Maxime Bonnefoy (WRT) : une saison 2025 exceptionnelle et des gros défis pour 2026 !

Team manager de la branche GT de WRT, Maxime Bonnefoy revient pour Endurance Live sur une saison 2025 riche en succès, de Bathurst à Indianapolis, et sur les défis à venir avec l’IMSA et le WEC. Entre stratégie, logistique et collaboration avec BMW, il dévoile les coulisses d’une équipe en pleine expansion et partage sa vision pour 2026, tout en restant fidèle à ses valeurs et à sa passion pour le sport automobile.

Cette année, WRT était engagé sur plusieurs fronts. Vous êtes en charge de la branche GT (GT World Challenge et IGTC). Quel bilan dressez-vous de cette saison ?

« Globalement, ça a été une très bonne année. En IGTC, nous avons remporté trois courses majeures : Bathurst, Suzuka et Indianapolis. Ce sont trois monuments de l’endurance mondiale, donc une immense satisfaction pour l’équipe. En GT World Challenge, nous avons aussi gagné beaucoup de championnats. Nous étions en lice pour remporter l’intégralité des titres possibles : classement général Teams, classement général Pilotes, Sprint Team, Sprint Pilotes. Nous avons même décroché le Pit Stop Challenge, un vrai symbole du travail collectif. Nos équipages étaient excellents et l’équipe a été extrêmement solide toute l’année. Nous terminons finalement vice-champions en Endurance Teams et troisièmes en Endurance Pilotes, à deux doigts de tout gagner ce qui n’a jamais été fait dans les championnats SRO. 2025 était notre troisième saison avec BMW M Motorsport et, depuis le début de ce partenariat, nous n’avons fait que progresser. BMW a remporté le titre constructeurs en IGTC et Kelvin van Der Linde celui de pilotes. Nous avons aussi gagné les 6 Heures d’Abu Dhabi et les 24 Heures de Dubaï en début d’année. »

©️WRT

"Aux 24 Heures de Daytona, l’objectif sera de gagner !"

Comment parvenez vous à maintenir un tel niveau de performance avec le GT, le WEC et maintenant l’IMSA en parallèle ?

« D’abord grâce à l’équipe. WRT met en place les structures nécessaires pour mener chaque projet à bien. Nous avons déménagé cette année dans un nouvel atelier, près de Liège, ce qui a nécessité des ajustements. Nous voulons toujours progresser. Nous n’avons pas la prétention d’être les meilleurs et la concurrence nous pousse à nous surpasser. Le management nous soutient entièrement : c’est une vraie force. Les défis sont aussi logistiques : nous avons des voitures et du matériel partout dans le monde. Mais en travaillant ensemble, on y arrive. »

L’IMSA représente un nouveau défi. Comment abordez-vous cette transition ? (l’équipe va aligner les BMW M Hybrid V8 aux USA dés janvier 2026)

« L’IMSA est un objectif de longue date pour WRT. C’est un championnat très compétitif, historique, avec des courses prestigieuses. Grâce à notre collaboration avec BMW, nous avons hérité du projet GTP aux États-Unis, ce qui est une superbe reconnaissance. Nous créons une véritable entité WRT USA, avec un siège social et une équipe locale. Une structure fixe, pas un système d’ateliers autour des circuits. Nous collaborons actuellement avec RLL (Rahal Letterman Lanigan) pour la transition, et nous avons effectué nos premiers tests officiels à Daytona en novembre. L’objectif est clair : être compétitifs dès la première course. »

© Courtesy of IMSA

"Les résultats en WEC ne sont pas encore à la hauteur de nos ambitions ! "

Sur quels aspects travaillez-vous le plus avec BMW : performance, fiabilité ou exploitation de course ?

« L’Hypercar est un vrai programme usine : organisation, logistique, performance, fiabilité. Les résultats en WEC ne sont pas encore à la hauteur de nos ambitions. Il est clair qu’on veut jouer devant, gagner Le Mans, être champions du monde mais c’est un programme très complexe, comparable à la F1 en termes de technicité. En GT, nous avons davantage d’autonomie car il s’agit d’un programme Customer Racing (client), même si la collaboration avec BMW reste très étroite. Notre énorme volume de roulage leur permet d’améliorer le produit GT3 qui est commercialisé mondialement. »

Quelles sont les  priorités de WRT pour 2026 ?

« On reste dans la continuité : IMSA, WEC, GT World Challenge. S’implanter aux États-Unis est déjà un défi immense avec un changement de pays, de cadre légal et de devise. Les objectifs sont clairs : faire mieux qu’en 2025, être plus compétitifs en WEC (LMGT3 et Hypercar) et aller chercher Le Mans. En IMSA où la voiture a été très compétitive en 2025, notre ambition est d’être performants immédiatement. On arrive avec humilité, mais pas pour jouer les figurants : aux 24 Heures de Daytona, l’objectif sera de gagner. »

©️WRT

Avant d’être team manager, quel a été votre parcours ?

« J’ai étudié à l’ISAT (école d’ingénieurs automobiles à Nevers). Mon père travaillait dans le sport auto dans les années 90 avec JMB Racing (Porsche GT1, Ferrari 333 SP), ce qui m’a plongé dedans très jeune. J’ai commencé par laver les pneus à 13–14 ans. Mes premiers 24 Heures du Mans datent de 2011 chez Pescarolo en LMP1. En 2015, je suis revenu chez AF Corse en GT. J’ai fait mes stages en GP2/GP3, dans le développement des futures F2/F3, en travaillant avec Pierre Gasly et Charles Leclerc. En 2018, j’ai rejoint WRT comme ingénieur data en TCR/WTCR. J’ai grandi avec Elliot Hoffet, aujourd’hui programme manager GT3. En 2019, je suis passé en GT3 (Blancpain GT Series). L’année suivante, avec l’arrivée du DTM Class 1 chez WRT et la restructuration des programmes en interne, j’ai commencé à prendre aussi des responsabilités de team manager. En 2021, j’ai complété mon expérience en allant travailler en IMSA en GT4 et LMP3. En 2022, j’étais team manager de la partie Customer Racing : une année incroyable, avec notamment la victoire en Silver aux 24 Heures de Spa. En 2023, nous avons débuté avec BMW et la saison d’après avec le WEC (Hypercar + GT3), les structures ont été réorganisées : mes collègues se sont focalisés sur le WEC et j’ai pris la direction du GT World Challenge avec Pierre Dieudonné. »

Quel sera votre programme en 2026 ?

« C’est en discussion, mais la tendance est à la continuité. Les résultats sont bons, la dynamique est positive et nous voulons poursuivre ce travail. »

Que faites vous en dehors des paddocks ?

« J’essaie de passer du temps avec ma famille, surtout ma fille que je ne vois pas assez. Me reposer, me déconnecter du sport auto, profiter de choses simples. Les saisons sont de vraies courses d’endurance et il faut savoir s’économiser. »

©️WRT

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