Suite de l’entretien avec le nouveau pilote Genesis Magma Racing, Mathieu Jaminet. Il aborde cette fois-ci ses deux coéquipiers, ce qu’il l’a poussé à signer chez le nouveau constructeur et la GT développée par Genesis.
Vous allez partager la voiture avec Paul Loup (Chatin) et Dani (Juncadella) l’année prochaine. Quel est votre ressenti au sujet de cet équipage ?
« Honnêtement, c’est difficile à dire. Je connais les deux depuis assez longtemps, mais on n’a jamais roulé ensemble, on part un peu dans l’inconnu avec une nouvelle équipe. Cependant, je pense que ce n’est pas la priorité à ce moment du projet. Par contre, c’est bien d’avoir un autre Français. J’en avais déjà l’habitude chez Porsche. Avec Dani, on s’entendait très bien en dehors de la piste, en GT, déjà avant. De l’avoir à nos côtés, en plus de son retour technique, est un plus. On a déjà pu voir que c’est quelqu’un qui a énormément d’expérience, qu’il a travaillé avec des usines auparavant. C’est un pilote qu’il ne faut pas sous-estimer dans le développement technique, c’est un atout. Le fait d’avoir des profils venant d’autres constructeurs, est clairement un atout pour Genesis. »
Qu’est-ce que vous apportez finalement venant de Porsche ?
« On ramène nos sensations, nos process qui étaient en place. On sait qu’aujourd’hui, ces voitures se font énormément avec des systèmes informatiques (logiciels) et c’est avec ça que tu débloques de la performance. Là, on part de zéro. Sur tous les points, on part de tellement loin qu’on peut avoir vraiment un impact sur tous les aspects, que ça soit sur la voiture, mais aussi en dehors. C’est plutôt cool. C’est important d’avoir des pilotes d’expérience comme Pipo, André et moi, ça permet de pouvoir rapidement rediriger. C’est une discussion, de la communication avec le team où on a la chance qu’ils soient hyper ouverts, que ce soit Justin (Taylor), Cyril (Abiteboul) Anouk (Abadie), Gabriele (Tarquini), c’est hyper facile de discuter avec eux et de mettre les choses sur la table. »
Paul Loup arrive de chez Alpine, Pipo était chez Cadillac. Quand vous échangez, avez vous des choses qui s’opposent, des visions différentes ?
« On a des points de vue un peu différents sur certaines choses au niveau de la voiture. Il faut essayer de comprendre les arguments de chacun. On a tous des idées, on vient tous de constructeurs différents. Tout le monde pense qu’il a la bonne idée, il faut faire la part des choses et après, Justin (Taylor, l’ingénieur en chef, ndlr) et les techniciens doivent choisir avec ce qu’on leur donne. Par contre, les pilotes décident de l’ergonomie du cockpit, là où on met les lumières, les boutons, etc… On avait des avis un peu différents, mais avec les bons arguments, tu arrives à emmener tout le monde avec toi. »
Qu’en est-il d’André Lotterer et vous car vous venez du même constructeur ?
« Sur le ressenti de la voiture, le feedback et les points clés, on est clairement sur la même longueur. Sur l’ergonomie, il est assez grand aussi, c’est donc sûr qu’il y a des choses, comme moi, qui le gêne. Mais après, sur le volant, les lumières et la ventilation, des choses comme ça, on est assez facilement d’accord. Il faut ensuite convaincre les autres et surtout en termes de taille, on ne voit peut-être pas forcément la même chose aux mêmes endroits, on n’est pas assis pareil. »
Après tant d’années chez un constructeur, découvrir un nouveau monde donne aussi un enthousiasme nouveau…
« Ca me relance un peu, ça me rebooste. C’est aussi ce que je recherchais : raviver un peu l’étincelle, la flamme du sport auto, sortir un peu de ma zone de confort. Pour l’instant, c’est le cas et je repars comme quand j’avais vingt ans en arrivant chez Porsche. »
Votre arrivée a correspondu avec la présentation d’une GT Genesis. Potentiellement, une GT3, est-ce un projet qui pourrait vous intéresser en plus de l’Hypercar comme ce que vous faisiez chez Porsche ?
« Honnêtement, c’est difficile à dire, c’est assez loin. Je n’ai aucune idée de leur timeline mais si demain, ils ont dans l’idée de faire du GT3, bien sûr que j’aimerais être impliqué car c’est là d’où je viens. Avec Dani (Juncadella), s’il y avait à développer une GT3, on serait clairement les plus expérimentés pour le faire. Après, je ne sais pas si ce sera hyper facile parce qu’il y a aussi deux championnats qui arrivent. Après, quand ils vont commencer l’IMSA, il faudra voir comment ils répartissent les pilotes car c’est quelque chose qui m’intéresse, faire un peu les deux (WEC et IMSA) comme j’ai pu faire en 2025. Quand tu fais ça, ça te bloque un peu les opportunités de faire du GT3. Mais au moins, du développement, c’est clair que ça me plairait. Et après, pourquoi pas, s’ils décident dans quelques années d’aller à Spa, au Nürburgring, j’aimerais en faire partie. »

