Les 24 Heures du Mans : un véritable laboratoire d’innovations technologiques

Depuis sa création en 1923, les 24 Heures du Mans ont toujours eu un rôle de laboratoire technologique pour la course d’abord, mais aussi pour la voiture de Monsieur-et-Madame-tout-le-monde. Petit tour d’horizon, non exhaustif, des principales innovations testées lors de la classique mancelle..

La première reste les phares anti-brouillard en 1926, c’est à dire dès la 4e édition des 24 Heures du Mans. Le « S » de Maison-Blanche est un lieu connu au petit matin pour avoir une brume particulièrement dangereuse. Les Lorraine-Dietrich portent cette année là un gros feu rond au centre de la face avant. Le premier feu antibrouillard est né, la société Marchal l’appellera « cyclope » à cause de sa position centrale comme l’œil du géant dans la mythologie grecque.

© DR / ACO

Quelques années plus tard, les premières bandes jaunes sur les routes, qui sont devenues blanches par la suite, ont été testées aux 24 Heures du Mans.

Le 4 juin 1946, Michelin dépose le brevet du pneu radial, une enveloppe plus solide et qui dure donc plus longtemps. Elle comporte plusieurs couches. Lancia l’adopte pour l’Aurelia B20 en 1951 et remporte la victoire en catégorie des moins de 2 litres.

Le frein à disque (créé par le monde de l’aéronautique) apparait en 1953 et permet aux Jaguar Type C (XK120C) de remporter la course (Bolt / Hamilton). Il va remplacer le frein à tambour, beaucoup trop fragile pour tenir 24 heures.

© DR / ACO

Sur 24 heures de course, environ huit se déroulent dans la nuit noire. L’éclairage est donc un paramètre qui peut faire la différence. En 1962, Ferrari installe pour la première fois des phares halogènes de complément, utilisant de la vapeur d’iode, sur la 330 TRI/LM. L’essai est concluant car ils permettent de doubler la portée du faisceau lumineux.

En 1967, Michelin apporte une innovation majeure au monde de la course en inventant le pneu slick, c’est-à-dire doté d’une bande de roulement lisse, garantissant une meilleure adhérence sur sol sec. Les résultats ne se font pas attendre puisque l’Alpine A210 n°46 de Vinatier/Bianchi signe pour la première fois un tour en moins de quatre minutes dans sa catégorie et décroche parallèlement la victoire des 1 600 cm3.

Porsche teste son premier moteur turbo (amélioration du rapport performances/consommation) lors de l’édition de 1974 sur une 911 Carrera RS. Lamarque va décrocher la victoire de l’épreuve en 1976 avec la 936 turbo.

La technologie du diesel n’a pas été inventée pour les 24 Heures du Mans, mais en 2006, Audi, puis Peugeot en 2009, prouvent qu’on peut gagner avec un moteur diesel grâce à l’injection et au turbocompresseur. Plus de performance en consommant moins ! Ces technologies équipent depuis même les moteurs essence de certains modèles grand public.

1976 © Porsche

Les phares à LED sont désormais présents sur nos voitures et on les a vus pour la première fois sur une Audi R18 en 2011. Il s’agit d’un éclairage puissant, moins gourmand et très performant. Mieux encore, en 2014, on voit l’arrivée des feux laser.

2012 marque la première victoire d’une auto hybride. C’est Audi qui signe cet exploit avec sa R18 e-tron Quatro. Avant elle, on avait pu voir l’ORECA 01 de Hope Racing équipée d’un moteur hybride 4 cylindres turbo en 2011 (Lammers / Elgaard / Zacchia). Cependant, dès 1998, une Panoz GTR-1 Q9 à motorisation hybride (moteur thermique + moteur électrique) a roulé au Mans. Le principe était déjà de récupérer de l’énergie électrique lors du freinage, de la stocker dans des batteries et de la restituer à l’accélération grâce à un moteur électrique. Malheureusement cette voiture ne parvint pas à se préqualifier. Depuis Audi, Porsche et Toyota, Ferrari se sont imposés en Sarthe avec cette technologie.

1998 © Racingshoots

L’édition 2014 a vu l’engagement de Nissan avec la ZEOD RC (Zero Emission On Demand Racing Car). La ligne était proche de celle de la Nissan DeltaWing de 2012 (même concepteur Ben Bowlby), mais avec une carrosserie fermée. Le type d’énergie utilisée pour la propulser faisait appel en partie à l’électricité. Sa course fut prématurément stoppée après seulement cinq tours suite à un problème mécanique. Le but était d’atteindre les 300 km/h ce qui fut réalisé le jeudi des essais. Le 2e objectif était de faire un tour complet du circuit en mode électrique ce qui fut fait le jour du warm up avec un tour en 4’22’’159 (187,155 km/h).

© MPS Agency

En 2016, la Morgan LMP2 SRT41 est adaptée par Onroak Automotive (mise en place de technologies dédiées au handicap dont une partie amovible en quelques instants) pour le pilote quadri-amputé Frédéric Sausset dans le cadre du « Garage 56 ». Avec ses coéquipiers, Christophe Tinseau et Jean-Bernard Bouvet, il termine 38e.

Le prochain défi, qui sera relevé aux 24 Heures du Mans, sera la voiture à hydrogène. Cette auto existe déjà via Mission H24 qui en est déjà à plusieurs évolutions. Toyota a sorti sa Toyota GR LH2 Racing Concept, Alpine son Alpenglow HY6. « Ce vecteur d’énergie, qui sera introduit en compétition, en endurance, aux 24 Heures du Mans et en Championnat du Monde d’Endurance de la FIA à partir de 2028, est une des solutions à la décarbonation de la course automobile et de la mobilité. » 

© MPS Agency

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