l’ai précisé auparavant, le projet d’affiliation avec Akkodis Asp Team est la consécration de tout notre travail pour aller dans ce sens-là. Nous voulons apparaître aussi constamment au très haut niveau, ce qui a été le cas à quelques occasions l’année dernière. S’installer de manière pérenne dans ce projet et être visible pour nos partenaires, nos marques, nos pilotes, c’est important. Depuis toutes ces années, on est un peu dans une « success story », on ne fait que d’aller en avant, côté marketing, sponsoring et budget. Delta V Racing avance encore et toujours. Côté sportif, nous rencontrons énormément de réussite. Tout nous pousse à continuer et avancer. Comme on a l’habitude de le dire : le travail paye toujours et le meilleur reste à venir ! »

