Sommeil, préparation physique, gestion de l’énergie… En amont des 24 Heures du Mans, Paul-Loup Chatin nous dévoile sa stratégie pour être en forme lors de cette semaine cruciale de course.
C’est la semaine à ne pas manquer. Une préparation ratée, c’est un manque de forme en vue de la course la plus importante de la saison, les 24 Heures du Mans. Beaucoup sont prêts à faire des sacrifices pour optimiser leur récupération et leur préparation pour être le plus près possible des 100% de capacité. « S’il y a une chose sur laquelle je me concentre, c’est de ne pas perdre 1% d’énergie inutilement toute la semaine qui précède le départ. On peut arriver au départ de la course épuisé car on eu a une grosse semaine avant. De par mon expérience au Mans, j’essaye d’être au maximum de ma forme avant le départ. C’est une longue, longue journée qui nous attend : on se lève à 7h le samedi matin et la course ne s’arrête pas à 7h le lendemain. Non, le drapeau à damier est à 16h le dimanche« , reconnaît Paul-Loup Chatin, le pilote Genesis Magma Racing.
Tout au long de cette semaine intense, le plus important pour les pilotes, c’est le sommeil. Certains, dès qu’ils peuvent avoir une poignée de minutes pour fermer les yeux ou se reposer, le font. Idem lors des activités médias ou en lien avec les spectateurs. Même si certains adorent partager ce moment avec le public, ils veillent à ne pas trop s’épuiser. « Tout au long de la semaine, dès que l’on a cinq minutes off, l’idée c’est de les prendre pour se reposer. J’adore la Parade des Pilotes. Lors de mes premières 24 Heures, je faisais tout à pied. Aujourd’hui, je fais 90% de la parade dans la voiture parce que je n’ai pas envie de piétiner, j’ai envie de me reposer. C’est le dernier moment de décompression car quand on rentre de la Parade, en général, il y a un petit briefing, on va manger et on va dormir.«
Pendant la course, chaque action est très importante. Les temps de repos sont très stricts et assez faibles. Paul-Loup Chatin essaye de les optimiser au maximum pour récupérer quelques pourcentages de batterie et ne pas trop tirer sur la corde. Généralement, après être descendu de la voiture, il part prendre une douche, bénéficie d’un petit massage, réalise un bref débrief avec ses ingénieurs avant de partir se mettre au calme. « Selon l’évolution de la course, j’arrive à m’endormir assez facilement. Sur la nuit, j’essaye de maximiser le sommeil. Si j’arrive à dormir 2h, 2h30 dans les 24 heures c’est très bien. Quand le soleil s’est levé, l’adrénaline est là et ça permet de rester à 100%. » Le pilote Genesis a ses habitudes pour s’endormir rapidement. Généralement, c’est devant un film ou une série. « Je suis incapable de m’endormir sans avoir l’esprit occupé. Ça me permet de partir ailleurs sans penser aux enjeux« , confie-t-il.
La logistique est également un paramètre important. La plupart des équipes logent dans des maisons ou dans des hôtels à proximité immédiate du circuit : moins de temps de trajet, plus de repos. L’an dernier, quand Paul-Loup Chatin était encore chez Alpine, il disposait d’un logement à cinq minutes à trottinette. « On avait le meilleur set-up. » Cette année, il n’exclut pas de dormir directement sur place pour gagner encore quelques précieuses minutes. « Ce sera plus sonore, mais je serai dans de bonnes conditions. » Malgré la fatigue, le stress et les enjeux, le natif de l’Essonne assure que l’adrénaline joue un rôle important et permet de tenir, même quand le corps n’est pas totalement à 100%. « Ce qui est sûr, c’est que le soir de ma première édition j’étais très fatigué. Le Mans est très dur nerveusement, mais physiquement ce n’est pas la course la plus dure. Si on est bien, l’adrénaline prendra toujours le dessus. Je peux avoir un petit pépin physique, l’adrénaline prendra le dessus. Pour le moment, je n’ai pas eu de coup de barre ou de sensation de baisse de performance.«
Interrogé en marge des 6 Heures de Spa sur le sujet, Paul-Loup Chatin indiquait qu’il allait entamer sa préparation en vue du double tour d’horloge aux environs du 15 mai. Son programme : s’entraîner un maximum jusqu’au 1er juin. « Arrivé à cette date, je veux être sûr d’avoir sept jours pour faire le plein d’énergie à tout niveau. » Le Tricolore essaye de passer le plus de temps en famille et suit une cure de myrtilles pendant trois semaines. « Ce que je veux, c’est arriver dans les meilleures conditions pour moi. Ce sont les conditions optimales pour Paul-Loup Chatin, peut-être pas pour les autres » Lors de la course, le pilote Genesis perd en moyenne 2,5 kilos, principalement de l’eau. Un poids qu’il ne tarde pas à récupérer en se faisant un petit plaisir le soir de l’arrivée. « J’ai l’habitude de faire un fast food et je récupère vite« , rigole-t-il.

