24 Heures du Mans 2026 – Chronique Clément Mateu : « Il n’y a pas à rougir, mais forcément il y a de la frustration »

Après les qualifications des 24 Heures du Mans, notre chroniqueur Clément Mateu revient sur une soirée contrastée. Déçu de ne pas avoir décroché une place en Hyperpole avec Racing Spirit of Léman, le pilote français garde toutefois la tête froide et se tourne déjà vers le véritable enjeu : préparer la course.

La soirée de qualifications a laissé un goût mitigé. Forcément, il y a de la déception et de la frustration. Pas parce que nous nous attendions à être devant naturellement, mais parce qu’en tant que structure privée, réussir à se qualifier pour l’Hyperpole aurait représenté un véritable exploit. Quand on regarde le niveau de la concurrence chez les pilotes Bronze, on se rend compte à quel point le plateau est relevé cette année. Les chronos sont tombés très vite. Honnêtement, ça roulait extrêmement fort. De notre côté, nous avons accumulé quelques petits retards dans notre préparation et nous les avons payés au moment où il fallait tout mettre bout à bout. J’assume ma part de responsabilité à 100 %. Au Mans, chaque détail compte et lorsqu’on arrive en qualifications, il faut être prêt immédiatement.

Ce qui est frappant, c’est de voir l’évolution du niveau. L’an dernier, avec un chrono similaire, nous aurions été aux portes du Top 10. Cette année, cela nous place beaucoup plus loin dans la hiérarchie. Cela montre à quel point la catégorie s’est densifiée. Même lorsque l’on regarde les performances de mes coéquipiers, on mesure le niveau du plateau, le niveau du FIA WEC et des 24 Heures du Mans est extrêmement élevé.

©️ Nico Deumille - Racing Spirit of Léman

Il ne faut pas oublier non plus que nous sommes rookies au Mans avec Marius (Fossard). C’est un facteur qui compte. Chaque séance permet encore d’apprendre, de comprendre certains détails du circuit, du trafic ou de la gestion de l’événement. La performance des pilotes Bronze est aujourd’hui très impressionnante et il faut savoir le reconnaître. Pour autant, je ne pense pas que nous soyons à notre place par défaut ou que nous n’ayons rien à faire ici. Loin de là. Mais il faut être lucide : face aux moyens engagés par certains concurrents, que ce soit au niveau des pilotes ou des structures, parvenir à se hisser en Hyperpole aurait été un véritable exploit.

C’est finalement la principale déception de cette qualification. Je suis surtout déçu pour mes coéquipiers, car j’aurais aimé que nous puissions tous avoir l’opportunité de nous mesurer directement aux meilleurs et montrer notre potentiel dans cette phase de la compétition. Maintenant, il faut aussi garder du recul. Aux 24 Heures du Mans, partir premier ou vingt et une ne garantit absolument rien. Cette course a toujours rappelé qu’il fallait la respecter avant tout. Ce qui compte aujourd’hui, c’est la préparation du rythme de course.

Nous avons encore du temps de roulage devant nous avec les essais libres et c’est désormais là-dessus que tout notre travail va se concentrer. L’objectif est clair : trouver de la constance et être capable d’enchaîner les relais à un rythme solide. Pour ma part, la cible est de rester régulièrement sous les quatre minutes au tour. Ce sera l’une des clés pour réaliser un début de course au niveau attendu par l’équipe et par le plateau Bronze.

La qualification est derrière nous. Désormais, toute l’attention est tournée vers l’essentiel : être prêts lorsque le drapeau tricolore s’abaissera samedi après-midi.

Merci de me suivre et à très bientôt.

Clément Mateu

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