ORECA, l’une des références en construction d’Hypercar

ORECA est devenue LA référence en termes de châssis Hypercar. On en compte déjà quatre : Acura, Alpine, Genesis et bientot Ford. Rémi Taffin, directeur ORECA Motorsport, s’est entretenu avec Endurance Live et est revenu sur l’Hypercar mais aussi les Ferrari GT3 construites dans le Sud de la France. 

Les programmes IMSA avec Acura et WEC avec Alpine s’avèrent fructueux avec des succès aux USA , dont Long Beach il y a quelques semaines, mais aussi du côté des Bleus comme au Japon en WEC. « On est très contents pour eux, et en même temps très contents pour ORECA. Cela met en avant les qualités de nos produits. On se demandait quand on allait gagner en WEC et quand la victoire est arrivée, on était ravis. On sait que cela en appelle d’autres. Il ne faut pas oublier que le WEC est très relevé, qu’Alpine est arrivée en 2024 et avait un retard sur tous ceux arrivés l’année précédente. En 2025, Alpine a fait des podiums et a signé une victoire, cela devait arriver. »

Le programme Genesis Magma Racing a pris la suite et a bien occupé les équipes d’Oreca en 2025. « Là aussi, nous sommes satisfaits, la voiture est bien née, notre client est content, les pilotes aussi. Il était important de partir du bon pied. On continue à acquérir de l’expérience sur ce programme et on est capable vraiment d’ajuster ce qu’on fait pour le client qu’on a en face de nous. » Mais comment cela se passe quand un constructeur demande à ORECA de lui construire une Hypercar. On vous donne ensuite les clés et vous vous débrouillez ? « Non, il y a une phase de prise en main et de passation qui est finalement ce qu’on appelle « la phase de développement » quand la voiture est en piste, donc ça dure, cela va au delà d’une simple livraison. On a commencé à rouler à l’été 2025 avec Genesis, la voiture a ensuite fait beaucoup de roulage et a débuté à Imola. C’est cette phase là où on a vu Oreca étudié, mettre au point, fabriquer la première voiture, l’amener sur le circuit, travailler avec Genesis… » Et après Imola ? « En fait, on est entre guillemets en support, c’est-à-dire qu’on a quelques personnes qui assistent aux courses comme pour Acura ou Alpine. Mais on suit tous nos clients différemment et on s’impose une certaine rigueur sur la façon dont on les traite. On ne partage pas les données parce que c’est notre politique, mais on fait avancer la voiture. »

© MPS Agency

Maintenant, les têtes sont tournées vers Ford. On sait que la première Hypercar Ford utilise un châssis conçu et développé par ORECA. Il a été révélé que la voiture serait équipée d’un moteur V8 atmosphérique de 5,4 litres qui, pour la première fois dans l’histoire de la marque, sera entièrement produit en interne avec le soutien de Red Bull Ford Powertrains. Partageant la même architecture que la Mustang LMGT3 et associé à un système hybride dit ‘spec’, ce choix fait de ce nouveau-venu le troisième non turbo du plateau Hypercar en 2027, aux côtés de la Cadillac V-Series.R et de l’Aston Martin Valkyrie. « On a déjà bien avancé, beaucoup échangé avec eux. Ils ont une grosse force de frappe en termes d’ingénierie, de moyens. On a appris à se connaître et il y a eu un gros travail sur la partie style, on a vu ce que la voiture pourrait donner aérodynamiquement avant de commencer à la dessiner réellement. Un autre travail en parallèle du style et de l’aéro a concerné l’intégration du moteur. Il faut rappeler que l’intégration d’un V8 atmo est particulier, car c’est un type de moteur encore diffèrent des autres. Cela nous a emmené jusqu’à la fin de l’année où ensuite, on s’est enfermé et on a dessiné. En décembre-janvier, on a validé la version finale, produit des pièces, fait la voiture et, en cette année 2026, elle va rouler. »

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Depuis 2022, Oreca assemble la Ferrari 296 GT3 qui a été conçue à Maranello par une équipe dirigée par Ferdinando Cannizzo, responsable de la conception et du développement des voitures de course GT. Ferrari est donc aussi un autre gros dossier ORECA et une fierté pour le constructeur du Var. Beaucoup de GT3 sont déjà sorties des ateliers de Signes et d’autres sont encore à venir avec des carnets de commandes bien remplis. « On ne communique pas sur les chiffres parce que Ferrari ne communique jamais sur le nombre de voitures qu’ils vendent. Par contre, il suffit de venir sur les circuits du monde entier pour savoir qu’on en a fait quelques dizaines, voire plus. Travailler avec Ferrari est un vrai accélérateur en termes de business, mais aussi en termes de standards, de niveaux de qualité, de volumes. Ils nous poussent et, comme on déteste mal faire les choses, on se challenge encore plus. On est capable de faire, sans trahir de secret, 6 à 8 voitures par mois. Il faut bien avoir en tête que tous les 15 jours, on a trois ou quatre voitures qui sortent. On ne peut pas le faire uniquement de manière artisanale parce qu’à un moment donné, il y a aussi une réalité économique derrière tout ça. On met en place des process et des moyens adaptés. C’est aussi pour ça qu’il y avait qu’un deuxième bâtiment a été construit. On n’aurait pas pu faire autrement. On a un super outil et c’était vraiment nécessaire…»

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Genesis à peine fini, Ford en cours, Oreca ne s’arrête jamais et a encore des idées plein les cartons et la tete. Alors quand on demande si d’autres constructeurs Hypercar sont venus taper à leur porte, Rémi Taffin répond : « Forcément, il y en a de moins en moins, mais il y a toujours des constructeurs actifs au sens où on a des discussions avec eux. Mais j’avoue quand même que tous les ans, on en ajoute et qu’il faut aussi être capable à un moment donné de stabiliser ce qu’on a pour repartir de plus belle. Mais fidèle à ORECA, si un constructeur vient nous voir pour un projet, il a raison et que ça s’appelle Hypercar, LMDH, ou LMH, on saura le saisir. Mais on n’est pas non plus ultra actifs, on a de la chance parce qu’on a plutôt des appels entrants. On n’est pas contre les monoplaces, on n’est pas contre le rallye, non plus, au contraire ! »

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