Sébastien Bourdais (Cadillac) : « Le Mans représente plus que n’importe quelle autre course car j’y ai grandi ! »

Sébastien Bourdais a un long passé avec sa course de coeur, son épreuve à domicile : les 24 Heures du Mans. Le Sarthois, qui va disputer ses 20e Le Mans, est revenu sur son attachement au Mans, ses souvenirs en Sarthe, ses plus belles heures en sport automobile. Une confession à cœur ouvert…

Quel âge aviez-vous lorsque vous avez assisté pour la première fois aux 24 Heures du Mans ? Quels souvenirs en gardez-vous ?

« La première fois, j’avais peut-être cinq ans, quelque chose comme ça. Nous allions toujours au moins aux essais de nuit ou à une séance pour voir les voitures. Nous habitions très près des virages de Mulsanne et d’Indianapolis, et c’était toujours très intéressant de regarder depuis l’extérieur du circuit. Il y avait les gros freinages, les disques de frein qui rougissaient, et je m’en souviens très bien. À l’époque, je ne regardais pas cela avec le regard d’un initié, car mon père n’avait pas encore participé au Mans, mais j’ai pratiquement grandi sur les circuits. Même si les voitures étaient différentes, c’était un environnement familier pour moi. Je regardais cela avec les yeux d’un enfant qui avait grandi dans le monde de la course automobile. »

Vos parents assistent à beaucoup de vos courses en WEC. Quelle importance cela a-t-il pour vous d’avoir votre famille présente sur les circuits ?

« Je suis enfant unique, donc nous avons toujours été très proches, et la course automobile est clairement quelque chose que nous partageons. Je n’ai pas toujours le temps de passer beaucoup de moments avec eux pendant les week-ends de course, mais j’apprécie toujours leur présence et le fait de partager cette passion qui nous a toujours réunis. En sport automobile, on perd plus souvent qu’on ne gagne, même lorsqu’on a une carrière exceptionnelle, mais nous avons vécu et partagé beaucoup de très beaux moments. Cela a toujours fait de nous un groupe très soudé. »

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Vous avez participé à ce que beaucoup considèrent comme les trois plus grandes courses du monde (Le Mans, le Grand Prix de Monaco de F1 et les 500 Miles d’Indianapolis). Qu’est-ce qui rend ces épreuves aussi mythiques ?

« Tous les grands événements du sport automobile comme Le Mans, Monaco, Indianapolis, et dans une certaine mesure Daytona, Sebring ou le Nürburgring, possèdent une histoire. C’est l’élément le plus important. Une histoire faite des plus grands pilotes, des plus grandes équipes et des voitures les plus marquantes. C’est ce qui crée les héritages et les légendes. Ensuite, ces courses atteignent un niveau totalement différent en termes d’ampleur et d’engouement. Lorsque vous participez à ces événements, ce n’est comparable à rien d’autre. Tout le monde veut les gagner parce que l’on souhaite faire partie de l’histoire de ce sport que l’on aime tant. Il y a une immense fierté à rejoindre cette liste de légendes. Pour moi, Le Mans représente plus que n’importe quelle autre course parce que j’y ai grandi et que j’y ai couru de nombreuses fois. J’ai déjà été tout près de la victoire à plusieurs reprises, et c’est une course extrêmement difficile à gagner. Peut-être que cette année sera la bonne ! »

Quelle est votre plus grande réussite sportive à ce jour ?

« Je dirais mes années en Champ Car et mes quatre titres consécutifs. Je crois que j’ai remporté 31 victoires et pole positions en 73 courses. Toute cette période, la cohésion avec l’équipe, l’ambiance familiale qui régnait et l’effort collectif nécessaire pour maintenir un tel niveau de domination ont été extraordinaires. J’avais également une maîtrise totale de cette voiture presque dès la première fois que je suis monté dedans. C’était tout simplement la combinaison parfaite pour mon style de pilotage. Cela restera certainement la plus belle période de ma carrière. Je suis fier de beaucoup de choses que j’ai accomplies depuis, mais c’est clairement ce qui ressort le plus lorsque je regarde mon parcours. »

Indy 2021© MPS Agency

Préparez-vous les 24 Heures du Mans différemment des autres manches du WEC ? Si oui, comment ?

« Je ne pense pas que nous préparions Le Mans de manière particulièrement différente des autres courses. Il y a toujours énormément de travail pour chaque épreuve WEC. Tous les pilotes et toute l’équipe sont pleinement concentrés sur la performance à chaque course. Bien sûr, tout le monde veut gagner Le Mans un peu plus que les autres, mais le processus reste essentiellement le même. La différence, c’est que le temps de roulage est beaucoup plus important au Mans. Entre la journée d’essais, les différentes séances et les multiples qualifications, vous arrivez généralement au départ de la course en vous sentant beaucoup plus préparé et prêt que lorsque vous n’avez effectué qu’une quinzaine de tours. »

Comment avez-vous occupé votre temps entre Spa et Le Mans ?

« Nous avons effectué une séance d’essais, donc je suis allé à Silverstone pour deux jours. Ensuite, je suis allé directement au simulateur à Indianapolis, ce qui fait partie du processus habituel pour optimiser les performances. Nous travaillons constamment à trouver les meilleurs réglages possibles. Le travail ne s’arrête jamais et, que ce soit pour Le Mans ou pour une autre manche WEC, la préparation reste la même. C’est simplement qu’une course de 24 heures demande davantage d’organisation, notamment pour l’équipe qui doit prévoir plus de pièces de rechange, davantage de personnel car la semaine est très longue. Pour les pilotes, ce n’est pas facile, mais c’est encore plus exigeant pour l’équipe technique. Quant à ma préparation physique, elle se poursuit tout au long de l’année. On ne peut pas essayer de tout faire au dernier moment pour Le Mans. Cette course est davantage une question de gestion de la fatigue que de condition physique pure. Lorsqu’il fait très chaud, cela devient évidemment plus éprouvant pour l’organisme, donc l’hydratation tout au long de la semaine est essentielle. Mais sinon, je ne fais rien de particulièrement différent. »

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