C’est une onde de choc pour le paddock endurance. Figure emblématique de la promotion des femmes en sport automobile, Iron Dames disparaîtra des grilles du FIA WEC et de l’ELMS en 2026. Une double absence inédite qui interroge autant sur l’avenir du projet que sur la fragilité économique des équipes privées.
Le projet Iron Dames ne sera présent ni en FIA World Endurance Championship (WEC) ni en European Le Mans Series (ELMS) en 2026. L’information est désormais officielle : l’équipe n’a pas déposé de dossier d’engagement pour le WEC, et l’ELMS a confirmé son absence via ses canaux officiels. Après cinq saisons au plus haut niveau, une page se tourne.
La publication de la liste des engagés du WEC 2026, sans la moindre trace d’Iron Dames, a acté la fin d’un programme devenu incontournable du plateau GT. Dans un message relayé par plusieurs médias spécialisés, la structure évoque une décision stratégique, inscrite dans une phase de réorientation globale, tout en assurant que le projet ne disparaît pas totalement du paysage du sport automobile. Quelques jours plus tard, le compte X (ex Twitter) l’ELMS confirmait à son tour que les Iron Dames ne seront pas au départ de la saison ELMS 2026. Présente sans discontinuer depuis 2019, l’équipe quitte provisoirement un championnat dans lequel elle avait construit une partie de son identité, avec des victoires et podiums marquants en GT.
This is not the end, just a pause until next time. 🥺
The @IronDames_ have been part of the #ELMS family since 2019, and they’ll always have a place here. They won’t be racing with us in 2026, but we’re already hoping to see those iconic pink machines back on the grid in the… pic.twitter.com/XDXWlsVndO
— European Le Mans Series (@EuropeanLMS) December 20, 2025
La faute à un contexte d’incertitudes financières touchant DC Racing Solutions, la structure qui porte également d’autres projets endurance. Dans un environnement où les budgets explosent et où le soutien constructeur devient presque indispensable, les programmes privés sont soumis à une pression constante.
Sportivement, la transition vers la réglementation LMGT3 n’a pas permis aux Iron Dames de retrouver la dynamique de leurs meilleures saisons. Une campagne 2025 en demi-teinte, sans résultat majeur en WEC, qui a sans doute pesé dans la décision de recentrer les engagements sur les programmes jugés les plus viables.
Si les dames disparaissent des grilles, le projet laisse derrière lui un palmarès impressionnant. L’équipe est entrée dans l’histoire avec la victoire aux 8 Heures de Bahreïn 2023 en FIA WEC (LMGTE Am), premier succès d’un équipage 100 % féminin dans le Championnat du Monde d’Endurance. Le premier podium des Iron Dames en FIA WEC a été obtenu lors des 6 Heures de Monza 2022, où l’équipage Sarah Bovy, Rahel Frey et Michelle Gatting a décroché la 2ᵉ place en catégorie GTE Am, devenant ainsi le premier équipage entièrement féminin à monter sur un podium du championnat.
En European Le Mans Series, les Iron Dames se sont également illustrées avec une victoire aux 4 Heures de Portimão 2022 avec une Ferrari 488 GTE Evo, aux 4 Heures d’Imola 2024, et la dernière en date lors des 4 Heures de Barcelone 2025 (les deux dernières avec une Porsche 911 GT3 R). À cela s’ajoute une victoire de prestige aux 24 Heures de Spa, en catégorie Gold Cup du GT World Challenge.
Engagées à sept reprises aux 24 Heures du Mans entre 2019 et 2025, les Iron Dames y ont signé des performances solides, dont une 4ᵉ place en 2023 et une 5ᵉ en 2024, confirmant que le projet ne relevait pas seulement du symbole, mais aussi de la performance pure.
Doriane Pin s’est également révélée sous les couleurs d’Iron Dames en devenant la première femme à remporter une course en ELMS, lors des 4 Heures de Portimão 2022, avant de franchir un nouveau cap. Passée ensuite par le WEC en LMP2 chez PREMA, la Française est aujourd’hui championne F1 Academy 2025, incarnation parfaite du rôle de tremplin du projet Iron Dames.
Pour autant, Les Iron Dames affirment vouloir continuer à exister sous d’autres formes, avec un accent toujours mis sur le développement des talents féminins. Aucun programme collectif n’a toutefois été annoncé à ce stade, que ce soit en GT World Challenge, en Le Mans Cup ou dans d’autres séries internationales. L’absence des Dames laisse un vide évident. Plus qu’une équipe, le projet était devenu un symbole, capable de conjuguer performance, engagement sociétal et visibilité médiatique. Sa mise en retrait souligne aussi les limites d’un modèle qui, sans appui industriel massif, peine à résister à l’inflation de l’endurance moderne.
Pause stratégique, mue en profondeur ou fin d’un projet tel qu’on l’a connu ?
En disparaissant simultanément du WEC et de l’ELMS en 2026, Les Iron Dames envoient un signal fort. Celui d’un sport toujours plus exigeant, où même les projets les plus emblématiques ne sont jamais à l’abri. La suite reste floue, mais une chose est sûre : le retour s’il a lieu sera scruté de près !

