À l’occasion des élections municipales qui ont eu lieu ce week-end, Endurance Live revient sur le parcours un peu particulier d’un homme. En parallèle de son rôle d’élu, Jacques Heuclin a en effet participé à dix reprises aux 24 Heures du Mans.
De l’écharpe d’élu, aux ceintures de la voiture de course, il n’y a qu’un pas. Sur sa fiche de présentation, toujours disponible sur le site de l’Assemblée Nationale, figure un métier hors du commun pour un élu : pilote automobile. Car oui, Jacques Heuclin, connu pour avoir été maire de Pontault-Combault en Seine-et-Marne puis député de sa circonscription, a figuré à dix reprises sur la liste des engagés aux 24 Heures du Mans.
Après des débuts comme pilote amateur, il prend la direction de la course de côte. Tout en participant, dès sa première saison, à des courses sur circuit. Son coup de volant lui permet de passer professionnel au milieu des années 1970. Une progression qui lui permet de rêver de haut niveau.
Dès 1981, on le retrouve au Mans. Celui qui, à cette époque déjà, était maire de sa commune de Seine-et-Marne continue d’assouvir sa passion pour la mécanique et enchaîne les engagements. En véritable amoureux de sport – tous les sports – il manie le volant aussi bien que sa commune, même si, en 1997, il a été mis en examen pour trafic d’influence et recel d’abus de biens sociaux. « Je suis fier de la réussite des sportifs pontellois. Le sport est un vecteur formidable d’intégration et de dynamisme » a-t-il déclaré à de nombreuses reprises.
Pour cette première participation dans la Sarthe, il termine non classé, la Lola T298 qu’il partage avec Pierre Yver et Michel Dubois ne parcourt pas une distance suffisante pour intégrer le classement final. La deuxième participation en 1982 ? Un abandon dès la quatrième heure de course. Dès 1985, il intègre une toute jeune équipe de la région parisienne, Automobiles Louis Descartes (ALD), qui engage un prototype à moteur BMW. Sa première tentative avec cette jeune structure est infructueuse (non classé ; ALD 01 n°93), tout comme la deuxième. La troisième, en 1987, est la bonne. Pour la première fois, il voit l’arrivée et est classé : une 11e place au général, la 5e dans la catégorie C2 qu’il partage avec Louis Descartes et Dominique Lacaud (ALD 03 n°77).
La saison 1986 est l’une des plus riches tant sur le nombre de courses disputées que sur le plan du palmarès. Il compte, entre autres, une nouvelle participation aux 24 Heures du Mans et décroche son premier titre de champion de France des circuits. Une performance qui lui a permis de faire la Une de tous les médias locaux. « Un élu de Seine-et-Marne qui tient ferme le volant », titrait d’ailleurs Le Pays briard à cette occasion. Seul point noir de la saison : l’abandon du prototype, l’ALD 02 n°92, après une sortie de piste, à Indianapolis, lors du double tour d’horloge. Jacques Heuclin ne voit l’arrivée de la classique mancelle qu’à une autre reprise, en 1988, avant d’essuyer deux autres abandons (1990 et 1992).
Pour autant, sa carrière de pilote ne s’arrête pas là. Il continue de participer à des courses d’envergure. Et le 1er mai 1994, sur le circuit d’Imola, il est victime d’un accident lors d’une épreuve de Porsche Carrera Cup. En voulant rattraper un concurrent, sa voiture a effectué un tout droit et a violemment percuté un mur. Fort heureusement pour lui, l’issue a été bien plus favorable qu’à Ayrton Senna qui a laissé la vie sur ce même tracé quelques heures plus tard. Blessé aux cervicales, le maire a été transporté de toute urgence à l’hôpital de Bologne. Souffrant d’un hématome à la nuque, il lui a été conseillé de se reposer.
Le premier magistrat de la commune de Seine-et-Marne a continué sa carrière en sport automobile jusqu’au milieu des années 2000 en participant au FFSA GT avec une Porsche GT3 Cup ou encore une Chrysler Viper. Celui qui a aussi occupé le rôle de député de la 9e circonscription de son département s’est ensuite retiré des circuits.
Le récipiendaire médaille d’or de la Jeunesse et des Sports, touché par des problèmes de santé a été opéré une première fois en 2007 avant de décéder, à quelques mois de la fin de son mandat de maire, le 31 octobre 2007, des suites d’une infection pulmonaire.
Photos issues de la page Facebook Jacques Heuclin.

